Tour de France: Froome vire en tête, Quintana dans sa roue

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Le Britannique Chris Froome est toujours le maillot jaune au Tour de France, synonyme de meneur.

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Jean MONTOIS
Agence France-Presse
ANDORRE-LA-VIEILLE, France

Le Britannique Chris Froome a viré en tête, en Andorre, au point le plus au sud du Tour de France 2016, avec le Colombien Nairo Quintana, excellemment placé dans sa roue après neuf étapes.

Au contraire des années passées, les écarts sont très resserrés à la sortie du premier massif montagneux. Huit coureurs sont à moins d'une minute de Froome, qui ne précède son suivant, le jeune britannique Adam Yates, que par la faible marge de 16 secondes.

INDÉCISION. Les apparences sont trompeuses. Si Froome a passé la première journée de repos avec le maillot jaune, lundi, à Andorre-la-Vieille, il le doit à ses qualités de... descendeur, exercice qui passait jusqu'alors pour être un relatif point faible. Dans les ascensions, le Britannique (31 ans) n'a pu forcer la décision comme il le faisait auparavant.

Froome aurait-il perdu une partie de son écrasante supériorité dans les cols ? Le Dauphiné, en juin, ouvrait déjà cette hypothèse. La suite du Tour la confirmera ou l'infirmera. « J'avais dit avant le départ que ce serait une grande bataille », a estimé le vainqueur sortant. « Le niveau des adversaires s'est élevé », a renchéri son directeur sportif Nicolas Portal.

Toujours est-il que Froome n'a pu sortir de sa roue, dimanche, dans la montée d'Arcalis, deux coureurs (Quintana, Porte). L'Irlandais Dan Martin et le Britannique Adam Yates ont pu revenir avec un temps de retard. Les autres (Bardet, Rodriguez, Meintjes) n'ont pas terminé loin.

Le final d'Arcalis, sous le déluge, a éclairé aussi avec 48 heures de retard l'option choisie par Froome dans la descente de Peyresourde. Le Britannique a pris des risques très élevés, presque démesurés, pour grignoter une vingtaine de secondes, bonification comprise, sur ses adversaires. Preuve d'une grande... prudence, dans le sens de méfiance, à l'égard de ses adversaires.

Toutes les secondes sont bonnes à prendre dans une bataille encore très incertaine. Même si les deux prochains rendez-vous promettent d'être à l'avantage de « Froomey ». Au mont Ventoux jeudi et surtout au contre-la-montre de la Caverne du Pont-d'Arc le lendemain sur 37,5 kilomètres.

Le suspens du Tour est lié, pour beaucoup, au comportement de Quintana, plus à l'aise en principe dans l'enchaînement des difficultés que sur une montée sèche type Ventoux. À moins qu'un coup tactique de coureurs en embuscade au classement change radicalement la donne.

FROOME OU QUINTANA ? À la question, Romain Bardet, qui est toujours la meilleure chance française après avoir bouclé sans encombre les neuf premiers jours de course, à une anicroche près (21 secondes perdues dimanche), répond : « Froome s'impose comme le patron, mais il me semble que Quintana est en attente. Je ne serais pas étonné que son pic de forme soit en troisième semaine. »

Le Colombien, impassible, suit fidèlement le Britannique depuis le départ. Hormis une inattention au sommet de Peyresourde, dont a profité son rival.

La tactique de Quintana irriterait-elle le maillot jaune ? Froome a laissé percer une pointe d'impatience après l'arrivée à Arcalis : « Je m'attendais à une attaque de Quintana. Mais il est resté dans ma roue. J'aime à penser qu'il était à la limite de ses capacités. »

Observateur neutre, Frédéric Grappe, scientifique et directeur de la performance d'une équipe (FDJ), relève : « On observe que les principaux protagonistes exploitent leur potentiel physique au maximum et sont à un niveau très proche. Au vu de la difficulté des étapes, l'élimination va se faire non plus sur l'intensité, mais beaucoup plus sur le niveau de fatigue des athlètes. »

« La clé du Tour, c'est qu'il faut essayer d'isoler un leader et qu'il ait le moins d'équipiers autour de lui », ajoute-t-il.

L'équipe du maillot jaune le sait, elle qui prend soin d'entourer soigneusement son numéro un. Habile à gérer le potentiel de chacun, Sky fait tourner son effectif de grimpeurs (Henao, Landa, Nieve, Poels, Thomas). Tous ne sont pas sollicités dans chaque étape de montagne. Le calcul pourrait s'avérer décisif dans les Alpes, en fin de Tour.

« Le vainqueur sera celui qui aura accumulé le niveau de fatigue le moins important et qui sera mentalement le plus fort, prédit Grappe. Il y aura des écarts dans la troisième semaine ».

Mais, de ce Tour exposé, mais sous surveillance étroite, un constat se fait pour l'instant. Réjouissant. « Les extraterrestres sont très rares, ils n'existent quasiment pas », selon la formule de l'entraîneur français.

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