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Fin de session parlementaire à Ottawa: l'heure des bilans, en attendant les élections

Le premier ministre Justin Trudeau... (PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS)

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Le premier ministre Justin Trudeau

PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS

(Ottawa) Les travaux parlementaires à Ottawa ont pris fin une journée plus tôt que prévu, notamment en raison de la mort du député conservateur Mark Warawa. Les élus fédéraux ont donc quitté la colline après six mois mouvementés, et leurs yeux se tournent maintenant vers les élections du 21 octobre prochain. Bilan.

PARTI LIBÉRAL

« Les gens vont regarder l'ensemble de l'oeuvre, ils vont prendre un peu de recul », offre en entrevue à La Presse le ministre de l'Infrastructure, François-Philippe Champagne, préférant commenter le bilan des quatre dernières années que celui des six derniers mois. C'est que l'hiver a été rude pour le gouvernement, qui semblait incapable de se dépêtrer de l'affaire SNC-Lavalin, et ce n'est qu'au début du printemps, lorsque Justin Trudeau a chassé ses députées dissidentes Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott du caucus, que la tempête s'est dissipée. « C'est sûr que ç'a été difficile de voir deux collègues décider de s'exclure par elles-mêmes du caucus », laisse-t-il tomber. Le ministre québécois préfère attirer l'attention sur le « moment fort » des derniers mois : la levée des tarifs américains sur l'acier et l'aluminium. « C'est une victoire totale. Pas de tarifs, pas de quotas. Je pense que pour les travailleurs, en particulier au Québec, c'était difficile », se réjouit-il. Et selon François-Philippe Champagne, « les gens font la part des choses » et comprennent que tout gouvernement doit « corriger le tir » à un certain moment sur un mandat de quatre ans.

PARTI CONSERVATEUR

L'opposition a fait ses choux gras de l'affaire SNC-Lavalin, consacrant des périodes de questions entières à tirer à boulets rouges sur le gouvernement et le premier ministre. Alors que le chef conservateur Andrew Scheer est allé jusqu'à réclamer carrément la démission de Justin Trudeau, certaines de ses députées ont abondamment traité le premier ministre de « faux féministe ». Selon le député Gérard Deltell, tout ce feuilleton a été révélateur pour la population. « C'est le vrai visage de M. Trudeau qui est apparu dans toute sa laideur et dans toute sa tristesse. Il a jeté à coups de pied dans le derrière deux dames de qualité hors de son caucus », lance-t-il dans un entretien avec La Presse. Le député québécois estime que l'opposition a fait un travail « rigoureux » en Chambre pour réclamer des comptes aux libéraux et que, au passage, cela a permis au chef Scheer de projeter l'image d'un « premier ministre en attente » auprès de l'électorat. À celui du Québec, où la position pro-oléoduc conservatrice passe moins bien, le leader a voulu envoyer le message qu'il veut lutter contre les changements climatiques. Le plan qu'il a déposé mercredi dernier est cependant avare de détails. « On ira dans le fin détail pendant la campagne », assure Gérard Deltell.

NOUVEAU PARTI DÉMOCRATIQUE

L'entrée au Parlement du chef Jagmeet Singh à la faveur d'une élection partielle en Colombie-Britannique, en mars, n'a pas fait bouger l'aiguille. En fait, selon des sondages réalisés dernièrement, les verts d'Elizabeth May seraient passés devant les néo-démocrates. Conscient du défi qui se profile à l'horizon pour les élections du côté du Québec, le chef du NPD a confié en mars le poste de chef adjoint à Alexandre Boulerice, certainement son député le plus connu. Invité à faire le bilan des derniers mois, le député Nathan Cullen, l'un des nombreux qui ont décidé de ne pas se représenter sous la bannière néo-démocrate, a préféré critiquer celui des libéraux. « Ils ont passé des moments plus difficiles que ce à quoi ils s'attendaient, et je pense qu'on ne peut donner le crédit à l'opposition pour ça, parce qu'ils se sont eux-mêmes infligé leurs blessures », a-t-il avancé en point de presse. L'élu britanno-colombien a aussi fustigé le Sénat, car, à moins d'un revirement majeur, la Chambre haute fera mourir au feuilleton le projet de loi C-262 du député Romeo Saganash - qui ne brigue pas non plus de nouveau mandat - qui vise à harmoniser la Déclaration des droits fondamentaux de la personne à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

BLOC QUÉBÉCOIS

Travaillant désormais dans une « assez parfaite harmonie », le Bloc québécois compte faire la démonstration qu'il s'est remis des guerres intestines ayant émaillé les dernières années et qu'il a surpassé le « préjugé défavorable » que les Québécois avaient développé à l'endroit de la formation pour espérer conquérir davantage de sièges en octobre prochain, a argué le chef Yves-François Blanchet. Et pour ce faire, il veut se montrer plus vert que toutes les autres formations, même les verts, en mettant l'environnement au coeur de la campagne. « Il serait irresponsable que la question de l'urne ne soit pas l'environnement », a-t-il dit en dressant le bilan de la session. Mais le leader est conscient qu'un autre enjeu - celui de la laïcité - risque de s'inviter dans le débat. « On sait très bien que la réalité va nous rattraper, a-t-il convenu. Nous serons ceux qui, cet été, souligneront et encourageront la fermeté de l'État québécois dans l'affirmation de la laïcité. » Entouré de ses 10 députés, dont il a félicité les combats menés en Chambre en matière de culture ou encore de lutte contre l'évasion fiscale, l'ancien ministre péquiste a prédit au Nouveau Parti démocratique (NPD) une dégelée monumentale au scrutin d'octobre prochain. « Le NPD s'expose à quelque chose qui est peut-être même pire que ce que le Bloc a vécu [en 2011]. C'est dur. C'est très dur », a-t-il laissé tomber.

PARTI VERT

Le parti d'Elizabeth May n'a normalement pas droit aux traditionnels bilans politiques. Mais une formation ne double normalement pas sa députation en cours de mandat non plus ; aussi la dirigeante a-t-elle accueilli à bras ouverts Paul Manly, élu lors d'une élection partielle en Colombie-Britannique. Elizabeth May n'a peut-être pas réussi à attirer dans ses rangs les députées indépendantes Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, mais elle se permet malgré tout de rêver à voix haute d'une percée verte au prochain scrutin.

La session en dix moments marquants

Un remaniement aux conséquences inattendues

Justin Trudeau a été contraint de remanier son cabinet ministériel dès le début de la session, le 14 janvier dernier, à la suite de la démission de l'ancien président du Conseil du Trésor, Scott Brison. C'est lors de ce fameux remaniement que la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a été mutée aux Anciens Combattants. La ministre Jane Philpott prend quant à elle les rênes du Conseil du Trésor. Le Québécois David Lametti succède à Mme Wilson-Raybould au poste de procureur général du Canada. L'histoire dira que la principale intéressée croit avoir été démise de ses fonctions parce qu'elle a refusé d'intervenir en faveur de la négociation d'un accord de réparation avec la firme SNC-Lavalin, ce qui niera le premier ministre Trudeau.

Les députées Jane Philpott et Jody Wilson-Raybould, le 3 avril... (PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 2.0

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Les députées Jane Philpott et Jody Wilson-Raybould, le 3 avril

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La tempête SNC-Lavalin

Le gouvernement de Justin Trudeau est plongé dans une profonde crise politique le 7 février dernier alors que le Globe and Mail révèle - citant des sources anonymes - que le bureau du premier ministre aurait fait pression sur la procureure générale, Jody Wilson-Raybould, pour qu'elle négocie un accord de réparation avec SNC-Lavalin. La nouvelle a l'effet d'une bombe à Ottawa et entraîne son lot de rebondissements. La tempête emportera dans son sillage le plus proche conseiller de M. Trudeau, Gerald Butts, les ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott claqueront la porte du cabinet et le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, partira précipitamment à la retraite. L'affaire donne des munitions aux partis d'opposition, qui mitraillent de questions le gouvernement Trudeau. Le chef conservateur, Andrew Scheer, demande notamment à la GRC d'enquêter sur l'affaire. Le commissaire à l'éthique et aux conflits d'intérêts, Mario Dion, a pour sa part ouvert une enquête sur de possibles « tentatives d'influence ».

Quel budget ?

Le dernier exercice financier signé Bill Morneau, un quatrième écrit à l'encre rouge, n'en aura pas fait couler énormément, d'encre. C'est qu'il a été déposé en pleine crise SNC-Lavalin ; le discours du ministre des Finances a d'ailleurs été enterré par le tapage des conservateurs, qui ont finalement quitté la Chambre en criant à la tentative de camouflage. L'exercice financier contenait une série de mesures que les libéraux risquent de mousser en campagne, dont un incitatif à l'achat d'une première propriété, la création d'une allocation pour la formation et des mesures pour aider les aînés à faible revenu à conserver une plus grande partie de leurs gains dans leurs poches. Il ne prévoit aucun retour à l'équilibre budgétaire, alors que les libéraux avaient promis d'y parvenir en 2019. Le déficit fédéral y est chiffré à 19,8 milliards pour 2019-2020.

« Confiance rompue »

Après des semaines de tempête, Justin Trudeau cède à la pression de ses troupes et chasse de ses rangs Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, le 2 avril dernier, affirmant que « le lien de confiance est rompu » avec ses ministres démissionnaires. La goutte qui a fait déborder le vase est la diffusion d'une conversation téléphonique entre celle qui est alors ministre de la Justice et le greffier du Conseil privé, enregistrée à son insu en décembre dernier, à propos de SNC-Lavalin. Les libéraux poussent un soupir de soulagement puisqu'ils espèrent pouvoir mettre derrière eux la crise qui a paralysé leur gouvernement. Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, qui siégeront comme indépendantes, se disent sereines malgré leur éviction du caucus, affirmant avoir été guidées par leurs convictions. Après avoir laissé planer un certain doute sur leur avenir politique, elles ont confirmé en mai dernier qu'elles se présenteraient comme indépendantes aux élections de 2019.

Casse-tête chinois

Rien ne va plus entre Pékin et Ottawa. La relation est devenue glaciale au fil de l'hiver, si bien qu'au mois de janvier, le premier ministre Justin Trudeau s'est fait dire non quand il a réclamé un entretien avec son homologue chinois Li Keqiang. Il espérait notamment réclamer la clémence pour un Canadien condamné à mort en Chine, mais aussi discuter de la détention de l'ex-diplomate Michael Kovrig et de l'entrepreneur Michael Spavor. Les deux ressortissants canadiens ont été arrêtés en guise de représailles à l'arrestation, en sol canadien, à la demande de Washington, de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou. Ils sont toujours derrière les barreaux - et Pékin, de son côté, continue à multiplier les affronts contre Ottawa sur le plan commercial, bloquant les importations de canola canadien et suspendant celles de porc.

L'affaire Mark Norman

Le vice-amiral Mark Norman, le 8 mai... (PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 3.0

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Le vice-amiral Mark Norman, le 8 mai

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

L'affaire Mark Norman prend une tournure inattendue le 8 mai alors que la Cour fédérale suspend l'accusation d'abus de confiance qui pesait sur le vice-amiral. L'officier supérieur des Forces armées canadiennes était soupçonné d'avoir divulgué des secrets d'État au chantier naval québécois Davie ainsi qu'à un journaliste dans le but d'influencer les décisions du cabinet concernant l'attribution d'un contrat de près de 700 millions. Le Service des poursuites pénales du Canada a expliqué avoir reçu de nouvelles informations, fournies par les avocats de M. Norman en mars dernier, qui donnaient un « contexte plus détaillé » de l'affaire. Le procès devait se tenir en août et risquait de devenir un boulet pour les libéraux, à la veille de la campagne électorale. M. Norman souhaite réintégrer ses fonctions le plus rapidement possible.

Exit, les tarifs

Énorme soupir de soulagement au gouvernement Trudeau : l'administration Trump a finalement accepté, le 17 mai dernier, de lever les tarifs douaniers sur l'acier (25 %) et l'aluminium (10 %) canadiens. En retour, le Canada a aussitôt annoncé qu'il faisait aussi passer à la trappe ceux qu'il avait instaurés en riposte. À peine rentré de Paris ce jour-là, le premier ministre s'est empressé de mettre le cap vers une usine d'acier de Hamilton, en Ontario, afin de partager la bonne nouvelle. La fin de ce contentieux ouvre la voie à la ratification de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). À ce chapitre, Ottawa souhaite travailler « en tandem » avec Washington. Le gouvernement n'exclut pas de rappeler le Parlement cet été si les conditions s'y prêtent.

Femmes autochtones : rapport accablant

La Commission d'enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées a remis au début juin un rapport extrêmement dur et critique à l'endroit du gouvernement fédéral. La conclusion est sans appel : « Nous sommes en présence d'un génocide », affirment les commissaires qui citent le système colonial, la Loi sur les Indiens, la rafle des années 60 et les pensionnats indiens parmi les fondements de ce « génocide canadien ». Le jour de la cérémonie de clôture des travaux, Justin Trudeau parle d'une « honte », mais ne prononce pas le mot « génocide », ce qui alimente encore les débats. Le premier ministre le fera le jour suivant, lors d'un discours à Vancouver. Quelques jours plus tard, il affirmera être plus à l'aise avec l'utilisation de « génocide culturel » (Commission de vérité et de réconciliation). Le rapport d'enquête, qui compte quelque 1200 pages, comporte plus de 200 recommandations qui sont tout sauf optionnelles, tranchent les commissaires.

Feu vert à Trans Mountain

Difficile d'imaginer que le gouvernement aurait pu ne pas donner le feu vert au projet d'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain, dont il s'est porté acquéreur pour la somme de 4,5 milliards l'été dernier. Pour tenter d'apaiser les critiques sur son flanc gauche, le premier ministre Justin Trudeau s'est engagé à verser tous les profits générés par l'activité économique liée à l'oléoduc ainsi que ceux de son éventuelle privatisation dans des projets pour accélérer la transition énergétique au Canada. Les premières pelletées de terre sont prévues pour cet été, mais dans le camp autochtone, en Colombie-Britannique, des chefs ont d'ores et déjà promis de se battre devant les tribunaux pour que cet oléoduc ne voie jamais le jour.

Lois environnementales adoptées in extremis

Avant de plier bagage pour l'été, le Sénat a adopté in extremis un bouquet de projets de loi environnementaux, dont le C-69 - celui-là même qui menace l'unité nationale, selon ce qu'ont argué six premiers ministres provinciaux, dont l'Albertain Jason Kenney. Le projet de loi, qui réforme en profondeur l'évaluation des projets environnementaux, avait été amendé 187 fois au Sénat. Le gouvernement Trudeau en a accepté certains, mais a dit non à 90 % des modifications venant des sénateurs conservateurs, puis l'a retourné au Sénat. Le chef conservateur Andrew Scheer a promis d'abroger C-69 s'il est porté au pouvoir en octobre, comme il ferait aussi passer à la trappe la taxe carbone et le projet de loi C-48, qui instaure un moratoire sur les pétroliers en Colombie-Britannique.




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