(Québec) À partir du 3 mars, tous les propriétaires de chiens au Québec devront les enregistrer auprès de leur municipalité. Ceux qui causent des blessures par morsure seront signalés au gouvernement et, nouveauté, les vétérinaires pourront recommander de retirer à un propriétaire la garde de son animal.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dévoilé mercredi la version finale du règlement visant à contrer les chiens dangereux. Elle avait proposé la première mouture en mai.

Tel qu’annoncé au printemps, Québec obligera tous les chiens dangereux à être stérilisés et vaccinés contre la rage. Ils ne pourront se déplacer dans les lieux publics sans une muselière et une laisse. Ceux qui ont causé la mort ou infligé une blessure grave à une personne seront automatiquement euthanasiés.

Au terme d’une longue consultation, la ministre a cependant apporté quelques modifications au règlement d’origine. D’abord, seuls les chiens qui causent des blessures aux humains ou aux animaux par morsure seront signalés aux autorités.  

« Il y a des blessures entre animaux, du mordillage, qui ne sont pas nécessairement graves, qui ne sont pas nécessairement des attaques, qui ne laissent pas nécessairement présager de la dangerosité de l’animal, a expliqué la ministre. Donc on voulait introduire une forme d’appréciation et de jugement clinique pour les vétérinaires. »

Mme Guilbault accorde aussi un nouveau pouvoir aux vétérinaires. Lorsqu’ils détermineront qu’un chien présente un risque pour la santé humaine ou pour la sécurité publique, ils pourront recommander différentes mesures à leur égard. Les recommandations pourront également cibler les propriétaires eux-mêmes.

« Le vétérinaire, lui, va être devant la situation, il va faire son appréciation et soumettre son rapport à la municipalité sur la dangerosité potentielle du chien, a expliqué Mme Guilbault. S’il estime que, pour toutes sortes de raisons, ce chien devrait être retiré de son foyer, il pourra faire cette recommandation. »

La plupart des plus grandes villes du Québec ont déjà adopté des règlements pour empêcher des chiens de causer des blessures. Mais certaines n’en ont aucune.

La norme présentée mercredi s’appliquera partout dans la province. Mais elle n’empêchera pas une municipalité de se doter de règles plus strictes.