Rockwood: une «brasserie canadienne»

Le Rockwood est situé au 101, rue Saint... (Photo Simon Giroux, La Presse)

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Le Rockwood est situé au 101, rue Saint Paul Ouest, dans le Vieux-Montréal.

Photo Simon Giroux, La Presse

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Le Rockwood, un nouveau venu du Vieux-Montréal, se proclame « brasserie canadienne ». Bonne idée, quand on est au coeur du quartier touristique, en plein 150anniversaire de la Confédération, de mettre en valeur ce qui est d'ici.

De la vieille pierre, des raquettes en babiche... (Photo tirée du site web du restaurant) - image 1.0

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De la vieille pierre, des raquettes en babiche et des conserves de sirop d'érable : le décor, très soigné, exploite le thème « Canada ».

Photo tirée du site web du restaurant

Sauf qu'en arrivant, qu'entend-on jouer en musique de fond ? « I come from the land down under », les paroles d'une chanson des années 80 du groupe australien Men at Work.

« On voulait être rétro », a expliqué le serveur quand on lui a fait remarquer cette incongruité.

Ah bon. Et pourquoi par Bryan Adams ? Corey Hart ? Blue Rodeo ? Sarah McLachlan ?

SERVICE QUI LAISSE À DÉSIRER

L'échange était éloquent sur la profondeur de la démarche de cette table, belle mais décevante, où les plats ne sont pas à la hauteur des attentes créées par les descriptions dans le menu et où le service laisse franchement à désirer.

À un moment pendant le repas, le serveur venu chercher l'une des assiettes s'est planté à côté du convive qui n'avait pas terminé la sienne, attendant qu'il la finisse pour desservir. Plus tard, on a eu droit à deux services de la même chose, comme si l'on avait commandé deux fois la même assiette en entrée et en plat. Le tout a repris la direction de la cuisine et j'ai fini par avoir ce que j'avais commandé. Or, sur la note, on avait néanmoins facturé le thon deux fois...

Rockwood fait partie du groupe Tomahawk, dont on connaît déjà le Dolcetto & Co., le Tommy et le Santos, des lieux qui ont en commun leur aménagement soigné. Ici, on est dans un environnement qui veut mettre en valeur le Canada. Pensez donc : raquettes en babiche, conserves de sirop d'érable, beaucoup de bois et de vieilles pierres, un panache de cervidé évidemment, des souvenirs de hockey rétro, un immense billet de deux dollars encadré...

Au menu aussi, on s'affiche avec beaucoup d'ingrédients et de mets typiques. Truite de lac du Québec, tourtière, crevettes de Matane...

« JUSTIN CRUDO »

J'ai commencé mon repas par une assiette de thon dont le nom avait attiré mon attention : Justin crudo. Drôle. Il fallait l'essayer, ce « crudo » de thon de la côte Ouest... Moi qui adore le poisson cru, j'ai été déçue. Le thon albacore du Pacifique n'avait pas beaucoup de goût et sa consistance était banale, à des lieues de la ventrèche fondante ou de la chair rose ou rouge, douce et savoureuse des thons généralement utilisés pour le sashimi ou le crudo. Et le tout ne trouvait ni réconfort ni contrepoint dans la salade de radis et de trévise, avec rondelles de piment et morceaux d'olives noires, déposée par dessus. C'était comme si on avait superposé deux solitudes.

Les pétoncles ? Ils avaient tout pour plaire. Un accompagnement de salicorne fine et croquante, une fine purée de panais, une sauce au citron vert et une cuisson à la poêle généreusement beurrée, à l'unilatérale. Malgré tout, les bouchées tombaient un peu à plat, comme si la douceur du mollusque l'emportait sur tout et qu'on n'avait pas utilisé assez d'acide ou de piment pour charpenter l'ensemble. Ce n'était pas du tout désagréable, entendons-nous, reste qu'on finit le plat en se disant : « Mais encore ? »

L'assiette la plus sympathique était probablement celle de steak de l'Alberta, servi bien saignant, avec une louchée de chimichurri - sauce aux herbes argentine - , des pommes de terre écrasées et beaucoup de choux de Bruxelles grillés à l'huile, se présentant ainsi presque sous forme de chips. Avec en entrée une jolie salade verte combinant concombres, mâche et autres feuilles de couleurs diverses, on a là un repas traditionnel qui se tient.

SAUCE AUX RÉGLISSES TWIZZLER

Au dessert, on n'a essayé qu'une option: un beignet plat, dur et sans élégance, servi avec des fraises macérées. Sur le menu, on parlait de crème au champagne en garniture, mais ce qui ressortait le plus, c'était ce coulis déposé sur le beignet qui goûtait la réglisse rouge bon marché fondue.

Là encore, la description sur le menu laissait espérer une création fine et surprenante, mais la réalité de l'assiette était tout autre.

Et, vérification faite, c'était bien une sauce aux réglisses Twizzler. À ce que je sache, ça n'a pas grand-chose de canadien.

NOTRE VERDICT 

Prix : entrées entre 12 $ et 16 $ ; plats entre 14 $ et 38 $ ; desserts, 8 $.

Carte de vins : La carte est canadienne à 40 % environ et montée avec un certain soin. Mais les marges sont costaudes : parfois on demande plus du triple du prix de la SAQ.

Service : Décevant. Souriant, mais avec un certain penchant pour des erreurs déconcertantes.

Décor : Très soigné, sur le thème « Canada », avec un immense billet de deux dollars, des objets de hockey, un panache et tutti quanti.

Plus : La décoration sympathique, le concept

Moins : Le service et la cuisine

On y retourne ? Je ne crois pas.




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