(Québec) Depuis son arrivée au pouvoir, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault n’a cessé de sonder l’humeur des Québécois, si bien que les dépenses en la matière ont augmenté de 5000 %.

Caroline Plante La Presse Canadienne

C’est le calcul effectué par le Parti libéral du Québec (PLQ) mercredi. Sa cheffe Dominique Anglade réclame désormais l’intervention de la vérificatrice générale du Québec.

Mme Anglade réagissait à un reportage du Journal de Québec, qui révélait que le gouvernement Legault a déboursé plus d’un million d’argent public pour tâter le pouls des citoyens.

Une dépense « astronomique », selon Mme Anglade, qui rappelle que le précédent gouvernement libéral n’a déboursé que 13 000 $ pour un seul sondage en quatre ans.

« Ce n’est pas compliqué, une augmentation de 5000 % dans les dépenses gouvernementales pour les sondages, pas de 100 %, pas de 200 %, de 5000 % ! »

Le PLQ emboîte donc le pas à Québec solidaire (QS) en invitant la vérificatrice générale à se pencher sur cette utilisation par le gouvernement caquiste des fonds publics.

En outre, tous les partis d’opposition exhortent le gouvernement à rendre publiques les questions qui se sont retrouvées dans les sondages.

« Ce qu’on demande au gouvernement, c’est de rendre les questionnaires publics. Au moins, qu’on sache comment cet argent-là a été utilisé », a poursuivi la cheffe libérale.

Interrogé mardi, le premier ministre Legault a soutenu que les coups de sonde qu’il a commandés ont servi principalement à jauger le niveau d’appui des citoyens aux consignes sanitaires.

Les sondages contenaient également des questions sur la langue française et les négociations dans le secteur public, ont pourtant démontré les médias de Québecor.

Par exemple, un sondage de la firme SOM réalisé à la mi-mai pour le compte du Conseil exécutif demandait aux répondants s’ils croyaient qu’« après un an, les négociations ont assez duré ».

« La CAQ est en train de […] calculer combien de votes ils vont gagner s’ils sortent la matraque de la loi spéciale pour forcer un retour au travail », a réagi le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Pour le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, le gouvernement Legault « gagnerait à être plus transparent puis à nous le dire de manière ouverte comment nos fonds publics sont dépensés ».