Cuisine libanaise: bon appétit!

Les Fahs du Liban... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

Agrandir

Les Fahs du Liban

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Partager

Sur le même thème

Il y a 30 ans, quand ils ont quitté un Liban en guerre pour s'installer à Montréal avec leurs jeunes enfants, Ali et Saada Fahs ont dû faire preuve de débrouillardise pour reproduire les saveurs laissées derrière. «À l'époque, je faisais tout moi-même. Pour le labneh (le fromage libanais), nous achetions le lait directement à la ferme. Maintenant, je trouve tout ici!» relate Saada dans une allée du marché Al Hilal, rue Fleury, à quelques minutes du domicile de la famille à Montréal-Nord.

«Si tu veux acheter des baklavas, prends ceux de cette marque-ci: ils sont très bons», suggère Mme Fahs, qui vient de commander du boeuf haché hallal à son boucher. Nous choisissons aussi un paquet de pains markouk pour cuisiner les msakhanes ou «fajitas» libanais. La boulangerie-boucherie Al Hilal, qui prépare ses propres pizzas au zaatar, propose une vaste panoplie de produits du Moyen-Orient: hummus, épices sept poivres, eau de rose, lentilles... «Plus tard, je vais te faire goûter le halawa», annonce Saada.

Presque tous les samedis, Saada Fahs cuisine pour son mari, ses six enfants et ses trois petits-enfants. Nous la voyons se métamorphoser en pieuvre dans la cuisine du sous-sol de la demeure familiale. En moins de 90 minutes, elle fait apparaître, en simultané, du burghoul au poulet, les msakhanes, les patates à l'ail, l'hummus maison, les salades... Ali Fahs fait irruption dans la cuisine avec des pots de marinades de la marque Gardenia, qu'il importe et vend à des commerces montréalais. «J'ai complètement cessé de cuisiner le jour où je me suis marié», clame le sympathique homme d'affaires, s'attirant du coup les protestations de Jinane, sa fille de 26 ans. «C'est faux! Hier, il a préparé du saumon aux fruits, c'était délicieux!»

«La cuisine et moi, nous ne sommes pas des amies. Mon amie d'ici m'a donné une recette de pain aux bananes: c'est à peu près la seule chose que je cuisine», poursuit la jeune femme, qui se révèle très efficace pour prêter main-forte à sa mère en lavant la laitue et en roulant les msakhanes au poulet.

Les saveurs du Moyen-Orient sont à l'honneur, le jour de notre visite. «J'ai une famille de gourmands», dit en souriant Saada Fahs, qui ne connaît aucune frontière culinaire. Jinane lui donne parfois des recettes de Ricardo découpées dans des magazines. Et pour s'inspirer, Saada visionne sur YouTube des clips de Manal Al Alem, la Josée di Stasio du monde arabe. «Je cuisine de tout. Autant des spaghettis, des macaronis que le poulet à la crème...» résume Saada Fahs. Même du pâté chinois? «Oui, bien sûr.» Et la poutine, vous connaissez? «On en commande parfois le soir. Ça, et la pizza.»

Malgré tout, Saada conserve des goûts traditionnels et une nostalgie de son Liban natal. Elle préfère prendre ses repas dans «l'ancienne» salle à manger de la maison, assise sur les coussins déposés au sol, autour d'une table basse. «Il y a une spécialité libanaise un peu lourde. Ça s'appelle le mjadara, je le fais rarement parce que mon mari et mes enfants n'aiment pas ça. C'est à base d'oignons frits, presque brûlés, de lentilles et de boulgour. Moi, j'aime ça. J'en mangeais souvent quand j'étais petite.»

Jinane, c'est tout le contraire: elle adore goûter de nouveaux plats. Ce soir, elle ira rejoindre une bande de copains pour essayer un nouveau resto de sushis à Laval. «Tu veux voir ma collection de foulards?» propose-t-elle, avant de monter à sa chambre à l'étage pour nous dévoiler deux tiroirs pleins à craquer de voiles soigneusement roulés, aussi colorés qu'une bonbonnière.

Autour du copieux festin déposé sur la grande table de la salle à manger des Fahs, Saada nous parle de son prochain pèlerinage à La Mecque, dans quelques jours. Jinane relate les hauts et les bas de sa nouvelle vie d'enseignante suppléante au secondaire. «C'est un travail qui me passionne vraiment, j'adore ça. Parfois, c'est vrai que mon voile en dérange certains. La semaine dernière, deux filles ont dit que je n'avais pas besoin de déguisement d'Halloween...»

La conclusion de ce dîner libanais est un dessert typiquement dégusté pendant la période du ramadan, le Aish el saraya, une succulente composition de pain nappé d'une onctueuse crème aromatisée à l'eau de rose. Mais comment faites-vous, mesdames, pour garder la ligne? «Je vais beaucoup au gym!» concède Jinane.

Dans les paniers

Feuilles de vigne farcies, eaux de rose et de fleur d'oranger, pains markouk, fromage labneh, légumes (laitue, tomates, concombres, brocoli, céleri, carottes, patates, piments, champignons, aubergines), viande halal, lentilles, blé concassé, semoule, pois chiches, marinades, épices sept poivres, olives

Adresses

Boucherie-Boulangerie Al Hilal: 3680, rue Fleury Est

Produits Gardenia (en vente un peu partout, entre autres dans les supermarchés P.A.)

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Cuisine antillaise: <em>bon apeti</em>!

    Cuisine

    Cuisine antillaise: bon apeti!

    «J'adore créer», déclare Marie-Michèle Désormeaux, qui nous invite à admirer son catalogue de gâteaux de mariage, de baptême et de communion.... »

  • Les recettes libanaises, portugaises et haïtiennes

    Recettes

    Les recettes libanaises, portugaises et haïtiennes

    On trouve dans la métropole des dizaines d'épiceries spécialisées où se procurer du papo seco, du labneh, de la cassave et tous les ingrédients pour... »

  • Cuisine portugaise: <em>bom apetite!</em>

    Cuisine

    Cuisine portugaise: bom apetite!

    Samedi grouillant de monde au marché Sakaris, boulevard Saint-Laurent. Maria Parente s'arrête près de la caisse pour papoter en portugais avec une... »

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer