Le champion olympique Sun Yang contrôlé positif

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Le nageur chinois Sun Yang a remporté deux médailles d'or aux Jeux olympiques de Londres en 2012.

Photo Lluis Gene, AFP

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Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Pékin

Le double champion olympique de natation Sun Yang, véritable icône sportive chinoise, a été contrôlé positif lors d'une analyse antidopage en mai et suspendu trois mois, une sanction rendue publique seulement lundi.

Dans un pays où les instances du sport sont loin de briller par leur transparence, les soupçons visant Sun Yang ont été couverts d'une chape de secret, qu'a soulevée au bout de six mois l'Agence antidopage chinoise.

Celle-ci a simplement annoncé sur son site internet que Sun avait été contrôlé positif à un stimulant, la trimétazidine, le 17 mai lors des compétitions nationales de natation en Chine.

L'agence de presse Chine nouvelle a rapporté, de son côté, que Sun Yang, 22 ans, avait été suspendu trois mois en juillet. Elle n'a pas précisé la période de la suspension, mais Sun s'est aligné aux Jeux asiatiques d'Incheon (Corée du Sud) en septembre, où il a notamment remporté trois titres. Le Comité olympique d'Asie (COA) a d'ailleurs annoncé qu'il ne lui retirerait pas ses médailles, arguant que l'instance asiatique n'avait jamais été prévenue de la suspension de l'athlète.

Les tests antidopage réalisés à Incheon «n'ont rien révélé de positif», a écrit à l'AFP le comité asiatique, «donc ça n'a rien à voir avec le COA».

Le géant (1,98 m) de la natation chinoise a démenti lundi avoir tenté de se doper, en assurant avoir pris pour raison médicale du vasorel et en affirmant ignorer qu'il contenait une substance interdite. Ce médicament, aussi commercialisé sous le nom de vastarel, est utilisé pour prévenir les angines de poitrine et pour traiter les vertiges et les acouphènes.

«J'ai été contrôlé à de nombreuses reprises durant mes années d'entraînement et de compétition et je n'ai jamais été pris en défaut», a déclaré lundi Sun, cité par Chine nouvelle.

«Sur le coup, j'ai été choqué et déprimé, a-t-il ajouté. Je vais en tirer les leçons et être plus prudent.»

Gloire olympique

En l'espace de seulement trois ans (2011 à 2013), Sun Yang a inscrit son nom parmi les plus grands nageurs de l'histoire.

Cette gloire, il l'a conquise en même temps que les médailles d'or du 400 et du 1500 mètres nage libre lors des Jeux olympiques de 2012 à Londres.

Agé de seulement 21 ans, il avait également gagné trois titres lors des Championnats du monde à Barcelone l'an dernier.

Selon l'agence antidopage, le champion chinois a refusé d'user de son droit à un second test, sur l'échantillon B du contrôle, après le résultat positif sur l'échantillon A.

«Sun est le plus connu des athlètes chinois et il est célèbre dans le monde entier. C'est une très mauvaise nouvelle, mais nous n'allions pas étouffer l'affaire», a déclaré Zhao Jia, directeur-adjoint de l'agence.

Ni les autorités ni les médias chinois n'ont expliqué pourquoi l'information sur le contrôle positif n'avait été rendue publique que lundi.

Sun Yang est coutumier des controverses. Il avait été condamné en novembre 2013 à sept jours de détention pour conduite sans permis.

Soupçons récurrents

Le champion olympique a aussi été accusé de manquer de respect à son entraîneur de longue date, Zhu Zhigen, qui le pressait de mettre un terme à sa relation avec une hôtesse de l'air.

Il n'en reste pas moins une star ultra célèbre en Chine, au même titre que le coureur de haies Liu Xiang, le joueur de basketball Yao Ming ou la joueuse de tennis Li Na, récemment retraitée des courts.

Cette nouvelle affaire pourrait redonner corps à des soupçons récurrents visant les athlètes chinois, alors que la natation chinoise a un passé trouble en matière de dopage.

Ye Shiwen a ainsi été soupçonnée de ne pas avoir nagé à l'eau claire dans les bassins des Jeux olympiques de Londres, ce qu'elle a rejeté en bloc, soutenue par sa fédération. La jeune fille avait remporté le 200 m 4 nages et le 400 m 4 nages. Elle avait couvert le dernier 50 m (nage libre) de cette course légèrement plus vite que l'Américain Ryan Lochte ne l'avait fait pour remporter la même course chez les messieurs.

Mais le Comité international olympique (CIO) avait fait savoir qu'il n'avait aucune raison de douter de cet exploit.

La Chinoise Jiao Liuyang, championne olympique du 200 m papillon en 2012 et championne du monde dans cette même discipline l'année d'avant à Shanghai, avait également fait froncer quelques sourcils.

Auparavant, la réputation de la natation chinoise a été fortement entachée durant les années 90, notamment par un retentissant scandale au championnat du monde de Perth en 1998.

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