Antoine Duchesne et Hugo Houle de moins en moins dans l'ombre

Hugo Houle et Antoine Duchesne participeront au Grand Prix... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

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Hugo Houle et Antoine Duchesne participeront au Grand Prix cycliste de Québec, vendredi.

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(Québec) La notoriété d'Antoine Duchesne et de Hugo Houle ne cesse de croître. Les deux cyclistes ont eu droit à leur propre conférence de presse, hier après-midi, à deux jours du départ du septième Grand Prix cycliste de Québec.

Dans une salle du Château Frontenac, ils ont suivi les têtes d'affiche comme le champion du monde Peter Sagan et le médaillé d'or olympique Greg Van Avermaet, et précédé leur compatriote Ryder Hesjedal, qui prendra sa retraite le mois prochain.

Bien sûr, le facteur local explique en grande partie cet attrait médiatique. Mais les deux amis ont franchi un cap cette année. Duchesne est devenu le deuxième Québécois après David Veilleux à terminer le Tour de France. Il a ensuite rejoint Houle à Rio de Janeiro où ils ont représenté le Canada aux Jeux olympiques.

Pour Duchesne, plus jeune d'un an et probablement le moins connu des deux, sa sélection pour le Tour par l'équipe française Direct Energie a signifié une véritable consécration auprès du grand public.

«On dirait que je venais d'annoncer que je faisais du vélo aux Québécois. C'est un peu la même chose partout dans le monde.» 

«Les gens qui suivent le sport ou le vélo de loin ne connaissent que le Tour [de France]. Pour eux, quand tu fais le Tour, ça veut dire que tu es pro. Sinon, c'est: que fais-tu d'autre dans la vie?»

Le natif de Chicoutimi, qui aura 25 ans lundi, admet que la situation peut parfois être frustrante. Il pense à Houle, qui doit encore expliquer que le Tour d'Italie, qu'il a bouclé pour la deuxième fois au printemps, représente une course par étapes pratiquement aussi relevée que sa cousine française.

«Le Tour, c'est le Tour, Antoine l'a bien expliqué. Pour moi, ce n'est pas frustrant, c'est plus une envie de le faire aussi», a réagi Houle, 21e du contre-la-montre à Rio. «En tant que professionnel, il y a plein de choses à côté. Mais c'est vraiment l'endroit pour se faire valoir au maximum. Les Jeux olympiques ont été une belle vitrine, mais le Tour reste l'événement ultime pour les cyclistes.»

Pour le cycliste de Sainte-Perpétue, qui aura 26 ans à la fin du mois, sa participation à la plus grande épreuve du monde n'est qu'une «question de temps». Depuis l'an dernier, il ne cache pas son ambition d'être sur la ligne de départ en 2017. Or pour y arriver, il devra se faire valoir au sein d'une formation, AG2R La Mondiale, à l'effectif dense et dont le leader Romain Bardet a terminé deuxième l'été dernier.

«J'espère que mon patron va entendre l'appel, mais à moi de prouver ce que j'ai dans les jambes», a résumé Houle, dont la personnalité grégaire et chaleureuse fait l'unanimité dans son équipe, comme l'a encore souligné Bardet hier.

Complices

Colocataires dans le sud de la France depuis deux ans, Duchesne et Houle ont gravi les échelons ensemble. Leur complicité est évidente. Ils se tirent la pipe, s'amusent des travers de l'autre, tout en étant sérieux par rapport à leur carrière, dirigée par l'entraîneur Pierre Hutsebaut.

«Le fait qu'on habite ensemble a eu impact positif, a souligné Houle. On a la chance de vivre un peu la même chose. On s'entraide. On a un profil un peu différent dans la façon dont on s'entraîne. Antoine m'apporte certaines choses, je pense lui en apporter certaines autres. On se complète. Ça aide à repousser nos limites et à rester motivés.»

Ils ont des rôles similaires au sein de leur formation respective, c'est-à-dire des rouleurs prêts à se vider les tripes pour leurs meneurs. Ils travaillent dans l'ombre à longueur d'année en Europe. À Québec et à Montréal, demain et dimanche, ils auront la même volonté de bien accomplir leur travail et l'espoir de tirer leur épingle du jeu sur le plan individuel. Avec cette fois un peu plus de lumière tournée vers eux.

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Romain Bardet, Peter Sagan, Greg Van Avermaet et... (Photo Erick Labbé, Le Soleil) - image 2.0

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Romain Bardet, Peter Sagan, Greg Van Avermaet et Tom Boonen

Photo Erick Labbé, Le Soleil

Ce qu'ils ont dit...

Voici les propos de quelques-unes des têtes d'affiche du Grand Prix cycliste de Québec, qui sera disputé demain. 

Peter Sagan (Tinkoff)

Le champion mondial revient au Canada pour la première fois depuis sa victoire au Grand Prix de Montréal en 2013. Le Slovaque semble un peu à cran. Il est tombé malade à la Bretagne Classic Ouest-France le 28 août et n'a pas touché à son vélo pendant cinq jours la semaine dernière. Il refuse donc l'étiquette de favori. «J'ai perdu de la forme», a insisté Sagan, qui s'est consacré au vélo de montagne après le Tour de France en vue de sa participation aux JO de Rio (35e). «J'ai recommencé très lentement. Maintenant, je me sens bien, mais durant une course, je ne sais pas.»

Greg Van Avermaet (BMC)

Suivi à la trace par les collègues belges, Greg Van Avermaet a un nouveau statut depuis sa médaille d'or remportée de façon spectaculaire aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro. «Ce ne sera que ma deuxième course depuis Rio, a-t-il souligné. En quatre, cinq semaines, ce n'est pas beaucoup. J'espère bien faire à Québec et à Montréal parce que ce sont des courses d'un jour sur des parcours très durs, ce qui me convient bien. Je n'ai encore jamais gagné ici, mais je suis monté quelques fois sur le podium [2e en 2012, 3en 2013]. C'est pourquoi je reviens toujours.»

Romain Bardet (AG2R La Mondiale)

Le Français n'a pas couru depuis qu'il a arraché de haute lutte la deuxième place du dernier Tour de France derrière Chris Froome. Parole de son coéquipier Hugo Houle, il se présente au Québec dans une excellente condition physique. Mieux adapté au mont Royal, Bardet ne cache pas son envie de réussir un «petit résultat» dans les rues du Vieux-Québec dès vendredi. «C'est vrai que Québec me réussit un peu moins bien, mais c'est un beau défi pour la fin de saison d'avoir à affronter les meilleurs puncheurs au monde, a dit Bardet. C'est une belle expérience à acquérir. Sur un circuit aussi bien dessiné et une ambiance aussi chaleureuse, ça donne envie de se surpasser pour un beau sprint.»

Tom Boonen (Etixx-Quick Step)

Le Belge de 35 ans a visité les Grands Prix pour la première fois l'an dernier en guise de préparation pour les Mondiaux de Richmond, en Virginie. Il a découvert une course « à l'organisation superbe » et un «bel hôtel situé à moins d'un kilomètre de l'arrivée». Le quadruple vainqueur de Paris-Roubaix a donc décidé de revenir pour la dernière fois avant sa retraite, le printemps prochain. Contrairement à l'an dernier, son équipe ne cherchera pas tant à contrôler la course, a-t-il anticipé. «Bien sûr, s'il y a une arrivée groupée, je vais essayer de réaliser un bon sprint. Le final n'est pas si mal pour moi. On a aussi quelques gars qui vont essayer d'attaquer.»

Ryder Hesjedal (Trek-Segafredo)

Dix-sept ans après sa médaille d'argent chez les juniors aux Championnats du monde de vélo de montagne du Mont-Sainte-Anne, l'un de ses plus beaux souvenirs, Ryder Hesjedal s'apprête à disputer ses dernières courses sur route en sol canadien. «Je cours depuis tant d'années», a souligné le gagnant du Giro 2012. «Je suis satisfait de ce que j'ai pu accomplir dans le sport. Je suis prêt pour d'autres défis. Tu dois vraiment être affamé pour survivre dans ce sport. Je n'avais pas le sentiment qu'il me restait d'autres choses à accomplir.»

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