(Ottawa) L’ex-ambassadeur du Canada en Chine John McCallum dit avoir tenté à répétition d’améliorer les conditions de détention de Michael Kovrig et Michael Spavor à la suite de leur emprisonnement il y a près de deux ans.

Mike Blanchfield
La Presse Canadienne

John McCallum a également déclaré, mardi, qu’il regrettait avoir discuté des élections canadiennes d’octobre 2019 avec des responsables chinois dans les mois qui les ont précédées.

L’ex-ministre libéral, qui a été congédié à titre d’ambassadeur en Chine, en janvier 2019, témoignait mardi devant le comité spécial sur les relations sino-canadiennes à la Chambre des communes.

Le premier ministre Justin Trudeau avait congédié l’ambassadeur McCallum après que celui-ci eut formulé une série de commentaires allant à l’encontre de la position du gouvernement à la suite des arrestations de Michael Kovrig et de Michael Spavor.

Les deux Canadiens ont été arrêtés neuf jours après l’arrestation à Vancouver de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis en décembre 2018.

L’arrestation des deux Canadiens est considérée comme une mesure de rétorsion de la Chine.

Selon John McCallum, c’est à ce moment précis que tout a changé dans la relation entre le Canada et la Chine.

« À partir de ce moment, la principale priorité du gouvernement, et la mienne en tant qu’ambassadeur, était d’obtenir la libération des deux Michael », a-t-il indiqué en soulignant avoir été l’une des rares personnes à pouvoir les visiter en prison.

« À plus d’une occasion, j’ai tenté de convaincre les Chinois que s’ils n’étaient pas en mesure de libérer M. Kovrig et M. Spavor, ils devraient au moins améliorer leurs conditions de vie. Malheureusement, comme vous le savez, les efforts du Canada dans ce domaine ont jusqu’ici été infructueux », a révélé M. McCallum au comité.

Ce groupe d’élus a pour mandat d’analyser les relations entre le Canada et la Chine, qui se sont détériorées jusqu’à atteindre leur point le plus bas jamais vu.

Chong confronte Champagne

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

le député conservateur Michael Chong

Plus tôt dans la journée, le député conservateur Michael Chong a exhorté le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne à adopter une approche plus cohérente et à durcir le ton envers la Chine.

Le porte-parole du Parti conservateur en matière d’affaires étrangères a lancé au ministre, mardi, devant le comité de la Chambre des communes, que le gouvernement doit montrer aux Canadiens comment il entend réagir face à l’intimidation croissante dont fait preuve la Chine envers des citoyens canadiens d’origine chinoise vivant au Canada.

Michael Chong estime que le gouvernement n’est pas cohérent lorsqu’il durcit le ton publiquement contre la Chine pendant que son ambassadeur continue de prêcher pour accroître les échanges commerciaux avec l’État chinois.

La semaine dernière, le député Chong a parrainé une motion adoptée par la Chambre des communes selon laquelle le gouvernement a 30 jours pour décider si le géant chinois des télécommunications, Huawei, pourra participer au déploiement de la technologie 5G au Canada.

Le ministre Champagne a répondu que le Canada avait choisi une approche intelligente et ferme envers la Chine, qui inclut le fait de dénoncer les mauvais traitements infligés aux militants prodémocratie à Hong Kong et à la communauté musulmane des Ouïghours.

François-Philippe Champagne croit que le Canada doit à la fois contester la Chine et collaborer avec elle.