Chasser le stress pour réussir sa rentrée

Qu'on soit petit ou grand, toutes les rentrées... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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Qu'on soit petit ou grand, toutes les rentrées scolaires sont donc susceptibles de causer du stress.

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Bien sûr, il y a les exposés oraux. Et les examens ministériels. Ou les examens tout court. La rentrée scolaire demeure un moment propice à une poussée de stress chez les enfants et les ados. Notre journaliste décortique ce cocktail potentiellement nocif et suggère des stratégies pour le maîtriser.

Stress: la recette parfaite

Le stress n'est pas une émotion négative «à la base», signale la psychoéducatrice Solène Bourque. «C'est une réponse qui est censée nous aider à nous sortir d'une situation dangereuse», résume-t-elle. 

L'adrénaline qui provoque la fuite devant une menace ou qui donne de l'énergie lors d'une compétition sportive est une alliée. Le stress négatif, lui, mine les pensées, les émotions et les performances. Sonia Lupien, neuroscientifique et directrice du Centre d'études sur le stress humain (CESH), a repéré quatre composantes principales du stress, réunies dans l'acronyme CINÉ : un sentiment de contrôle diminué (C), l'imprévisibilité (I), la nouveauté (N) et le sentiment que son ego (sa personnalité) est menacé (É).

Passage au secondaire

«La difficulté pour les petits, c'est de se séparer de leurs parents, résume Martine Desautels, enseignante au primaire depuis plus de 20 ans. Ce qui stresse les plus grands, c'est de savoir s'ils seront dans la même classe que leurs amis.»

Qu'on soit petit ou grand, toutes les rentrées scolaires sont donc susceptibles de causer du stress. Or, Sonia Lupien a constaté une augmentation très importante de l'hormone de stress chez les enfants d'environ 12 ans lors d'une étude, réalisée en 2000. Ce n'est pas la puberté qui est en cause, selon ses recherches, mais le passage à l'école secondaire, une transition où tous les ingrédients du stress sont potentiellement réunis.

Signes extérieurs

Irritabilité, perte d'appétit, agitation, conflits, tics (comme se ronger les ongles): enseignantes et psychoéducatrices nomment quantité de signes qui témoignent du stress vécu par un enfant. «Le stress de performance est beaucoup plus présent. Je trouve que les parents en demandent beaucoup aux enfants», estime Martine Desautels, évoquant ces petits «aux horaires de premier ministre».

Les psychoéducatrices Mélanie Desjardins et Solène Bourque précisent que les enfants et les ados conscients de leurs difficultés scolaires ou de leur manque d'habiletés sociales (difficulté à se faire de nouveaux amis, par exemple) sont plus susceptibles de ressentir du stress à la rentrée.

Effets sur la santé

Le stress, du moins le mauvais stress prolongé, c'est mal... Le CESH indique que l'exposition «prolongée et répétée» à des situations stressantes est néfaste pour la santé: maladies cardiaques, pression artérielle élevée, taux de cholestérol élevé, diabète de type 2, dépression et épuisement sont au nombre des conséquences possibles.

«Le stress chronique pourrait faire qu'un enfant devient plus fragile devant des situations qui ne sont pas stressantes, mais qui génèrent chez lui une anxiété beaucoup plus grande», dit Solène Bourque. Elle précise que, chez l'enfant, le stress est rarement chronique et dysfonctionnel. «Tant que le quotidien n'est pas affecté, ça va, on peut le gérer à la maison», souligne la psychoéducatrice.

Une rentrée bien encadrée

«Le stress à la rentrée va être étroitement lié à l'accueil fait par le milieu scolaire», fait valoir Mélanie Desjardins. Inviter les futurs élèves de maternelle à visiter l'école contribue à le diminuer. Commencer l'année en accueillant les petits seulement une demi-journée au cours des deux premiers jours (rentrée dite «progressive») est également une bonne idée. 

Ce genre de stratégie est aussi bon pour les plus grands. «Il y a des endroits qui accueillent les élèves de première secondaire sans ceux des autres niveaux, remarque aussi la psychoéducatrice. Ça leur permet de vivre ça en sous-groupe, de se faire des repères et d'entrer en contact avec les personnes-ressources de manière plus aisée.» Ces journées d'intégration permettent en effet aux ados de se familiariser avec le fonctionnement et les espaces de vie de leur nouvelle école avant la cohue de la rentrée.

S'organiser, relativiser

Pour diminuer la pression au moment de la rentrée, Solène Bourque conseille de bien s'organiser. Les détails font parfois toute la différence: préparer les lunchs la veille, choisir les vêtements pour le lendemain au moment du coucher et même mettre la table pour le déjeuner avant d'aller au lit. «Ça fait qu'on est moins pressé le matin», dit-elle. Il faut aussi mettre les choses en perspective. La psychoéducatrice, qui enseigne aussi au collégial, évoque une élève qui se rendait malade d'angoisse à force d'étudier, alors qu'elle frisait déjà les 90 %. «Je lui disais qu'elle se mettait beaucoup trop de pression. Pour gagner quoi à la fin, 2 %?», s'interroge-t-elle.

Et décrocher!

Il ne faut pas hésiter à... décrocher de la rentrée! Oui, il est important de questionner notre enfant sur sa journée et de l'écouter la raconter. Mélanie Desjardins précise qu'il est aussi primordial de demander aux enfants ce qu'ils ont aimé et dans quoi ils se sont trouvés bons. «Ça diminue le stress en augmentant l'estime de soi », explique-t-elle. Solène Bourque ajoute que, si un retour sur la journée passée à l'école s'impose, il ne faut pas passer la soirée là-dessus. « C'est une chose qui va aider à décrocher, à éliminer le stress, à faire en sorte qu'il y a des moments agréables qui vont compenser l'adaptation à la nouveauté, dit-elle. Je crois qu'il faut trouver l'équilibre entre le fait de nommer les émotions vécues durant la journée et passer du bon temps en famille, sans parler que de l'école.» Ce n'est pas parce que l'école recommence qu'on ne peut pas sortir faire un tour après le souper afin de prolonger un peu l'esprit des vacances!

«« On considère que le stress fait partie des problématiques en croissance. On fait face quotidiennement à des enfants anxieux devant les tâches [qu'ils doivent accomplir]. »

- Mélanie Desjardins, psychoéducatrice en milieu scolaire»





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