Négociations dans la LNH: hésitations et prudence

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(New York) Le fort vent d'optimisme qui soufflait sur la planète LNH, mardi à New York, a fait place à un optimisme beaucoup plus modéré, mercredi, lors de la deuxième journée de rencontres entre joueurs et propriétaires.

Après deux longues journées de pourparlers dans un hôtel de luxe de Manhattan, les deux parties n'ont toujours pas été capables de mettre fin à ce lock-out, qui dure depuis le 15 septembre. Les deux groupes ont discuté jusqu'à près de 1h du matin jeudi, après avoir amorcé les pourparlers à 9h.

> Philippe Cantin: Dans la douleur...

La journée de mardi s'était conclue sous le signe du progrès, mais celle de mercredi s'est déroulée sous le signe de la prudence. Les deux groupes, qui se sont rencontrés à plusieurs reprises lors de la journée, ont fait un peu de progrès, selon ce qu'il a été possible d'apprendre, mais rien pour ouvrir les bouteilles de champagne.

> Mathias Brunet: Ça a failli échouer

En coulisses, on laisse entendre que les joueurs et les propriétaires les plus «modérés», comme on le dit dans le milieu, veulent absolument sauver la saison, mais ils doivent aussi s'assurer de rallier ceux qui hésitent encore.

Le propriétaire des Bruins de Boston, Jeremy Jacobs, partisan de la ligne dure, était d'ailleurs le plus visible dans les corridors de l'hôtel. Avec lui, les dirigeants des Leafs de Toronto, du Lightning de Tampa Bay, des Jets de Winnipeg, des Flames de Calgary et des Penguins de Pittsburgh ont rencontré le groupe d'environ 18 joueurs, mené encore une fois par Sidney Crosby.

La journée a commencé sur une bonne note, avec une nouvelle proposition de la part du syndicat des joueurs. Les gouverneurs du circuit, qui ont tenu une rencontre indépendante de deux heures en matinée, ont étudié l'offre, et sont revenus à la charge avec d'autres suggestions.

Au terme de la réunion des gouverneurs, vers 13h, les dirigeants du circuit semblaient confiants pour la plupart, incluant la délégation du Canadien, composée du propriétaire Geoff Molson, du directeur général Marc Bergevin et du premier vice-président et chef de l'exploitation Kevin Gilmore. Les trois représentants du club montréalais ont toutefois refusé de commenter les négociations.

En début d'après-midi, le commissaire Gary Bettman a pris la parole très brièvement. «Nous sommes satisfaits de la façon dont le dossier se déroule», s'est-il limité à dire, sans répondre aux questions des médias.

Il semble dorénavant que les dirigeants de la LNH aimeraient conclure une entente à long terme avec les joueurs, soit un pacte de 10 ans. Donald Fehr, le patron du syndicat, a déjà fait savoir que les joueurs ne veulent pas d'un contrat à long terme, faisant valoir que cela serait injuste pour les futurs joueurs du circuit, et qu'il est impossible de prédire quels seront les profits de la LNH au cours des prochaines années.

Encore une fois, la journée de mercredi s'est déroulée sans Fehr ni Bettman, qui avaient choisi de rester en retrait. Les deux hommes étaient toutefois bien présents à l'étage où les pourparlers avaient lieu.

Pendant ce temps, les rumeurs ajoutent à ce scénario déjà dur à suivre. Les gouverneurs de la ligue auraient, entre autres, commencé à plancher sur un calendrier d'une cinquantaine de matchs, une information que la LNH n'a toujours pas confirmée pour l'instant.

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UN LONG FEUILLETON

15 septembre: Fin de la convention collective

15 septembre: Le commissaire Gary Bettman annonce le déclenchement du lock-out au terme d'une rencontre de deux heures avec les propriétaires. «Personne ne veut en venir à une entente et jouer au hockey plus que moi. C'est très difficile et je me sens mal d'en arriver là, mais nous n'avons pas le choix pour la stabilité à long terme de la LNH.»

19 septembre: La LNH annule la première portion de son calendrier préparatoire.

27 septembre: La LNH annule le reste de son calendrier préparatoire.

28 septembre: Les deux parties se parlent pour la première fois depuis le 12 septembre. On n'évoque cependant pas les aspects économiques, le noeud du conflit. «Ce n'est pas à l'agenda pour demain non plus, dit le numéro deux de la LNH, Bill Daly, mais qui sait?»

4 octobre: La LNH annule 82 matchs de la saison régulière jusqu'au 24 octobre.

9 octobre: La LNH annule 53 autres matchs, jusqu'au 1er novembre.

16 octobre: La LNH propose de ramener le partage des revenus à 50-50, alors que les joueurs touchaient 57% des revenus en vertu de l'ancienne convention collective. Deux jours plus tard, l'Association des joueurs fait une contre-proposition en trois offres distinctes. On annonce qu'on est prêt à ramener le partage des revenus à 50-50, à conditions de respecter les contrats existants. L'offre est vite rejetée par la LNH.

2 novembre: La Classique hivernale à Detroit est annulée.

6 novembre: Début de six jours de négociations. Gary Bettman, Don Fehr et plusieurs joueurs, dont Sidney Crosby, sont à New York pour les discussions. La LNH offre de payer 211 millions lors des deux premières années de l'entente pour contribuer à honorer les contrats existants. L'Association des joueurs s'attendait à 590 millions. Autre échec.

21 novembre: L'Association des joueurs accepte le principe du partage à 50-50 sur le champ et réduit l'écart salarial à 182 millions pour couvrir les pertes, mais cette offre est refusée par Gary Bettman. «Ça bouge, mais pas suffisamment», lance le commissaire.

23 novembre: La LNH procède à l'annulation des matchs jusqu'au 14 décembre, en plus du week-end des étoiles les 26 et 27 janvier à Columbus.

28 novembre: Première d'une série de deux rencontres de membres de la LNH et de l'Association des joueurs avec des médiateurs. Les rencontres sont groupées et les deux clans ne sont pas dans la même salle. Autre échec. «Les médiateurs en sont venus à la conclusion que les deux parties étaient encore loin d'une entente et qu'aucun progrès n'avait été enregistré, dit le numéro deux de la LNH, Bill Daly. Nous sommes très déçus.»

4 décembre: On amorce une nouvelle tentative de négociations, cette fois-ci en excluant Gary Bettman et Don Fehr du processus, en invitant des propriétaires en principe plus «ouverts», dont celui des Penguins de Pittsburgh, Ron Burkle. Plusieurs joueurs assistent à la réunion, dont Sidney Crosby et Jonathan Toews.

- Mathias Brunet

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