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Médicaments vendus en ligne: les coulisses d'une vaste saisie

  • Les comprimés arrivent souvent coincés entre des pages de livres. Depuis quelque temps, on les cache aussi dans des sachets métalliques d’encens. « Les expéditeurs pensent masquer l’odeur et déjouer les chiens, mais c’est encore pire. Non seulement on voit arriver leurs colis, mais maintenant, on les sent ! », dit l’analyste Priscilla Da Graça. (Photo David Boily, La Presse)

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    Les comprimés arrivent souvent coincés entre des pages de livres. Depuis quelque temps, on les cache aussi dans des sachets métalliques d’encens. « Les expéditeurs pensent masquer l’odeur et déjouer les chiens, mais c’est encore pire. Non seulement on voit arriver leurs colis, mais maintenant, on les sent ! », dit l’analyste Priscilla Da Graça.

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  • Certains paquets suspects sont scrutés aux rayons X, que ce soit par les agents du « ciblage » ou par ceux du courrier prioritaire ou recommandé – où arrivent la majorité des médicaments contrefaits. Même dissimulés dans des vêtements ou des documents, les comprimés se profilent vite à l’écran. (Photo David Boily, La Presse)

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    Certains paquets suspects sont scrutés aux rayons X, que ce soit par les agents du « ciblage » ou par ceux du courrier prioritaire ou recommandé – où arrivent la majorité des médicaments contrefaits. Même dissimulés dans des vêtements ou des documents, les comprimés se profilent vite à l’écran.

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  • Même sans rien décacheter, l’agent Mario Mendès repère chaque jour plusieurs colis de médicaments. Certains cliquettent lorsqu’il les secoue. D’autres ont des caractéristiques qui lui ont été signalées par des agents de renseignement. « Quand on découvre une tendance, on prend des photos et on lance un avis de surveillance », explique Priscilla Da Graça, analyste à l’Agence des services frontaliers du Canada. (Photo David Boily, La Presse)

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    Même sans rien décacheter, l’agent Mario Mendès repère chaque jour plusieurs colis de médicaments. Certains cliquettent lorsqu’il les secoue. D’autres ont des caractéristiques qui lui ont été signalées par des agents de renseignement. « Quand on découvre une tendance, on prend des photos et on lance un avis de surveillance », explique Priscilla Da Graça, analyste à l’Agence des services frontaliers du Canada.

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  • Les colis interceptés descendent une glissoire jusqu’au fond d’un placard. Ils remplissent ensuite les bacs du « ciblage », où ils sont ouverts ou passés aux rayons X. Lors de la visite de La Presse, les agents venaient de saisir des boîtes à l’étiquette bourrée de fautes et arborant une tête de loup : du faux Viagra. Autres trouvailles du jour : des pots de médicaments chinois et des stéroïdes postés avec des remèdes... (Photo David Boily, La Presse)

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    Les colis interceptés descendent une glissoire jusqu’au fond d’un placard. Ils remplissent ensuite les bacs du « ciblage », où ils sont ouverts ou passés aux rayons X. Lors de la visite de La Presse, les agents venaient de saisir des boîtes à l’étiquette bourrée de fautes et arborant une tête de loup : du faux Viagra. Autres trouvailles du jour : des pots de médicaments chinois et des stéroïdes postés avec des remèdes...

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  • Les pseudo-médicaments contre l’hypertension, les douleurs articulaires, la dépression ou l’anxiété inondent aussi les postes. Tout comme les comprimés pour la thyroïde – dont ceux-ci, trouvés au fond d’une boîte de café elle-même enfouie sous un méli-mélo de jouets, de barres tendres et de chaussettes. (Photo David Boily, La Presse)

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    Les pseudo-médicaments contre l’hypertension, les douleurs articulaires, la dépression ou l’anxiété inondent aussi les postes. Tout comme les comprimés pour la thyroïde – dont ceux-ci, trouvés au fond d’une boîte de café elle-même enfouie sous un méli-mélo de jouets, de barres tendres et de chaussettes.

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Le nombre d'emballages de médicaments suspects interceptés par les douanes canadiennes a augmenté de 400 % de 2008 à 2013. Le gouvernement du Canada n'a pas encore divulgué son dernier bilan annuel, mais les résultats de l'opération Pangea sont déjà éloquents : si les saisies se faisaient à ce rythme toute l'année, 7,2 millions de faux comprimés seraient annuellement confisqués au pays.

Les vérificateurs ont observé que des endroits où... (Photo David Boily, archives La Presse) - image 1.0

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Les vérificateurs ont observé que des endroits où les objets étaient conservés ne se conformaient pas aux normes de sécurité.

Photo David Boily, archives La Presse

Des médicaments douteux vendus à des hôpitaux et des cliniques

Les médicaments illicites commandés en ligne continuent d'affluer par millions au Canada. Entre le 13 et le 20 mai, soit en sept jours seulement, près de 140 000 comprimés et flacons ont été interceptés à la frontière canadienne, dont plusieurs faux remèdes contre le cancer, le diabète ou la psychose.

La même semaine, 110 autres pays ont parallèlement saisi plus de 9,3 millions de comprimés dans le cadre du plus grand raid jamais mené par Interpol contre les fausses pharmacies virtuelles.

La Presse a pu assister à cette opération - baptisée Pangea VII - en suivant les agents à travers le labyrinthe de passerelles et d'escaliers métalliques du centre de tri postal Léo-Blanchette, à Saint-Laurent, le 15 mai. D'immenses bacs grillagés débordaient alors d'enveloppes et d'emballages suspects. Et des centaines de comprimés de toutes les couleurs venaient d'arriver dans des sachets d'encens ou des boîtes de jouets.

Certains étaient censés traiter la dépression; d'autres, soigner les problèmes de thyroïde ou encore, contrer les effets néfastes des stéroïdes. Finalement, les agents canadiens ont aussi confisqué de faux médicaments contre l'asthme, les allergies, les douleurs musculaires, etc.

Cette récolte multicolore ne représente qu'une «infime portion des médicaments contrefaits disponibles au pays», a souligné hier le lieutenant Martin Legault, d'Interpol Ottawa. «La menace est sérieuse. Ils sont dangereux et parfois même mortels.»

Fait à noter: des centaines de pharmacies virtuelles se prétendent canadiennes alors qu'elles sont basées dans des pays du tiers monde.

Fléau mondial, elles font des milliers de victimes depuis des années. Certains de leurs médicaments bidon sont toxiques et d'autres, inefficaces. Le mois dernier, trois pays européens ont découvert qu'un médicament injectable contre le cancer du sein (le Herceptin) avait été dilué par des faussaires. Certains flacons ne contenaient aucun ingrédient actif. C'était aussi le cas d'un autre anticancéreux contrefait, l'Avastin, découvert aux États-Unis il y a deux ans.

Hier, les autorités canadiennes n'ont donné aucun détail sur les anticancéreux saisis au pays au cours des derniers jours.

0,2% des colis inspectés...

Chaque semaine, plus d'un million de colis défilent sous les néons des trois grands centres de tri postal de Montréal, Toronto et Vancouver. Environ 0,2% des colis reçus durant la semaine de l'opération Pangea ont pu être inspectés pour Interpol. Avec succès, puisque 82% d'entre eux contenaient bel et bien des médicaments contrefaits d'une valeur de revente dépassant 630 000$.

Au Canada, le nombre de comprimés saisis et leur valeur ont néanmoins fondu d'environ 40% comparativement à 2013. «On espère que c'est parce que les citoyens commencent à comprendre que ces produits ne sont pas sûrs et risquent d'être interceptés», avance le lieutenant Legault.

À l'échelle mondiale, les bilans de Pangea VI et VII se révèlent presque identiques. L'opération a par ailleurs permis de fermer 10 600 sites internet et trois laboratoires clandestins en Colombie. Elle a aussi mené à l'arrestation de 237 personnes, un record.

Hier, le ministère fédéral de la Santé n'a pas dévoilé ses dernières données relatives aux saisies annuelles de faux médicaments. L'an dernier, La Presse avait appris qu'en 2012-2013, quelque 300 emballages de médicaments contrefaits avaient été confisqués et remis à Santé Canada chaque semaine (en moyenne). Lors de la seule semaine Pangea de 2013 - alors que leur vigilance était accrue -, les agents ont saisi dix fois plus de colis du genre, et ils en ont à nouveau saisi six fois plus cette année, soit 1869. 

Règle générale, Santé Canada passe deux fois par semaine au centre postal de Montréal, pour récupérer les colis confisqués par les services frontaliers. « Mais pendant les périodes de pointe, autour de Pâques et Noël, on doit les appeler parce qu'il y en a trop », dit l'analyste Priscilla Da Graça.

L'OPÉRATION PANGEA AU CANADA

Nombre de colis contenant des produits pharmaceutiques contrefaits

2012: 2185 (soit 56% des colis inspectés)

2013: 3233 (94% des colis inspectés)

2014: 1869 (82% des colis inspectés)

Nombre de produits trouvés dans ces colis

2012: 138 077

2013: 238 820

2014: 138 905

Valeur de revente des produits

2012: 1,02 million

2013: 1,03 million

2014: 630 000$

Source: Gendarmerie royale du Canada et Agence des services frontaliers du Canada

L'OPÉRATION PANGEA DANS LE MONDE EN 2014

543 000 paquets inspectés en une semaine 

(soit 34 fois plus qu'en 2009)

20 000 paquets confisqués 

(20 fois plus qu'en 2009)

9,4 millions de comprimés confisqués 

(56 fois plus qu'en 2009)...

... d'une valeur de 36 millions de dollars américains 

(5 fois plus qu'en 2009)

111 pays participants 

(4 fois plus qu'en 2009)

ET LEURS SUITES

10 600 sites de vente de médicaments fermés 

(69 fois plus qu'en 2009)

237 suspects arrêtés ou faisant l'objet d'une enquête 

(4 fois plus qu'en 2009)

Source: Interpol

Une méthode de détection inédite

Des chercheurs du département de chimie de l'Université de Montréal ont découvert comment détecter les médicaments contrefaits cinq fois plus rapidement que les services frontaliers.

«Nos analyses se font en 10 minutes alors qu'il en fallait au départ une cinquantaine, et elles permettent de repérer des composés qui n'avaient pas été découverts initialement», a expliqué l'étudiant à la maîtrise Philippe Lebel, en entrevue au journal universitaire Forum.

Santé Canada a collaboré à la mise au point de cette méthode, qui permet de déceler simultanément environ 80 substances susceptibles de remplacer les éléments actifs de trois célèbres remèdes contre l'impuissance (Viagra, Cialis et Levitra). Le Ministère a notamment fourni des médicaments saisis, pour qu'ils soient analysés au laboratoire de spectrométrie de masse de l'université. Une fois la nouvelle approche validée, il a commencé à l'employer et il pourrait ainsi «servir de modèle au reste de la planète», affirme l'article de Forum.




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    Photo David Boily, La Presse

    Les comprimés arrivent souvent coincés entre des pages de livres. Depuis quelque temps, on les cache aussi dans des sachets métalliques d’encens. « Les expéditeurs pensent masquer l’odeur et déjouer les chiens, mais c’est encore pire. Non seulement on voit arriver leurs colis, mais maintenant, on les sent ! », dit l’analyste Priscilla Da Graça.

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    Les colis interceptés descendent une glissoire jusqu’au fond d’un placard. Ils remplissent ensuite les bacs du « ciblage », où ils sont ouverts ou passés aux rayons X. Lors de la visite de La Presse, les agents venaient de saisir des boîtes à l’étiquette bourrée de fautes et arborant une tête de loup : du faux Viagra. Autres trouvailles du jour : des pots de médicaments chinois et des stéroïdes postés avec des remèdes censés contrer leurs effets néfastes.

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