Bordeaux 2010 : à revoir dans 30 ans

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Le président de l'Union des grands crus de Bordeaux Olivier Bernard explique que les vins issus de la récolte 2010 possèdent plus d'acidité que les 2009. Selon lui, cette caractéristique demandera aux 2010 de rester plusieurs décennies dans le cellier avant d'être appréciés.

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Karyne Duplessis Piché, collaboration spéciale
La Presse

Les Grands crus de Bordeaux 2010 étaient à l'honneur samedi dernier à Montréal. Conclusion des experts : il faudra être patient avant de les goûter de nouveau, car les vins de ce millésime ont un potentiel de garde hors du commun.

Le directeur du château Giscours à Margaux, Alexander Van Beek est clair : le millésime 2010 est le meilleur qu'il a produit depuis les 25 dernières années. Il assure que les vins de cette récolte traverseront le temps.

« Les vins de 2010 sont moins brillants que les 2009, dit-il. Mais leurs tannins sont d'un soyeux comme on n'en a jamais vu. Ils pourront se garder de 30 à 40 ans. »

Le président de l'Union des grands crus de Bordeaux, Olivier Bernard, va encore plus loin. Grâce aux nuits fraîches du mois d'août précédent la vendange, il explique que les vins issus de la récolte 2010 possèdent plus d'acidité que les 2009. Selon lui, cette caractéristique demandera aux 2010 de rester plusieurs décennies dans le cellier avant d'être appréciés.

« C'est le millésime avec le plus grand potentiel de garde depuis les 30 dernières années à Bordeaux, ajoute M. Bernard. Plus que 1989 et que 2000. Les 2010 seront bons dans cinq ans. Mais pour ceux qui ont de la patience, je garantis qu'ils le seront encore dans 50 ans. »

Le chroniqueur à La Presse Jacques Benoît qualifie les vins du millésime 2010 comme étant classiques avec « des tannins très beaux et très serrés. » Seule déception : quelques St-Émilion et Pomerol dont l'extraction était aussi poussée qu'en 2009, ce qui engendre des vins parfois trop concentrés. Le spécialiste remarque également que les taux d'alcool des cuvées 2010 étaient aussi élevés que ceux de la récolte précédente.

Les grands crus 2010 de Bordeaux arriveront au Québec l'automne prochain.

2011 et 2012 moins réussis

Après deux millésimes consécutifs qualifiés d'exceptionnels par les experts, les critiques ont été moins élogieuses pour les cuvées 2011, goûtées en primeur en avril dernier. Les vins de 2012 pourraient recevoir des commentaires semblables, puisque la pluie tombée au moment de la vendange a rendu plus difficile la cueillette des raisins.

« Les vins de 2011 et 2012 sont les plus compliqués qu'on ait jamais fait, explique Olivier Bernard. On a fait des jolis vins, mais ils sont très irréguliers. Les châteaux qui ont réussi leurs 2012 ont travaillé fort dans les vignes. »

Plusieurs représentants de châteaux bordelais assurent toutefois que le merlot, davantage présents sur la rive droite, sera meilleur qu'en 2011. Il a été vendangé à pleine maturité avant la pluie, ce qui n'est pas le cas du cabernet-sauvignon.

« Les cabernet-sauvignon ont été vendangés trop tôt, précise Ludovic David du château Marquis de Terme. Il a fallu le ramasser, car il s'est mis à pleuvoir. »

Le président de l'Union des crus classés de Graves, Éric Perrin assure pour sa part que les blancs seront délicieux.

« Les blancs sont très homogènes, dit-il. L'été frais a permis de garder une belle acidité. »

Des prix à la baisse pour 2012

Les Bordeaux 2012 seront peut-être moins bons, mais ils seront aussi moins chers. C'est du moins ce que prédisent plusieurs directeurs de châteaux.

« On est dans une année de crise, explique Christine Lurton- de Caix du château Dauzac. Si on veut vendre notre vin, il faudra rester sur les prix de 2011. »

Le succès des derniers millésimes a fait exploser le prix des Primeurs. Si bien que certains experts, comme Robert Parker, avaient critiqué les Bordelais. Les notes moins élogieuses attribuées aux cuvées 2011 ont ensuite forcé les producteurs à revoir leurs prix à la baisse. Le scénario pourrait se répéter pour les vins de la dernière vendange.

C'est aussi ce que croit le président de l'Union des Grands crus. M. Bernard juge que « les 2011 étaient trop chers. » Il prévient toutefois que le prix des 2012 ne descendra pas au niveau des 2008.

Les commentaires de Jacques Benoît sur les Bordeaux 2010 seront publiés dans La Presse en février.

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