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Qu'est devenue la maison des Citadins du rebut global?

La maison de la rue Larivière, rénovée il... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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La maison de la rue Larivière, rénovée il y a 10 ans dans le cadre de l'émission Les artisans du rebut global. Tombés sous le charme, les propriétaires actuels l'ont acquise en 2007 sans même savoir qu'elle avait fait l'objet d'une émission télévisée.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

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Cécile Gladel

Collaboration spéciale

La Presse

En 2004, le producteur Marc St-Onge a eu l'idée un peu folle de faire une série d'émissions sur la construction écologique. Les Artisans du rebut global voit le jour, suivie en 2006 par Les Citadins du rebut global qui sera aussi diffusée en France. Dix ans plus tard, l'aventure est-elle tout oubliée?

À l'époque, cinq citadins, choisis parmi 700 candidatures, reçoivent le mandat de rénover une maison de la rue Larivière, dans l'arrondissement de Ville-Marie. La seule adresse de cette rue. Trois Québécois et deux Français remontent cette vieille ruine datant du début du XXe siècle en récupérant et en recyclant. Avec seulement 13 semaines de travail, 15 000 $ en poche, un seul conteneur à déchets et un seul plein d'essence, ils doivent user de beaucoup d'imagination.

Malgré de gros défis (la maison a failli s'écrouler au début du projet), les Citadins ont réussi. Dix ans après la diffusion de la série, qu'est-il advenu du 1969, rue Larivière?

Un coup de foudre

Stéphan Dorval, camionneur et ancien technicien dans le milieu du spectacle, a acheté en 2007 cette maison qui l'a séduit dès le premier coup d'oeil. «À 100 %, lance-t-il. Comme une belle fille!»

À cette époque, il ne savait pas qu'elle avait fait l'objet d'une série télévisée. Il a obtenu une baisse substantielle par rapport au prix de vente initial, qu'il ne veut pas dévoiler. «Il n'y avait pas de gros problèmes, mais des petits points qui m'ont permis de négocier. Pas de placards, pas de garde-robes, une salle de bains pas fermée», décrit-il.

Avec sa conjointe Clotilde Parent, ils y ont ajouté leur touche. La maison est à aire ouverte et comporte deux pièces. Toutes les modifications ont été faites avec la même philosophie, comme l'abat-jour de la lampe de cuisine qui est une ancienne cage à oiseaux.

Une oeuvre d'art populaire

La maison est maintenant évaluée par la Ville de Montréal à 277 900 $. Mais pour le propriétaire actuel, difficile d'en estimer la véritable valeur. «Je l'ai toujours vue comme une oeuvre d'art qui doit être traitée comme telle. J'ai refusé 350 000 $. J'aurai bien de la misère à m'en séparer», dit-il.

Elle a d'ailleurs eu son lot de visites. Des gens qui frappaient à la porte sans s'annoncer. Un jour, un autobus d'étudiants en architecture et de professeurs a rempli la petite maison pendant une heure pour voir cette oeuvre architecturale.

La maison est à aire ouverte et comporte... (Photo Marco Campanozzi, La Presse) - image 2.0

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La maison est à aire ouverte et comporte deux pièces. Toutes les modifications faites par les propriétaires actuels l'ont été avec la même philosophie: réemploie et récupération.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Dix ans plus tard, qu'en ont retenu les cinq Citadins?

> Nadia Bini

En 2006, Nadia Bini avait 30 ans. Après un bac en sociologie, elle a été formée en ébénisterie à l'École du meuble de Montréal. Elle vit toujours à Montréal et travaille maintenant pour une firme d'architectes. 

Elle explique qu'elle avait déjà pris la voie de la récupération et de la construction écologique, mais qu'on n'en parlait pas beaucoup à l'époque. «Le discours est totalement différent maintenant», constate-t-elle. L'émission a été un tremplin pour continuer. «Ça m'a poussée un peu plus loin dans l'exploration, la créativité et l'essai.»

> Jean-Pierre Lavoie

Bachelier en architecture de l'Université de Montréal et en design de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal, Jean-Pierre Lavoie avait 41 ans. «Une rue, pour exister, doit avoir ses adresses. Sans cette petite maison, cette rue n'aurait plus de statut. C'est ici que le mot "récupération" prend son sens: permettre à la mémoire d'un lieu d'être remise en scène, qualifiée et participative de sa ville», explique- t-il. Il émet toutefois de sérieuses réserves sur l'apparence de facilité et de faisabilité que ce genre d'aventure a pu donner aux téléspectateurs. 

> May Porthé Navarro

May Porthé Navarro est maintenant enseignante en arts appliqués/architecture intérieure en France. Âgée de 25 ans au moment du tournage, elle a découvert le Canada, Montréal, la vie de chantier et l'écologie en même temps. 

Quel était le bon coup du projet? «La récupération des lattis sous le plâtre pour faire un super revêtement en bois sur le mur.»

> Alejandro Montero 

Alejandro Montero était âgé de 33 ans, il avait déjà fondé sa firme d'entrepreneur général en construction écologique Tergos dont il est toujours le président. 

«L'émission m'a permis de mettre en pratique des idéaux que j'avais et que j'ai toujours. Il y a eu beaucoup d'expérimentation avec ce projet et ça a permis à mon entreprise de mieux discerner les pour et contre de l'utilisation des matériaux récupérés», explique-t-il. 

> Vincent Vandenbrouck

Vincent Vandenbrouck avait 30 ans et vivait à Paris. Depuis l'aventure, il demeure à Montréal. «Le projet m'a fait découvrir les techniques de construction nord-américaines, très différentes de ce qui se pratique en Europe. Cet apprentissage me sert d'ailleurs encore dans les contrats d'aménagement d'espace de mon agence de design. On était convaincu que les matières résiduelles du moment seraient les matières premières de demain, et aujourd'hui, je vois déjà une nette évolution dans ce sens, le marché de la seconde main et des rebuts s'organise et se développe rapidement.»

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