Musique et puberté: Forever Young!

La musique écoutée durant notre adolescence reste marquée... (Photothèque Le Soleil)

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La musique écoutée durant notre adolescence reste marquée dans notre cerveau alors bouillonnant d'hormones et d'émotions intenses.

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C'est neurologique, la musique de notre adolescence nous reste tatouée à vie.

Depuis la sortie du film 1987, vous vous êtes remis à écouter Alphaville en cachette? Vous chantez à nouveau les Pet Shop Boys sous la douche? Et vous vous dites que Quiet Riot, franchement, ça fessait? Vous n'êtes pas seul.

Et non, vous ne souffrez pas de nostalgie aiguë. Enfin si, peut-être un peu. Mais ça n'a rien à voir. Car voyez-vous, vous n'y êtes pour rien. Quelque part, on est tous programmés comme ça. Ce qu'on écoute à l'adolescence nous reste tatoué sinon sur le coeur, du moins dans le cerveau. Et ce, pour la vie.

Un article fascinant publié récemment dans la revue en ligne Slate révèle une foule d'études scientifiques qui confirment toutes cette théorie.

Oui, aussi absurde que cela puisse paraître (parce que bon, franchement, Alphaville, on pourrait objectivement en revenir!), la musique de notre adolescence reste accrochée dans notre cerveau plus que n'importe quelle autre musique découverte à n'importe quel autre âge.

Une question d'identité

D'abord, parce que le cerveau est en pleine ébullition à cet âge, tout particulièrement entre 14 et 24 ans. Les hormones aidant, tout ce qui nous arrive à l'adolescence nous semble alors fondamental. Les premières amours, les premières relations, tout comme... les premiers albums. Le psychologue Daniel Levitin, à qui l'on doit le livre This Is Your Brain on Music, indique ici que l'adolescence coïncide en prime avec l'âge où l'on fait ses premières découvertes musicales. « On écoute la musique de nos amis, et cela devient un signe d'appartenance à un groupe, la musique se mêle à notre notion d'identité. »

... une question d'émotions

Soit. Mais pourquoi ces tounes restent-elles ainsi dans nos tripes toute notre vie? Robert J. Zatorre est codirecteur du Brams, le laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son, et professeur à l'Institut neurologique de Montréal. Il explique en entrevue que notre cerveau a tendance à retenir les moments où l'on a vécu les plus fortes émotions. C'est pourquoi, entre autres, tout le monde se souvient du matin du 11 septembre 2001. Parce que cette date reste très chargée, symboliquement, émotivement. De la même manière, toutes ces premières, vécues à l'adolescence, restent gravées dans nos mémoires, parce qu'elles ont été vécues intensément. Merci, hormones...

... et une question de plaisir! 

Quant à savoir pourquoi les Pet Shop Boys vous donnent toujours une envie aussi irrésistible de danser, même après toutes ces années, il faut aller chercher ailleurs. Robert Zatorre a démontré, il y a quelques années, que quand nous écoutons une musique qui nous plaît, une grande quantité de dopamine, comparable à ce que l'on observe avec d'autres stimuli, notamment la cocaïne, l'alcool ou le sexe, était libérée. « Or, tous ces stimuli sont biologiques. La musique est le seul stimulus abstrait », signale le chercheur.

Se pourrait-il que la musique qui provoquait jadis tant de plaisir dans nos oreilles continue de le faire à l'âge adulte? Notre cerveau aurait-il en quelque sorte une mémoire de ce plaisir de jeunesse? « C'est une bonne question. Nous n'avons pas de réponse. Mais c'est une expérience qu'on aimerait faire », répond le chercheur.

À l'adolescence, on est particulièrement sensible au plaisir. « Le système dopaminique est suractivé, nous avons beaucoup plus de réponses à différents stimuli, confirme M. Zatorre. Donc, si une musique nous a procuré beaucoup de plaisir à l'adolescence, probablement qu'elle va nous en donner encore beaucoup à l'âge adulte. [...] Ça n'a jamais été démontré, mais c'est une bonne hypothèse. »

Bref, vous pouvez continuer d'écouter Forever Young en paix. Ça fait probablement du bien à votre cerveau.

C'est à 14 ans que ça se passe

Pour les 70 ans de Bob Dylan en 2011, le New York Times a noté qu'une foule de grands noms allaient atteindre également cet âge vénérable dans les mois à venir, citant Paul Simon, Paul McCartney, Lou Reed et autres Jimi Hendrix. Et où étaient tous ces grands noms, quelque 50 ans plus tôt, à 14 ans, disons? Au coeur des balbutiements du rock'n'roll. « Ils ont tous eu 14 ans à une époque historique, autour des années 1955 et 1956. » Coïncidence? Quand les Beatles ont fait leur grande apparition à l'émission The Ed Sullivan Show en 1964, poursuit le journaliste, qui, pensez-vous, avait 14 ans, précisément? Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Billy Joel. Oui, c'est à 14 ans que, musicalement, tout se passe, semble-t-il...




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