Le vin bio existe-t-il?

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Karyne Duplessis Piché, collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) De passage au Québec cette semaine, le directeur du salon Vinexpo, Robert Beynat, a tenu des propos qui suscitent l'ire de nombreux professionnels du vin dans la province.

«Les vins bios, ça n'existe pas, a affirmé M. Beynat en entrevue à La Presse, lundi. Tous les vins sont bios.»

Le directeur du plus grand salon du monde dédié aux vins et aux spiritueux l'a répété sur d'autres tribunes. Il n'en fallait pas plus pour ouvrir un véritable débat.

L'agent québécois Alain Rochard, qui possède également un vignoble biologique dans le sud de la France, est furieux.

«Il envoie une information qui est totalement fausse, dit-il. On est d'accord que les vins bios ne sont pas nécessairement meilleurs que ceux élaborés selon une méthode conventionnelle. Mais ils (les vignerons bios) ont une méthode de travail différente [...]. Ils n'utilisent pas de produits de synthèse.»

Or, M. Beynat n'adhère pas du tout à ce principe. Selon lui, lorsque les vignes sont malades, tous les producteurs doivent utiliser des produits chimiques pour soigner leurs plants et sauver leur récolte... même ceux qui pratiquent une agriculture biologique.

Alain Rochard assure pourtant le contraire. Il affirme que les règles afin d'obtenir les certifications d'une agriculture biologique sont très strictes. Il préfère perdre sa récolte que d'utiliser des produits chimiques dans ses vignes.

L'auteure du Guide du vin, Nadia Fournier a assisté mardi à la conférence de presse de Robert Beynat, où il était question de tendances en consommation de vin. Le discours du directeur de Vinexpo sur le bio l'a également choquée.

«Ce sont des propos d'une autre époque, dit-elle. Il faut vivre dans le déni pour réfuter l'existence du bio. Dire que ça n'existe pas et que les grands dégustateurs ne font pas la différence, c'est un gros amalgame maladroit.»

Joint chez lui à Bordeaux après coup, Robert Beynat avoue qu'il a été «provocateur.» Il nuance ses propos en expliquant que le vin est une boisson plus naturelle que beaucoup d'autres produits alimentaires. Il maintient cependant que les contrôles entourant les vins bios ne sont pas encore assez établis et efficaces.

«Je suis pour les vins bios, précise-t-il. Qui pourrait contre les produits biologiques? [...] J'ai cependant des doutes sur les contrôles. Rien ne me dit que ce vin est plus bio qu'un autre. Ça m'ennuie que des producteurs s'appuient sur ces arguments pour vendre leurs vins plus chers ou en plus grande quantité.»

Alain Rochard songe à regrouper plusieurs défenseurs des vins bios pour exposer leur point de vue lors du prochain passage de Vinexpo au Québec, en 2015.

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