Dans une ambiance festive et chaleureuse, de nombreuses personnalités s’unissaient jeudi pour la 19e collecte de rue annuelle de La Guignolée des médias qui s’est terminée en début de soirée.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Des personnalités connues à proximité des bureaux des différents médias d’information étaient présentes pour sensibiliser le public au manque criant de denrées dans les banques alimentaires.

Devant les bureaux de TVA dans une ambiance conviviale, des visages connus du petit écran étaient attroupés autour d’une chorale. Tous remerciaient les généreux passants et automobilistes de leurs dons. Ils ont accueilli sous les applaudissements l’arrivée d’une camionnette remplie d’aliments non périssables et de jouets pour enfants.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

« On peut donner à l’année, mais la Guignolée des médias est l’occasion de donner une visibilité à la cause. Il y a toujours une belle ambiance », pense l’animateur de télévision Mario Dumont, présent jeudi matin.

Devant l’édifice de Radio-Canada, Patrick Masbourian, animateur de l’émission de radio Tout un matin diffusée sur ICI Première, soulignait l’événement et a reçu la visite de Valérie Plante.

« Il y a des gens qui vivent avec l’insécurité alimentaire au quotidien, dont des enfants, des personnes âgées et des nouveaux arrivants », insiste la mairesse de Montréal, qui apportait avec elle des boîtes pleines de denrées.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

La mairesse de Montréal Valérie Plante était de passage devant l'édifice de Radio-Canada.

Dans les bureaux de La Presse, des tables étaient remplies de victuailles et de décorations de Noël. Des pâtisseries, du café, du sirop d’érable et des livres dont les profits de la vente serviront directement à la cause étaient disponibles.

Un rallye avait lieu entre midi et 13 h. Des équipes d'employés se déplaçaient sur tous les étages en quête d’indices et ont répondu à plusieurs questions. Les frais de participation de 10 $ par personne seront également remis à la Guignolée.

La population est invitée à offrir des donations en argent ou en denrées non périssables. Tous les dons seront remis à des organismes à travers le Québec afin que la demande en paniers de Noël soit comblée.

L’activité aurait permis de récolter plus de 40 millions et plusieurs centaines de tonnes de nourriture depuis sa naissance en 2001. L’an dernier, 3 millions ont été amassés, ce qui a aidé à fournir un soutien à quelque 300 000 personnes grâce à une distribution à plus de 100 organismes bénéficiaires.

À 11 h 30 jeudi, 1532 sacs d’épicerie et 192 700 $ avaient déjà été amassés à Montréal dans le cadre de la 19e collecte de rue.

Une cause importante

Toute la journée, les porte-paroles Mélissa Bédard, Alexandre Champagne, Jean-Philippe Dion, Stéphane Fallu, Patrice Godin, Danièle Henkel, Bianca Longpré, Ariane Moffatt et Patricia Paquin sillonneront les rues afin de les encourager à participer et à s’entraider.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Les porte-paroles de la Guignolée Stéphane Fallu, Patrice Godin, Ariane Moffatt et Alexandre Champagne.

« Je me considère privilégié. Certains vivent dans la pauvreté et sont dans une période sombre. C’est important de faire une différence et de ne pas porter de jugement et de laisser faire le cynisme », explique Patrice Godin, acteur et écrivain.

L’humoriste et animateur Stéphane Fallu est lui-même passé par là. « La nourriture est un besoin essentiel, on ne parle pas de luxe » Un enfant qui mange peu alors que tous les autres reçoivent des cadeaux se sentira exclu, dit-il. « C’est un geste de coeur, pas de visibilité. »

« Les écarts de richesse et la précarité, ça existe. On est pas supposé être encore dans autant de précarité au Québec, donc c’est une façon de se rappeler de ce qu’on a envie d’améliorer comme société », pense la chanteuse Ariane Moffatt.

« Nous sommes dans un système économique qui nous donne beaucoup de liberté et pour moi ça fonctionne dans les deux sens. Si tu engendres des revenus qui n’ont aucun sens, tu devrais être en mesure d’en donner » juge le photographe Alexandre Champagne au sujet de la précarité et des écarts de richesse grandissant. « Si tous les médias mettent la compétition de côté pendant une journée, ça donne le goût aux gens de donner. »