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Les vendanges à la main? Plus vraiment...

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La vendange à la main permet de préserver la grappe, de faire le tri et apporte des gains en termes d'image.

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Sandra LAFFONT, Laurent ABADIE
Agence France-Presse
BORDEAUX

Loin de l'image d'Épinal du vendangeur au panier en osier sur le dos, la grande majorité des vignobles utilisent désormais des machines ultra-perfectionnées pour vendanger. Et la France est le numéro un du secteur.

Aujourd'hui, les vendanges sont mécanisées sur plus des deux tiers du vignoble français, sauf en Champagne, dans les Grands Crus de Bordeaux, Saint-Emilion, certains Bourgogne et dans les terrains dont la topographie ne permet pas le passage d'un tracteur comme le Côte-rotie, énumère Patrick Verheecke, président de Grégoire, constructeur français de vendangeuses basé à Cognac (Charente) et filiale du groupe italien Same Deutz-Fahr.

L'Hexagone est même le premier acheteur de vendangeuses au monde (50 % des 850 machines vendues chaque année) alors qu'il ne représente que 10 % de la surface mondiale de vignes. La raison en est que les structures sont plus petites en France: il y a donc une demande plus importante et plus éclatée, explique Patrick Verheecke.

Tri embarqué 

«La vendange à la main permet de préserver la grappe, de faire le tri et apporte des gains en termes d'image. La vendange mécanique apporte la rapidité, des réductions de coûts par rapport à la main d'oeuvre et aujourd'hui les machines permettent aussi des gains de qualité», commente Gilbert Grenier, spécialiste des agroéquipements et professeur à Bordeaux Science Agro.

Depuis leur arrivée dans les années 70, ces machines à vendanger se sont beaucoup améliorées et aujourd'hui peu de nouvelles avancées techniques sont à attendre.

Il y a eu un premier saut technologique au début du XXIe siècle grâce à un système de têtes qui enserre le matelas végétatif et le secoue de gauche à droite à grande vitesse, permettant aux raisins de ne plus être endommagés par la machine

En 2007-08, les constructeurs mettent même au point un système de tri embarqué qui permet d'avoir dans la benne très peu de déchets et d'exclure les grains pourris ou desséchés. «Une qualité comparable au tri manuel», assure un porte-parole de Pellenc, autre constructeur français basé à Pertuis (Vaucluse).

New Holland, filiale de l'italien Fiat et leader du marché des vendangeuses avec Pellenc, a même mis au point «opti-grape», qui assure moins de 0,1 % de déchet dans la récolte et exclut même des bouts de feuille de 1 cm2.

«Je suis déjà équipé en machine à vendanger, mais elle est vieillissante et les technologies avancent très vite. [...] Aujourd'hui, il y a un meilleur respect de la plante et des piquets qu'il y a 15 ans où l'on cassait beaucoup de bois qui rentrait ensuite dans la cuve», confirme Philippe Horaud, viticulteur à Villexavier, qui vend son raisin pressé à des distillateurs de Cognac.

Une première en Chine

Aujourd'hui en France, le marché est relativement stable car l'heure n'est plus à l'équipement, mais au renouvellement. Même si, selon le syndicat des constructeurs de machines agricoles Axema, la viticulture sera l'une des rares filières disposant encore de bonnes capacités d'investissement dans les mois à venir, compte tenu de l'effondrement des revenus des autres filières agricoles.

Une machine coûtant entre 120 000 et 250 000 euros, beaucoup de viticulteurs préfèrent d'ailleurs louer leurs équipements via des coopératives d'utilisation de matériel agricole (CUMA).

Dorénavant, les relais de croissance seront surtout à aller chercher à l'étranger, là où la vendange mécanique est encore peu répandue comme en Europe du Sud, en Amérique du Sud et en Asie ou en Russie ou Ukraine.

En Californie ou en Australie, les vendanges sont déjà mécanisées à 90 %, selon Grégoire.

«La Chine est un marché d'avenir qui se développe fortement, plus de 400 000 ha de vigne ont été plantés en 2013», selon le porte-parole de Pellenc.

Grégoire affirme y avoir vendu l'an dernier la première machine à vendanger du pays, à Yantaï, dans le nord de la Chine.

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