L'intrigant vignoble basque

La vigne s'accroche comme elle peut.... (PHOTO FOURNIE PAR LE DOMAINE)

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La vigne s'accroche comme elle peut.

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(Saint-Jean-Pied-de-Port) Ils ont un fort caractère, fier et frondeur. Ils sont libres de tout diktat des styles en vogue. Ils parlent une langue bien à eux. Ils ont des origines mystérieuses. Bref, ils sont les moins français des Français. On parle ici des Basques. Enfin, de leurs vins.

Les vins basques nous parviennent d'Irouléguy, une petite appellation où poussent à peine 250 hectares de vigne dans une quinzaine de villages de Basse-Navarre, dans les Pyrénées. On n'est pas à Bordeaux. La vigne ne domine pas le paysage. Il faut la chercher, au détour d'un virage en épingle à flanc d'une montagne. Plus en altitude, on aperçoit des centaines de brebis en transhumance qui broutent l'herbe de montagne qui leur permettra, l'hiver venu, de donner le lait qui produira les fabuleux fromages Ossau-Iraty.

C'est par ces montagnes que la vigne serait arrivée d'Espagne, il y a plus de 1000 ans. Malgré toute cette histoire, l'appellation locale est jeune et méconnue.

Sur des sols de grès rougeâtre, d'argile, de schiste ou de calcaire, on cultive en rouge les cépages tannat, cabernet franc et sauvignon. Des cépages internationaux qui s'expriment ici d'une manière différente. On mise surtout sur le plaisir, la gourmandise, le caractère des lieux, plus que sur la puissance.

«Nos vins sont issus de cépages dits internationaux, mais ils sont originaires d'ici. Quand on décrit un terroir, on parle de sa géologie, du relief. Mais il y a aussi la culture des gens. Il faut avoir du tempérament pour vivre accroché à nos montagnes. Le vin a, comme nous, du caractère», décrit Peio Espil, du domaine Ilaria, à Irouleguy.

On connaît moins les blancs du pays, faits de gros et petit manseng et de petit courbu. C'est pourtant de ce côté qu'on trouve certaines des plus belles réussites.

«On se rend compte que nous avons de grands terroirs à blanc», explique Thérèse Riouspeyrous, du domaine Arretxea, voisin d'Ilaria. La maison produit, en blanc, trois cuvées parcellaires issues de sols différents, d'une richesse et d'une minéralité remarquables.

Ilaria et Arretxea travaillent en agriculture biologique depuis une vingtaine d'années. Un type de culture qui demande beaucoup de travail et de foi.

«Tout le monde croit, parce que nous sommes dans le Sud-Ouest, que c'est facile. Mais on est en montagne ici. Il tombe 1500 mm de pluie par année. Cette année on est déjà rendu à 3000! Cela fait obstacle au mûrissement du raisin», expliquait Mme Riouspeyrous en août.

Jean-Claude Berrouet, un natif du pays qui dirige depuis des décennies le célébrissime Pétrus, à Pomerol, y cultive quelques parcelles desquelles naît le superbe Herri Mina.

La palme de l'originalité revient à Bitxinxo Aphaule au domaine Bordatto. Propriétaire d'une microparcelle de vieilles vignes de tannat qui donne 1300 bouteilles par an, il produit un vin différent chaque millésime, en fonction du type de raisin que lui aura donné la saison. Tantôt rosé, rouge, ou comme en 2011, doux naturel muté à l'eau de vie des pommes qu'il produit. Car Bitxinxo est aussi pomiculteur et produit de grands cidres, autre spécialité basque.

Mais ça, c'est une autre histoire.

Deux très bons Irouléguy disponibles chez nous:

- Domaine Ilarria 2011, 25,85$ (10783694)

- Domaine Arretxea 2011, 29,85$ (12097911)

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