Paul Byron est candidat au trophée Masterton

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Paul Byron a été désigné comme le candidat du Canadien au trophée Masterton par les membres de la presse écrite de Montréal.

Bernard Brault, Archives La Presse

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Il s'est toujours fait dire qu'il était trop petit.

Il a poireauté pendant cinq ans dans les ligues mineures à attendre sa chance.

Ennuyé par les blessures, il a pensé partir vers l'Europe.

Puis, l'an dernier, les Flames de Calgary l'ont soumis au ballottage, et le Canadien l'a réclamé. C'était le tremplin dont Paul Byron avait besoin.

Le petit attaquant a mis moins d'une saison à convaincre Marc Bergevin qu'il méritait qu'on lui accorde un contrat de trois ans. Et quelques mois plus tard, il s'avère une aubaine pour un marqueur de 20 buts !

C'est pour la persévérance dont il a fait preuve afin d'atteindre ce haut niveau que Byron a été désigné comme le candidat du Canadien au trophée Masterton par les membres de la presse écrite de Montréal.

« Je pense que je peux servir d'exemple pour les joueurs de la Ligue américaine, croit le patineur de 27 ans. Souvent, les jeunes joueurs sont impatients et se frustrent de ne pas trouver leur place immédiatement dans la LNH. En sortant du junior, tout le monde se pense assez bon pour faire le saut tout de suite. Or, il faut demeurer patient et toujours garder sa concentration et le bon état d'esprit. »

Le poids, il s'en balance

Comme de nombreux jeunes Canadiens, l'histoire d'amour de Byron avec le hockey a débuté très jeune... et implique une patinoire extérieure. Celle construite à Ottawa derrière la maison des Byron faisait des jaloux dans le quartier. Le père de Paul avait même peinturé les demi-cercles du gardien et un centre de patinoire avec un logo d'équipe... Une vraie patinoire en bonne et due forme !

« L'année de la crise du verglas [1998], personne n'avait d'électricité, mais tous les enfants s'étaient rassemblés pour venir jouer au hockey chez nous. C'était superbe », se rappelle Byron.

Le jeune garçon a passé des heures à s'imaginer marquer des buts et esquiver des défenseurs imaginaires. Il ne vivait que pour le hockey.

Ses atouts l'ont fait progresser, mais à l'âge où certains adolescents deviennent des pans de mur, Byron est resté petit. Même si le hockey est aujourd'hui plus ouvert aux joueurs de sa taille, il a tenté de se frayer un chemin à une époque où son gabarit stigmatisait encore l'opinion que l'on se faisait de lui.

« Je vais garder cette étiquette aussi longtemps que je vais jouer au hockey. Quand tu mesures 5 pi 9 po et que tu pèses 160 lb, tout le monde te regarde en pensant que tu n'as pas d'affaire là.Ça ne me dérange pas. Dans ma tête, je suis 6 pi et 200 lb. Je ne laisserai pas un pèse-personne me dire quelle est ma grosseur ou de quelle manière je devrais jouer. »

Mauvais casting?

Les Sabres de Buffalo l'ont repêché au sixième tour en 2007, mais ils ne lui ont jamais trouvé de place. Voilà pourquoi Byron a été très encouragé par la transaction qui l'a envoyé chez les Flames, en 2011.

« Quand je suis arrivé à Calgary, Brent Sutter était l'entraîneur-chef. Il aimait ses gros gars de l'Ouest, ses plombiers... Il aimait le jeu prudent. Un jeune joueur n'avait pas le droit de commettre un revirement. J'ai fait ce que j'ai pu pour gagner son respect et jouer un style plus physique, mais c'est sûr que ce n'est pas celui qui me convient le plus. »

Dans ce casting improbable de joueur de quatrième trio au sein d'une équipe lourde, Byron a été pendant un certain temps le plus petit joueur dans l'Association de l'Ouest. Mais lorsque les Flames ont eu des doutes sur une blessure persistante à l'aine, ils ont jugé qu'il était de trop et l'ont soumis au ballottage.

« C'était la première année où nous étions installés à Calgary pour y habiter, et là, je me faisais dire qu'il se pouvait que je change d'adresse », raconte l'attaquant de 27 ans en se souvenant du sentiment étrange qui l'a habité lorsque le DG des Flames lui a annoncé la nouvelle.

Byron n'a jamais songé à abandonner, mais au milieu d'une situation professionnelle précaire et de quelques blessures embêtantes, il s'était mis à penser à l'Europe.

« Il m'est arrivé de me demander si le style européen ne me conviendrait pas davantage, avec moins de matchs, des déplacements plus faciles et moins de contacts physiques. Mais j'ai toujours cru que j'étais assez bon pour jouer dans la Ligue nationale et gagner la Coupe Stanley. J'ai toujours gardé ce rêve-là. »

C'est finalement dans la ville la plus européenne de la LNH que Paul Byron a trouvé son compte.

Même s'il avait réussi à intégrer un aspect plus abrasif à son jeu pour mériter sa place avec les Flames, Byron admet qu'il lui restait encore à mettre tous les morceaux du puzzle en place. « Ça ne s'est vraiment produit qu'après que je suis arrivé à Montréal », dit-il.

La suite est bien documentée : dans le jeu plus ouvert et plus rapide de l'Association de l'Est, Byron est devenu une véritable machine à échappée, un joueur efficace en infériorité numérique et, cette saison, celui qui vient au deuxième rang des meilleurs buteurs du Canadien.

Lors du récent passage du Tricolore à Calgary, des gens dans l'entourage des Flames ont admis qu'ils n'auraient jamais imaginé Byron atteindre un jour le plateau des 20 buts.

Mais dans l'environnement du Tricolore, qui sait jusqu'où sa persévérance pourrait le mener ?




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