La délégation d’Autochtones et d’évêques canadiens qui devait rencontrer le pape François au Vatican avant Noël s’y rendra finalement juste avant Pâques. 

Publié le 2 février
Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

La visite de décembre avait été reportée à cause du variant Omicron. Le pape rencontrera des délégués de l’Assemblée des Premières Nations (APN), du Ralliement national des Métis (RNM) et de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) une première fois le 28 mars, puis une deuxième fois en compagnie d’évêques canadiens le 1er avril.

L’annonce des nouvelles dates du voyage a été faite mardi matin.

Au cours de cette visite au Vatican, les délégués autochtones demanderont des excuses formelles du pape lors de sa visite prochaine au Canada, a indiqué dans un communiqué Cassidy Caron, cheffe du RNM.

Seuls l’APN et le RNM ont dévoilé le nom de leurs délégués, 13 dans le premier cas et 7 dans le deuxième. L’ITK enverra sept délégués, mais n’en a identifié qu’un seul, Natan Obed, son président, parce que les autres ne s’adresseront pas aux médias. Une Québécoise, la grande cheffe Mandy Gull-Masty, de la Première Nation crie de Waswanipi, fait partie des 21 délégués identifiés jusqu’à maintenant.

Le pape François visitera le Canada au plus tôt l’été prochain, et au plus tard à l’été 2023. « Nous avons ouvert des plages, mais l’agenda du pape est assez chargé et c’est une visite officielle, donc il y a de la coordination avec le gouvernement canadien », explique Raymond Poisson, évêque de Saint-Jérôme et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).

Un fonds de 30 millions d’ici cinq ans

L’annonce survient peu après l’engagement formel des évêques catholiques canadiens visant à verser 30 millions d’ici cinq ans dans un Fonds de réconciliation avec les Autochtones. Une autre collecte de fonds pour les Autochtones de la CECC, entre 2008 et 2014, avait un objectif de 25 millions, mais n’avait recueilli que 3,7 millions en dons des fidèles.

L’Église catholique, plus précisément les communautés religieuses impliquées dans le système des pensionnats pour Autochtones, a déjà versé plus de 50 millions dans ce dossier, dont la moitié en dédommagements directs aux anciens élèves. L’Église anglicane, qui était responsable du tiers des pensionnats, a versé 16 millions. Le gouvernement fédéral a quant à lui déboursé plus de 2 milliards.

Ce nouveau Fonds de la réconciliation sera dirigé par quatre Autochtones, dont trois ont été nommés vendredi. « On voulait une transparence, avec une structure indépendante, dit Mgr Poisson. On a compris, et on est pas tout seuls à l’avoir fait, que pour porter ses fruits et être garant du progrès, pour que ce soit positif, ce genre de démarche doit se faire avec nos frères et sœurs autochtones, pas seulement de notre côté. »