Les candidats du Bloc québécois en Outaouais font peu de cas de la remise en question du parti par des anciens militants, affirmant qu'il s'agit que d'une minorité de gens aigris.

Louis Lafortune

Les candidats du Bloc québécois en Outaouais font peu de cas de la remise en question du parti par des anciens militants, affirmant qu'il s'agit que d'une minorité de gens aigris.

"Il y a des mécontents dans tous les partis, sauf que nous, au Québec, c'est un sport national. Le 'bitchage' fait partie de notre culture", a dit au Droit le député d'Argenteuil-Papineau-Mirabel, Mario Laframboise, l'organisateur électoral du Bloc québécois.

"On ne s'habitue jamais à ça, mais on sait qu'on va avoir ça. On est le seul parti qui appartient à ses membres, donc évidemment il y a des gens mécontents dans le passé. Ce ne sont pas des gens qui militent au sein du Bloc présentement. Ce sont des gens qui ont quitté pour toutes sortes de raisons. Est-ce que c'est bon ? Non. On souhaiterait qu'il n'y ait jamais ce genre de choses-là. Mais que voulez-vous, on s'y attend", a ajouté M. Laframboise.

La Presse a rapporté, hier, les propos de cinq anciens députés qui remettent en question la pertinence du Bloc québécois à Ottawa, un parti souverainiste dont les députés siègent aux Communes depuis 18 ans.

M. Laframboise ne croit pas que cette sortie nuira à sa campagne dans Argenteuil-Papineau-Mirabel, un comté qu'il représente depuis huit ans. La remise en question du Bloc n'est pas un sujet qu'il entend de la part des commettants de sa circonscription. "Sur le terrain, personne nous remet en question, à part des éditorialistes et les journalistes."

"Le Bloc québécois est plus pertinent que jamais à Ottawa", martèle Mario Laframboise, qui donne en exemple des dossiers qui ont avancé grâce aux pressions du BQ, comme celui du déséquilibre fiscal. "On se bat pour le Québec. À tous les jours, on fait avancer les choses. Dans notre circonscription, on a sauvé 300 emplois d'été parce que les conservateurs voulaient abolir de programme d'emplois d'été."

De son côté, le député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau, affirme que le BQ n'est pas le seul parti à devoir composer avec la grogne.

Les critiques et les défections font partie de la politique, selon M. Nadeau qui cite en exemple le ministre conservateur et député de Pontiac, Lawrence Cannon, qui a longtemps été libéral au fédéral, appuyant la candidature de Sheila Copps au leadership du PLC, en 1990.

"M. Cannon est devenu conservateur. Il y a des gens qui changent d'opinion. Ce sont des choses qui se produisent. M. Charest a été ministre conservateur avant de devenir premier ministre libéral du Québec."

Le candidat bloquiste dans Hull-Aylmer, Raphaël Déry, estime quant à lui qu'il ne s'agit que d'une minorité de gens plus amers et plus aigris. Il a souligné que le Bloc a aussi reçu l'appui de 11 ex-députés qui ont publié une lettre dans le quotidien Le Devoir, hier. Il ne croit pas que cette remise en question nuira à sa campagne. "Je fais ma campagne. J'ai envie qu'on parle d'espoir et de changement dans Hull-Aylmer. Je ne me base pas sur des gens amers."

llafortune@ledroit.com