Coupe Dunsmore: les mentors derrière Maciocia et Constantin

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Les entraîneurs Danny Maciocia, et Glen Constantin se retrouvent à nouveau en grande finale québécoise samedi.

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Les entraîneurs-chefs Danny Maciocia et Glen Constantin, dont les équipes s'affrontent à 14h à Québec ce samedi en finale de la Coupe Dunsmore, sont parmi les plus respectés au Canada. Forts d'une longue expérience, parvenus au sommet de leur profession, ils n'oublient pas les alliés qui les ont guidés dans leur ascension.

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« J'ai hérité du caractère de ma mère, mais mon père a été et reste mon mentor », dit Danny Maciocia, entraîneur-chef des Carabins de l'Université de Montréal.

Photo Bernard Brault, Archives La Presse

À Québec, Glen Constantin est lui-même considéré comme... (Photo Yan Doublet, Le Soleil) - image 1.1

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À Québec, Glen Constantin est lui-même considéré comme le mentor de toute une génération de jeunes entraîneurs qui sont passés par le Rouge et Or.

Photo Yan Doublet, Le Soleil

Pendant 20 ans, Cosmo Maciocia a été député à l'Assemblée nationale du Québec. Cela ne l'a pas empêché de toujours rester près de sa famille, de son fils Danny en particulier.

« Il n'était pas à la maison tous les jours en raison de sa carrière politique, mais il ne se passait pas une journée sans que je lui parle », a raconté l'entraîneur-chef des Carabins, hier midi à Québec, en marge de la cérémonie de remise des honneurs individuels du RSEQ.

« Et c'est encore vrai aujourd'hui. Il a été député pendant 20 ans et l'a toujours fait avec humilité. C'est ce que j'ai essayé de faire moi aussi et je crois que cela m'a beaucoup aidé. Quand j'étais à Edmonton, je l'appelais tous les matins en arrivant au bureau. Dans les moments difficiles, quand je négociais des transactions ou des mouvements de personnel, il me rappelait toujours l'importance de traiter les gens avec respect et intégrité, car on ne sait jamais quand ce sera notre tour.

« La dernière année, je me souviens qu'il a sauté dans un avion pour venir m'appuyer, ma famille étant en vacances à Montréal. Nous avions une mauvaise fiche, mais nous avions gagné un match important et il avait partagé ce beau moment avec moi. Le lendemain, j'ai appris mon congédiement et mon père était encore là pour me supporter. Je n'oublierai jamais ce que nous avons vécu ces jours-là. »

Maciocia se souvient aussi avec émotion que son père était à ses côtés, en 2014, quand les Carabins ont remporté la Coupe Vanier.

Et Cosmo Maciocia est encore là aujourd'hui. Il y a quelques semaines, c'est sur les lignes de côté que nous l'avons rencontré, avant un match des Carabins.

« Moi, j'ai joué au soccer en Italie, et un peu encore après mon arrivée au Canada, s'est souvenu M. Maciocia. Danny, lui, a tout de suite préféré le football. Plus jeune, je l'avais fait travailler avec moi dans les assurances, mais il passait ses journées à dessiner des schémas de jeu ! »

Fier du parcours de son fils, M. Maciocia est particulièrement heureux de le voir travailler maintenant avec des étudiants-athlètes. « Nous avons évidemment accueilli son retour à Montréal avec beaucoup de plaisir, explique-t-il. Danny a le football dans le sang et je ne sais pas ce que l'avenir lui réserve, mais je ne crois pas l'avoir vu plus épanoui que depuis qu'il dirige les Carabins.

« Travailler avec ces jeunes lui permet de transmettre des valeurs qui nous sont chères. Il parle souvent de la famille et c'est vrai que c'est très important pour nous [les gens d'origine italienne]. Mais c'est plus profond que cela encore. Ses joueurs, ses adjoints, ses collègues sont vraiment des membres de sa "famille". Et ce sont aussi un peu les miens ! »

Danny Maciocia entend bien profiter pleinement de sa complicité avec Cosmo. « J'ai hérité du caractère de ma mère, mais mon père a été et reste mon mentor. »

APPRENDRE À DÉLÉGUER

À Québec, Glen Constantin est lui-même considéré comme le mentor de toute une génération de jeunes entraîneurs qui sont passés par le Rouge et Or et qui y sont encore pour plusieurs d'entre eux. Cela ne s'est toutefois pas fait du jour au lendemain.

« J'étais un pas pire joueur de football, mais je me retrancherais de cette équipe du Rouge et Or, racontait Constantin, hier, après avoir reçu le titre d'entraîneur de l'année au RSEQ. Le football a tellement changé depuis la fin des années 80. À mon époque [avec l'équipe de l'Université d'Ottawa], des joueurs de 300 livres, il y en avait un par équipe ; aujourd'hui, tu dois peser ça pour espérer aller loin ! »

L'entraîneur-chef du Rouge et Or est resté un homme imposant, mais il a su évoluer tout au long de ses 17 ans à la barre de l'équipe. « Tu ne peux plus dire à un joueur : "Fais ça !" Tu dois aussi expliquer pourquoi il doit le faire et c'est bien ainsi. Nous travaillons avec des jeunes intelligents, des jeunes qui vont devenir des meneurs dans la société. C'est bien plus que du football que nous leur enseignons. »

Et Constantin a lui aussi dû apprendre à devenir un meneur d'hommes. L'homme d'affaires québécois Jacques Tanguay, président du Club de football Rouge et Or, y a été pour beaucoup. « Je compare souvent Glen à Patrick Roy, que j'ai côtoyé avec les Remparts [de la LHJMQ], a-t-il expliqué, hier midi. Ce sont deux passionnés qui se laissent souvent emporter par leur intensité.

« Glen a dû bâtir sa crédibilité au fil des années, sans jamais commettre la moindre faute, a poursuivi M. Tanguay. Le plus difficile pour lui a sans doute été d'apprendre à déléguer et cela reste difficile encore aujourd'hui. [Constantin a raconté hier qu'il lui arrivait encore de donner un coup de main pour la lessive des équipements de son équipe.] Il est toutefois de plus en plus à l'aise avec ça et sait qu'il peut compter sur un groupe d'adjoints exceptionnels. »

Exigeant envers lui-même, Constantin l'est aussi envers ses joueurs. Pour le Rouge et Or, une saison n'est vraiment réussie qu'avec la Coupe Vanier. Pour Jacques Tanguay, cela ne se fait jamais au détriment des études.

« Ce n'est pas plus difficile de réussir ses études quand on joue pour une équipe championne, a-t-il assuré. Ce qui est difficile pour un jeune, c'est de faire les bons choix, de sacrifier certaines activités sociales pour mettre toutes ses énergies là où ça compte. Glen est toujours là pour le leur rappeler et, en échange, il est d'une loyauté absolue.

« Depuis que je le connais, je ne l'ai jamais vu abandonner au sujet d'un jeune sans être allé vraiment au bout de tout ce qu'on pouvait faire pour l'aider. Que peut-on lui demander de plus ? »




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