La Seconde Guerre mondiale a pris fin il y a 75 ans, le 2 septembre 1945. Les derniers combattants toujours en vie n’ont pas moins de 95 ans. Quatre d’entre eux, tous hébergés à l’hôpital Sainte-Anne, ont accepté de raconter leurs lointains souvenirs. Les entrevues se sont d’abord faites en vidéoconférence, fin juin. Puis, une semaine plus tard, l’autorisation a été donnée de les rencontrer sur place avec le photographe de La Presse. Ils sont les derniers à parler.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

Stuart Vallières : dans la nuit allemande

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Stuart Vallières

Il faut l’imaginer dans une tourelle de mitrailleur, au sommet du fuselage d’un lourd bombardier quadrimoteur Halifax, dans le ciel allemand.

Stuart Vallières a maintenant 97 ans. Il en avait 20 à l’époque.

Stuart. « C’est écossais », dit-il dans un très bon français.

Le Montréalais s’était enrôlé à 17 ans.

« Pour faire comme tous les autres, dit-il. Mon père était dans l’aviation durant la Première Guerre. »

Comme les Britanniques, les Canadiens bombardaient l’Allemagne de nuit. Le décollage, en Angleterre, était déjà une épreuve.

« Quand vous montez à bord, il y a une espèce de tension, décrit-il. Vous approchez de la piste et vous lancez les moteurs à plein régime. Vous êtes alors en route. Vous filez sur la piste à 150 milles à l’heure et vous avez deux ou trois tonnes de bombes dans la soute. Vous vous dites : j’espère que ce machin va réussir à décoller. »

Au-dessus du continent, les chasseurs de nuit se lançaient à leur poursuite. « Quand nous arrivions au-dessus des côtes allemandes, les chasseurs étaient partout. »

PHOTO FOURNIE PAR LES ARCHIVES DE LA DÉFENSE NATIONALE
DU CANADA

Le 26 avril 1944, le sergent Stuart Vallières (à gauche), le pilote torontois A. J. « George » King et Mac, la mascotte de l’équipage de leur bombardier Halifax, participent à un débreffage qui a suivi un important bombardement sur Düsseldorf, en Allemagne.

C’était le travail de Stuart et de l’autre mitrailleur de les repousser. Les bombardiers étaient repérés par de puissants projecteurs dont les doigts lumineux fouillaient le ciel.

« On essayait de prendre de l’altitude pour échapper aux projecteurs, mais c’était impossible. »

La nuit était tellement éclairée qu’« à cinq milles d’altitude, vous pouviez lire la Bible ».

Son équipage a terminé sans encombre un premier tour de 30 missions. Après six mois de tâches au sol, ils sont repartis pour un second tour. C’est en juin 1944, lors de la troisième sortie, que leur Halifax a été touché par les obus d’un chasseur de nuit.

« Nous avons perdu le contrôle de l’appareil et le pilote a dit à tout l’équipage de sauter. »

Sa jambe gauche a été gravement blessée par les éclats, rendant particulièrement ardue la sortie de sa tourelle étriquée.

« J’ai eu quelques difficultés, mais j’ai réussi », décrit-il sobrement, sans un mot sur la douleur.

« Je me suis débrouillé pour ramper jusqu’à la sortie latérale, ouvrir la porte, enfiler mon parachute et sauter. »

« J’ai été heureux de voir qu’il s’est ouvert », ajoute-t-il en riant.

Le mitrailleur de queue n’a pas été aussi chanceux. « Il a été touché en sautant. »

Capturé, Stuart Vallières a été soigné dans un hôpital militaire allemand, où sa jambe a été amputée.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Stuart Vallières

Ils se sont excusés de ne pas pouvoir faire davantage pour moi, parce qu’ils n’avaient pas les fournitures nécessaires : “Vous savez pourquoi, c’est vous qui bombardez…”

Stuart Vallières

« Je ne leur en voulais pas. Ils m’avaient traité correctement. Les infirmières, très méthodiques, ont fait du bon travail. »

Il était détenu dans une chambre avec un autre Canadien, qui avait lui aussi perdu une jambe. « Ce qui fait qu’on pouvait se regarder l’un l’autre et ne pas s’apitoyer sur soi. »

Sous l’égide de la Croix-Rouge, il a été échangé contre un prisonnier de guerre allemand lui aussi gravement blessé. Ni l’un ni l’autre ne reviendrait au combat, leur guerre était terminée, ils étaient désormais inoffensifs.

Il tend le bras pour saisir une photo qu’il montre à l’écran.

« C’était mon équipe », dit-il, d’une voix étranglée.

Sept hommes d’équipage, étonnamment jeunes.

« C’était au début, quand l’équipe a été formée, vers 1942. »

Il en désigne un du doigt.

« C’est lui qui a été perdu. »

Ses cinq autres compagnons ont survécu.

« Pour mon travail, dans la vente, je voyageais partout au Canada, et j’ai été capable de visiter les autres jusqu’à la fin. Je suis allé aux funérailles de chacun. »

« Je suis le seul qui reste. »

Georges-Aimé Normand : l’ennemi qu’on ne voit jamais

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Georges-Aimé Normand

Alerte au sous-marin, dans la salle des machines du destroyer Hamilton, quelque part dans l’Atlantique Nord. « On ne voit rien. Les gens sont en haut, aux canons, et c’est eux qui ont la charge de défendre les navires. Ce n’est pas tellement notre navire qui est en danger, c’est le convoi ! Il y a peut-être 35 bateaux qui sont pleins. Ils ne vont pas vite, eux autres. »

Georges-Aimé Normand avait 24 ans.

« J’étais officier de marine aux engins », indique l’homme de 102 ans.

Machiniste au Canadien Pacifique, le Montréalais s’était engagé même si son travail l’aurait dispensé du service militaire.

Il a fait toute sa guerre sur le Hamilton, dont il s’occupait des machines.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Georges-Aimé Normand à bord d’un navire, sans doute le destroyer Hamilton, durant le conflit.

C’était un vieux destroyer américain construit en 1918, déjà bon pour la casse quand il a été racheté par les Britanniques en 1940. Il a été cédé à la Marine royale canadienne l’année suivante. Une boîte de conserve. « C’est confortable, assure pourtant notre homme. Mais il faut s’entendre. Ta couchette, elle n’est pas grosse et il y en a trois à avoir passé dedans. »

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Georges-Aimé Normand, accroupi au premier rang à droite

Son navire escortait les convois de navires marchands en route pour la Grande-Bretagne pour les protéger des U-Boot qui les attendaient au passage. « On en rencontre tout le temps, à chaque voyage, relate-t-il. Un ou deux. »

La première mission est sans doute la plus difficile.

« Ça, on ne l’oublie pas. On est quatre, cinq jours, on ne dort pas. On a beau aller se coucher, on entend toujours des cloches. » Celles annonçant les attaques qu’il imagine se produire contre son navire.

« Mais ça n’arrive pas, ça. Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Les sous-marins qui veulent attaquer sont intelligents. »

Ils attendent à l’affût, souvent en meute, pour s’en prendre aux inoffensifs et lents navires marchands.

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Georges-Aimé Normand

La partie difficile, c’est d’être sous tension tout le temps. Parce qu’on ne les voit pas. Mais on sait qu’ils sont là. Où ? On ne le sait pas.

Georges-Aimé Normand

Il faut vivre avec cette crainte taraudante, atavique, devant un prédateur nocturne.

« De temps en temps, on ne sait pas ce qui se passe. On sait qu’il y en a un ou deux qui se promènent alentour et qui cherchent une entrée propice pour se placer. Surtout la nuit. Je n’ai jamais vu de sous-marin se montrer de jour. »

« Mais la nuit, oh ! Quand arrive 7 ou 8 h le soir, on sent qu’il y a de la recherche. Ils sont quelque part et ils ont une stratégie qu’on ne connaît pas. »

Lorsqu’ils sont repérés, les loups de l’Atlantique sont pris en chasse et attaqués à coups de grenades sous-marines.

« On envoie des charges sous l’eau, des barils de 45 gallons, chargés de dynamite. Quand ça saute, ça saute. »

On se doute qu’un sous-marin est touché quand des débris apparaissent à la surface.

« C’est pas facile, ça. On sait qu’il y a 35 ou 40 personnes qui sont mortes. » Tous les marins sont solidaires devant la mer.

Les sous-marins arrachaient souvent leur part du convoi.

« Une fois sur trois ou quatre, on perdait un ou deux bateaux, soit à l’avant ou soit à l’arrière. Quand on rentrait, on regardait : un tel, un tel, un tel, ils ne sont plus là. »

Georges-Aimé Normand s’était marié durant la guerre pendant une permission. À son retour, il est redevenu machiniste au Canadien Pacifique.

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Georges-Aimé Normand avec son épouse Lucie Cardin (décédée en 2016), en 1945. Ils s’étaient mariés à l’occasion d’une permission, peu de temps auparavant.

Quand on le rencontre, on lui trouve quelque chose de Picasso, dans sa tête ronde et sa silhouette râblée.

Ses mains étonnent : des doigts forts, à peine déformés par l’arthrite. Des mains qui ont travaillé. Un petit piano électronique est poussé contre un mur, sur le pupitre duquel est posée une revue Québec Science — l’âge n’empêche pas la curiosité. « Je recommence à jouer, dit-il. À 102 ans, ça apprend moins vite qu’à 12 ou 13 ans ! »

Vincent Lavoie : artillerie et sentiments

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Vincent Lavoie

Vincent Lavoie a 101 ans. À 22 ans, il s’était d’abord engagé dans le Corps forestier, chargé de la coupe et du sciage du bois dont une armée en campagne faisait grande consommation.

Parce qu’il provenait de l’industrie forestière, on lui a confié la construction d’une scierie en Écosse.

« À un moment donné, je me suis dit : je ne suis pas venu à la guerre pour exploiter une scierie. Alors j’ai été transféré dans l’artillerie. »

Dans l’artillerie antiaérienne, plus précisément.

Avec le grade de lance-caporal, il était second de la dizaine de servants d’un canon Bofors à tir rapide de 40 mm. « C’était automatique comme une mitrailleuse. Si l’avion s’en venait bas et qu’il s’élevait tout de suite, il fallait être très alerte. Ce n’est pas comme l’artillerie lourde qui ne voit pas sa cible. Nous, notre cible nous apparaît tout d’un coup. Il faut surveiller. »

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Vincent Lavoie prend la pose durant le conflit, probablement en Italie.

Débarqué dans la région de Naples en 1943, il a fait la campagne d’Italie jusqu’en février 1945, puis a terminé la guerre en Europe du Nord.

« Tu me fais penser à des souvenirs, loin, loin, loin, que j’essayais d’oublier », glisse-t-il.

Lesquels ?

« Durant les attaques… Je ne peux pas te décrire ce que c’est, pendant une attaque de l’air. Tu ne peux pas te cacher. »

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Vincent Lavoie

L’avion, lui, il bouge, toi, dans ton trou, tu ne peux pas bouger. Tu ne sais jamais quand c’est fini. Ça peut être une attaque de dix minutes, ou une affaire de trois ou quatre heures.

Vincent Lavoie

Mais il préfère insister sur un autre fait de guerre. Durant son service en Écosse, il avait été appelé à jouer de la trompette devant d’anciens militaires. « Une dame est venue me parler. On a parlé de musique. Moi, je venais d’un petit village francophone, elle, d’une grande ville écossaise. J’ai fait mes adieux. »

Elle s’appelait Nora Patten.

Après la guerre, elle est venue le visiter au Canada. « Ma famille voulait absolument qu’on se marie tous les deux. Je leur ai dit : “on n’a rien en commun, j’aimerais mieux la laisser libre”. Tout le monde a insisté, je l’ai demandée en mariage. On a eu quatre enfants, on a eu une très belle vie. »

La photo

Une semaine plus tard, dans sa chambre, on remarque derrière lui le portrait d’une jeune femme au visage avenant, dont la chevelure foncée se détache contre sa blouse blanche.

Nora.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA MAISON FUNÉRAIRE SHIELDS BERTHIAUME

Nora Patten

« Je venais d’une famille canadienne-française catholique, indique-t-il. Mon épouse n’était pas catholique, elle était anglophone, et elle s’est jointe à la famille. »

Après la guerre, de retour aux produits forestiers, il a été président de deux entreprises de contreplaqué. Il est retourné deux fois en Écosse et il a refait avec Nora le parcours de sa campagne d’Italie.

Il prononce en italien : « Je parlais couramment l’italien avant, mais maintenant, je n’ai plus personne avec qui je peux pratiquer. »

Nora est morte à l’hôpital Sainte-Anne, dans la chambre voisine de la sienne.

« Je suis allé lui dire bonne nuit, elle est morte dans mes bras. »

« Tu vois sa photo ? Je lui parle le soir avant de me coucher. Elle ne répond pas, bien sûr. C’est une belle histoire. »

Benoit Duval : à bord des « bazous » de sa Majesté

Benoit Duval avait menti sur son âge pour se « battre contre les Allemands ».

À 16 ans, le petit gars de Tourville, près de L’Islet, s’était rendu à la Citadelle de Québec pour s’engager dans la 59batterie de Lévis, mais il a été immédiatement versé dans la Chaudière (le régiment d’infanterie).

« Après ça, j’ai été transféré dans la marine à partir de la Chaudière », raconte-t-il en vidéoconférence.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Benoit Duval à Halifax en 1940, peu de temps après s’être engagé.

Les cheveux abondants lissés vers l’arrière, le vocabulaire précis, la mémoire affûtée, l’homme de 97 ans mentionne au fil de ses souvenirs le déplacement d’un cuirassé (35 000 tonnes), le calibre de son artillerie principale (16 po), le poids d’une grenade sous-marine (250 lb), la pression de la chaudière d’un destroyer (350 lb).

Il a été canonnier, puis chauffeur, pour finir chauffeur-mécanicien de 1re classe. « J’ai fait trois destroyers, une corvette, un Harbour Defence Patrol Boat, une frégate », décline-t-il.

À bord de ces navires, il a participé à la défense des convois durant la longue Bataille de l’Atlantique.

« Quand il y avait des tempêtes de verglas, c’était plus difficile », reconnaît-il, malgré son stoïcisme légèrement gouailleur. « Il fallait casser la glace, qui se formait sur un côté seulement. » Son poids risquait de déséquilibrer le navire.

Il montre à l’écran une photo tirée d’un journal, datée de mars 1944, sur laquelle une chaloupe de la corvette HMCS Chilliwack s’approche d’un U-Boot sur une mer agitée. Endommagé par des grenades sous-marines après une longue poursuite à laquelle le navire de Duval, le destroyer Gatineau, avait participé, le sous-marin avait fait surface.

PHOTO FOURNIE PAR LE MUSÉE CANADIEN DE LA GUERRE

Un canot du HMCS Chilliwack abordant un sous-marin allemand U-744, en mars 1944, tel que narré par Benoit Duval, qui a participé à la poursuite à bord du HMCS Gatineau.

« Ils se sont rendus à nous autres, mais il y a eu une erreur. Quand le Chilliwack s’est approché du sous-marin, ils ont tiré sur la tourelle. Ils ont tué le capitaine et son assistant. »

Une pause, un ange passe… « Ça, c’était des erreurs qu’on déplorait. »

Le Gatineau a pris à son bord quelques-uns des survivants pour les ramener à Terre-Neuve.

Pour la première fois, Benoit Duval voyait ces fameux Allemands qu’il s’était engagé à combattre. « La première chose qu’on leur dit, c’est : “camarade, la guerre est finie pour toi”. »

À bord du Gatineau, « ils mangeaient exactement la même chose que nous. Ceux qui fumaient, on leur donnait un paquet de cigarettes par jour. La seule chose qu’on ne leur donnait pas, c’était le tot. »

Vieille tradition de la Royal Navy britannique, le tot est « une ration de rhum qu’on prenait à 11 h avant le dîner », explique-t-il.

Le Débarquement

C’est dans les opérations navales entourant le Débarquement en Normandie, quelques mois plus tard, qu’il a connu ses moments les plus inquiétants.

« On a rencontré un destroyer allemand, raconte-t-il. Il y avait du brouillard, on ne le voyait pas, on l’a pris par radar. Le capitaine a dit : “on fonce dessus”. »

« Il ne savait pas ce qu’il faisait ! », ajoute-t-il en rigolant. « Ce destroyer allemand était nettement supérieur aux bazous de la flotte anglaise. »

Après un échange de tirs, le navire allemand a fait demi-tour, attirant le Gatineau au milieu d’un champ de mines mouillées par les Allemands.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Benoit Duval

Ils connaissaient tout le chemin au travers de ce champ de mines-là. Nous, on ne le connaissait pas. Et on courait après lui !

Benoit Duval

« Il est sorti de là et il est parti : “Salut les boys, bonne chance !” » Encore un rire.

« Notre capitaine a arrêté le navire complètement et il ne fallait plus bouger. »

Ils ont attendu 48 heures avant que des dragueurs de mines viennent leur dégager un chenal. Durant tout ce temps, « on couchait sur le pont », au cas où le navire frapperait une mine.

Une rencontre

Quand nous l’avons rencontré à l’hôpital Sainte-Anne, une semaine plus tard, il nous attendait, assis dans son fauteuil, le même sourire aux lèvres.

Sur un mur est accrochée sa photo de mariage, sur laquelle il porte le classique uniforme marin à la large collerette lisérée de blanc. Au-dessus de son lit, il a placé une aquarelle d’une très belle facture représentant la relève de la garde à la Citadelle de Québec. Il en est l’auteur.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Benoit Duval dans sa chambre, où sont installés bien en vue l’aquarelle et une photo de son mariage, notamment.

L’homme de 97 ans a des projets : « Je vais la repeindre en beaucoup plus grand. »

Il veut remplacer les gardes par de jeunes ouvriers qui viennent s’engager, une scène plus significative.

Après la photo, il s’est levé pour aller dîner dans la petite salle à manger de l’étage, les épaules un peu voûtées, mais d’un pas étonnamment assuré.

« C’est notre vedette, a lancé une aide-soignante. Quand il met ses lunettes de soleil, il ressemble à Michael Douglas ! »