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Comme tout espace vert, le potager combat les îlots de chaleur et charme par sa beauté et ses parfums.

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Un ménage montréalais sur deux cultive au moins un petit quelque chose de comestible, plant de tomate sur le balcon, fraises en jardinière ou potager plus complexe.

«On arrive à 51% des ménages ou 42% des Montréalais, suivant l'un ou l'autre des sondages*», précise Gaëlle Janvier, chargée de projet chez Alternatives, une ressource en agriculture urbaine à Montréal.

«Produire localement des denrées est en train d'entrer dans les moeurs, affirme l'agronome Claude Vallée, professeur à l'Institut de technologie agroalimentaire (ITA), campus de Saint-Hyacinthe. C'est beaucoup plus qu'un engouement passager.»

Pour la plupart des jardiniers amateurs, il s'agit d'«un savoir-faire redécouvert, et non pas hérité des parents», observe Marie Eisenman, cofondatrice des Urbainculteurs, qui distribuent les sacs de géotextile Smart Pots.

Pourquoi un potager?

«Le potager est la chose la plus énergisante du monde», souligne André Nault, dont le jardin en façade, à Sherbrooke, en est à sa huitième saison. «On vit le moment présent, en contact avec la terre, sans souci.»

De son côté, Tereska Gesing, cofondatrice de Semis Urbains (potagers sur mesure), souligne qu'un potager procure des aliments bios d'une qualité et d'une fraîcheur impossibles à trouver en magasin. Ça réduit le stress, ajoute-t-elle. «Quand on a beaucoup de travail et des enfants, ça fait du bien d'enlever les mauvaises herbes et de respirer l'air frais. Reprendre le contrôle de son alimentation est également un geste politique. Même si c'est juste un peu, c'est gratifiant et valorisant.»

Pour sa part, l'agronome Lili Michaud rappelle que «le potager augmente la sécurité alimentaire et réduit les méfaits du transport des aliments». Mme Michaud donne depuis plus de 15 ans des ateliers de jardinage écologique, dans la région de Québec.

De son côté, Geneviève Poiré, jeune jardinière de Limoilou, témoigne: «Le temps passe très vite quand je suis dans mon potager. Je dis à mon conjoint que je sors pour 10 minutes et je reviens 40 minutes plus tard!»

Comme tout espace vert, le potager combat les îlots de chaleur et charme par sa beauté et ses parfums.

Économique?

Il ne faut pas s'attendre à faire de grandes économies d'épicerie, disent les jardiniers, à moins de cultiver intensément. Un professeur de l'UQAM s'est tout de même plu à faire quelques calculs, en pesant, depuis sept ans, ses propres récoltes. «Bon jardinier paresseux», comme il se décrit lui-même, Éric Duchemin, spécialiste en agriculture urbaine, s'active trois heures par semaine dans les platebandes de sa cour arrière. Une saison lui rapporte, en moyenne, 4 kg de légumes par mètre carré. Compte tenu du prix des légumes en épicerie, il estime que 30 m2 de culture lui procurent 1000$ de denrées, soit 33$ par mètre carré!

«Ça demande d'apprendre à manger les légumes de saison», fait observer Tereska Gesing.

Où et comment?

Les experts recommandent, pour le potager, un emplacement qui bénéficie de six à huit heures de soleil direct par jour. «Enlevez la pelouse et faites sécher les couennes de gazon coupé, conseille Lili Michaud. Secouez-les ensuite pour en récupérer la terre et ses précieux microorganismes.»

Si cette agronome privilégie l'utilisation de la terre en place, qu'on enrichit de compost, Josée Landry et Michel Beauchamp, héros du potager de façade de Drummondville qui a déjà fait parler de lui dans les médias, ont trouvé maints avantages à cultiver en plateformes surélevées. «La terre s'y réchauffe plus vite et se draine mieux», fait valoir M. Beauchamp. Le couple jugeait les bacs surélevés plus esthétiques pour un devant de maison. De plus, les côtés des bacs préviennent l'érosion de la terre et peuvent servir de barrière aux parasites. Enfin, un niveau de potager plus élevé que le sol ménage le dos du jardinier.

Des semis ou des pots?

Il ne faut pas se gêner pour acheter les plants en pot, affirme Lili Michaud. «Faire soi-même les semis, c'est une autre étape.» Qui comporte, bien sûr, plusieurs avantages: l'accès à une diversité de cultivars quasi illimitée, des économies et le contact avec la terre bien avant la saison chaude.

Pour ne pas faire chou blanc

Il y a des écureuils dans le voisinage? «Mettez de l'engrais à base de fumier de poule, recommande Lili Michaud. Les écureuils et les mulots ne l'aiment pas.»

Le jardinier avisé pratiquera aussi le compagnonnage des plants. La carotte et l'oignon, par exemple, poussent bien côte à côte: leur proximité induit une confusion chez leurs ravageurs respectifs.

Journée horticole

Alternatives tiendra une Journée horticole pour tous, samedi prochain à Montréal, rue Duluth, partiellement fermée à la circulation pour l'occasion. On y vendra tout ce qui peut être utile pour démarrer un potager bio.

Sur le web

* 51% des ménages : sondage Léger, commandé par Alternaions, octobre 2011

42% des Montréalais, sondage BIP, commandé par la Ville de Montréal, septembre 2013

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