Dans la bulle de Renata Morales

La designer Renata Morales... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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La designer Renata Morales

Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

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Mélanie Roy, collaboration spéciale
La Presse

Elle est toujours en équilibre entre l'art et la mode. L'insaisissable Renata Morales nous ouvre les portes de son studio.

Elle a créé les costumes des personnages affamés du court métrage Next Floor, réalisé par Denis Villeneuve. Elle a assuré la direction artistique et le stylisme du vidéoclip de la chanson Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) du groupe Arcade Fire, en plus de compter Régine Chassagne parmi ses plus fidèles clientes. Le Musée des beaux-arts de Montréal lui a demandé l'an dernier, dans le cadre de l'exposition Big Bang, de réaliser une installation autour de Femme assise sur un lit de George Segal.

Dans le milieu de la mode, Renata Morales a une « idole absolue «. Elle s'appelle Rei Kawakubo. Elle admire tout de la Japonaise qui se cache derrière la griffe Comme des garçons, de son plan d'affaires à sa boutique-concept Dover Street Market à Londres, un « joli chaos « où se côtoient haute couture et art contemporain. En passant par son esthétique, inclassable, qui révèle un univers teinté d'étrangeté, hétéroclite et futuriste, jamais dépourvu d'humour ni de poésie.

Hors normes, les créations de la designer d'origine mexicaine le sont aussi. Ses robes, sur lesquelles les broderies, tissages, effilochages et autres techniques empruntées à l'artisanat, entièrement faites à la main, sont pensées comme des sculptures. Pour cette ancienne étudiante en arts visuels, toujours peintre à ses heures, la recherche artistique est aussi au fondement du design de mode. Par ailleurs, bon nombre d'artistes contemporains comptent parmi ses sources d'inspiration: William Hundley, Geneviève Cadieux et Kiki Smith, pour ne nommer que ces derniers.

Aux pieds de Renata, rien de moins que... (Photo É. Plante-Fréchette, La Presse) - image 2.0

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Aux pieds de Renata, rien de moins que les jolies bottines Chloé, modèle Susanna,versions rouge et blanche et autres souliers à clous...

Photo É. Plante-Fréchette, La Presse

Des toiles aux vêtements signés Morales, la ressemblance est frappante. Le même monde fantasmagorique se déploie, ornementé et un peu décalé, toujours coloré et très féminin. Sur ses robes, chiffons aériens, imprimés délicats ou baroques, plis, volants et drapés se multiplient pour donner tantôt du relief, tantôt de la fluidité, tantôt de la légèreté. Toujours, le mouvement doit contraster avec la structure - une constante depuis ses balbutiements dans la mode. Il n'est pas étonnant que Renata Morales soit sollicitée par le milieu de la musique et du cinéma. Ses tenues, confectionnées sur mesure, possèdent un petit je-ne-sais quoi de théâtral, de plus grand que nature.

Cette forme d'excentricité se répercute- t-elle dans son propre style? Elle cherche ce qu'elle n'aurait pas l'audace de porter... puis montre du doigt d'imposants souliers à semelles compensées, fleuris, qui rappellent un peu ceux d'une geisha. « Ceux-là, c'est l'extrême limite. Je ne dois pas me sentir comme un clown! « Elle admet aussi ne pas craindre l'excès, surtout lorsqu'il s'agit de superposer les colliers, d'agencer les bagues.

La délicate multiplication des plis, autre technique artisanale... (Photo É. Plante-Fréchette, La Presse) - image 3.0

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La délicate multiplication des plis, autre technique artisanale qui donne ici couleurs, relief et texture à cette robe Morales.

Photo É. Plante-Fréchette, La Presse

« Mais si j'aime le rituel de m'habiller pour les grandes soirées, poursuit-elle, dans la vie de tous les jours, j'ai un côté sobre et pratique. Je suis toujours à la recherche de classiques, du pantalon à la coupe parfaite, du veston parfait... Des morceaux aux antipodes de ceux que je conçois. «

L'artiste, parfois, s'efface derrière ses oeuvres.

DENIS GAGNON

«Je ne prendrai jamais un morceau de vêtement comme il sait le faire », nous dit Renata Morales en parlant de son ami et collègue Denis Gagnon. Par ailleurs, les grandes montures Lanvin, la marque de commerce de ce dernier, ont d'abord appartenu à la designer. Mais il l'a si habilement enjôlée qu'elle a fini par les lui offrir en cadeau. «Mais ne racontez pas ça. Denis Gagnon n'en peut plus de cette histoire de lunettes ! » Oups...

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