Les Québécois fous des marchés publics

Une visite au marché, c'est aussi l'occasion de... (Photo Alain Décarie, La Presse)

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Une visite au marché, c'est aussi l'occasion de rencontrer les producteurs, comme ici au marché du village de Val-David dans les Laurentides, au nord de Montréal.

Photo Alain Décarie, La Presse

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Avec une croissance annuelle de plus de 10% depuis quelques années, les marchés publics poussent comme des champignons, partout au Québec.

À sa création, il y a 10 ans, l'Association des marchés publics du Québec comptait une soixantaine de membres: il y en aura 103 cette année, dont 12 nouveaux qui viennent de la ville, comme de la campagne.

«Depuis 10 ans, il y a eu une grande conscientisation de la part des consommateurs, dit Diane Séguin, présidente de l'Association (AMPQ). Les gens veulent acheter local, de plus en plus. Personnellement, mon dada, c'est la traçabilité. Quand tu rencontres un producteur, tu sais qui il est et tu peux même aller visiter sa ferme.»

Tous les marchés québécois ne sont pas membres de l'Association. Les marchés privés, joliment présentés pour rappeler le marché fermier, ne sont pas admis. D'autres préfèrent tout simplement faire cavalier seul. Pour faire partie du groupe, le marché doit être un organisme sans but lucratif et doit être soutenu par sa municipalité. La moitié se trouve dans les villes, comme les populaires marchés Jean-Talon, Atwater, Lachine et Maisonneuve à Montréal et le marché du Vieux-Port de Québec. Des plus petits naissent au coeur des villes et villages. Ils sont majoritairement saisonniers.

Au départ, certains commerçants locaux voient d'un mauvais oeil l'arrivée de vendeurs occasionnels qu'ils considèrent comme des compétiteurs. Or ce n'est pas le cas, soutient Diane Séguin, chiffres en mains. «Les gens dépensent à peu près le même montant dans les commerces locaux, les jours de marché.»

À Saint-Apollinaire, le groupe qui a lancé le marché public, il y a trois ans, a eu l'expérience inverse. «Nous sommes directement allés voir le propriétaire du IGA, car plusieurs de nos producteurs font affaire avec lui et ils ne voulaient pas se le mettre à dos», raconte Danielle Raymond, responsable du marché Goûtez Lotbinière qui a commencé sa saison hier... au IGA de Saint-Apollinaire! Le marchand en question a non seulement été favorable à l'arrivée du marché, mais il accueille les producteurs chez lui, un soir de fort achalandage.

L'expérience a de toute évidence été un succès: le même commerçant accueille cette année un nouveau marché dans son autre établissement, à Sainte-Marie en Beauce, et Lotbinière aura un deuxième marché, plus petit, dès samedi matin.

Un attrait touristique

Le marché de Deschambault, dans Portneuf, lance aussi sa saison demain matin, pour une neuvième année. Au départ, ce sont des producteurs de la région qui ont lancé le projet, appuyés par la Ville. «La municipalité a rapidement vu que le marché pouvait attirer du monde, dit Anne-Marie Melançon, coordonnatrice du marché de Deschambault. Et effectivement, c'est devenu un attrait touristique, en même temps que c'est un service pour la collectivité.» Il y a environ 500 visiteurs au marché les samedis matin et autour de 40% seraient des touristes, explique Mme Melançon. «Il y a beaucoup d'ambiance, dit-elle. Les gens ne font plus seulement leur épicerie, ils font une sortie en famille!»

Tout n'est pas que rose dans le monde des marchés. Quelques-uns sont aussi disparus dans la dernière décennie, parfois faute de gestionnaires qui ont le sens des affaires. Car, rappelle Diane Séguin, un marché, c'est d'abord et avant tout un espace commercial. Selon une étude faite l'année dernière par l'AMPQ, les clients dépensent en moyenne 33$ lors de leur visite au marché.

Le principal défi pour les dirigeants de ces commerces saisonniers est de recruter des producteurs alimentaires qui sont prêts à laisser le champ ou les cuisines une journée ou deux par semaine pour aller rencontrer les clients. En même temps, c'est leur plus grand plaisir, dit Diane Séguin qui a lancé le marché de Val-David, il y a 15 ans. «À la fin de la première journée, certains producteurs pleuraient, raconte-t-elle. Ils avaient rencontré des gens qui leur disaient qu'ils aimaient leurs produits, ce qu'ils ne pouvaient pas faire ailleurs.»

LES MARCHÉS PUBLICS...

Où sont-ils? 

En Montérégie, beaucoup. Le tiers des marchés (membres de l'AMPQ) se trouve dans cette grande région administrative, riche en population et en agriculture. Le Bas-Saint-Laurent et la région de la Capitale-Nationale, qui comprend Charlevoix, en comptent aussi plusieurs, respectivement huit et sept.

Quel âge ont-ils? 

Ils sont bien jeunes. Plus du tiers des marchés publics du Québec ont moins de cinq ans. Par contre, il existe quelques aïeuls: Saint-Jérôme (1860), Saint-Hyacinthe (1830) et Shawinigan (1902) sont les marchés patrimoniaux du Québec.

Qui sont-ils? 

Chaque marché choisit la personnalité qu'il veut se donner. Certains accueillent des artisans, d'autres sont exclusivement dédiés aux producteurs alimentaires. Toutefois, pour faire partie du regroupement provincial, les deux tiers des commerçants d'un marché public doivent faire de l'agroalimentaire.

Quand y aller? 

La majorité des marchés publics sont ouverts du mois de juin au mois de septembre, mais 17% ouvrent à l'année. Seulement 30% ouvrent plus d'une journée par semaine et, sans surprise, samedi est le jour le plus populaire pour les marchés!

12 nouveaux marchés

Lotbinière, Saint-Constant, Mékinac, Cowansville, Lennoxville, Varennes, Brossard, Desjardins Moulinois, Maskoutais, Quartier de l'Est (Laval), Côte-Saint-Luc, Saint-Malachie.

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