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La fourrure: matière écologique ou désastre éthique?

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Rita Devlin Marier
La Presse Canadienne

Le regain en popularité de la fourrure, particulièrement chez les jeunes, est une tendance bienvenue par les fabricants, mais les militants pour les droits des animaux sont loin de voir d'un bon oeil le port d'une matière que l'industrie s'acharne pourtant à présenter comme étant écologique et durable.

«C'est quelque chose que nous avons remarqué et que nous prenons très au sérieux», lance Sayara Thurston du bureau de Montréal de la Humane Society, un groupe de défense des droits des animaux, à propos de l'engouement pour les accessoires de fourrure.

Selon elle, les jeunes qui portent par exemple des parkas avec des capuchons de fourrure ne savent pas qu'ils portent de la vraie fourrure, ou bien croient tout simplement que leurs manteaux sont ornés de retailles de peaux d'animaux qui ont été tués pour faire des manteaux complets ou pour d'autres usages.

«Ils ne se rendent pas compte que la plupart des animaux tués le sont pour ça», souligne-t-elle. Pour son groupe, l'industrie de la fourrure est «particulièrement cruelle», car elle commercialise un produit de luxe qui n'est plus nécessaire puisque des remplacements artificiels et tout aussi chauds sont disponibles sur le marché.

Noémie Archambault, âgée de 20 ans, admet qu'elle n'avait pas regardé la nature du grand col de fourrure sur son manteau mode, cintré et en toile, avant de l'acheter.

«Je n'ai pas regardé si c'était de la vraie (fourrure). Je le voyais un peu, mais quand j'ai vu c'était quoi - c'est du raton-laveur - ça m'a comme un peu dérangée, on a tous vu les vidéos sur Internet sur comment ils font dans certains pays. C'est sûr que ça dérange, mais en même temps c'est de la qualité et ça reste beau longtemps et c'est chaud.»

Ce sont d'ailleurs ces attributs de qualité et de durabilité que l'industrie met de l'avant pour vendre ses produits. Elle souligne également que la fourrure est un fruit de la nature et donc plus écologique à produire qu'un matière synthétique à base de pétrole.

L'utilisation de peaux sauvages joue également un rôle essentiel dans le contrôle de la population de certaines espèces, souligne Alan Herscovici du Conseil canadien de la fourrure. Le coyote, souvent choisi pour garnir les capuchons, est par exemple abondant dans certaines régions du pays, au point qu'il cause des problèmes aux éleveurs d'animaux.

«Il y en a certains qui n'aiment pas l'idée que l'on va piéger ou chasser», concède-t-il, mais «on a besoin de faire un certain montant de piégeage pour garder un équilibre avec les populations fauniques et la nature dans l'écosystème».

Pour ce qui est des fourrures d'élevages - qui restent la grande majorité des fourrures produites au Canada et dans le monde - sa collègue Teresa Éloy souligne que les animaux doivent être extrêmement bien traités pour que leur pelage reste beau et luxuriant.

Ces arguments ne convainquent toutefois pas Danielle Katz, de l'organisme PETA. Elle fait valoir que les animaux souffrent dans tous les cas et souligne qu'un bon nombre de vedettes refusent de porter de la fourrure pour des raisons éthiques, espérant ainsi que les jeunes emboîtent le pas.

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