Junior majeur: tu n'es plus un pee-wee, mon fils

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Cinq ans après Les pee-wee 3D: l'hiver qui a changé ma vie, tous les artisans du film à succès ont repris du service, cette fois dans un contexte tout à fait différent. Les trois personnages principaux ont maintenant atteint l'âge adulte, tout autant que leurs interprètes, qui assument aujourd'hui pleinement leur métier d'acteur.

Hier et aujourd'hui

À l'époque du tournage du film Les pee-wee 3D, Alice Morel-Michaud avait 14 ans ; Antoine Olivier Pilon et Rémi Goulet en avaient 15. Les trois jeunes acteurs bénéficiaient déjà d'une expérience professionnelle, mais le tournage d'un film prenait à leurs yeux l'allure d'une cour de récréation. Alice avait déjà incarné Aurore, enfant, dans le film de Luc Dionne, Antoine Olivier avait tenu un premier rôle dans Frisson des collines, et Rémi s'était fait remarquer dans 30 vies. Même s'ils se souviennent de s'être beaucoup amusés sur le tournage, les trois comédiens n'ont pratiquement jamais eu de doutes quant à leur vocation. «Toute ma vie, je me suis fait demander si j'avais un plan B, au cas où ça ne marcherait pas », fait remarquer Alice, maintenant âgée de 19 ans. Je n'en ai jamais eu!» Antoine Olivier Pilon évoque carrément son expérience dans Frisson des collines «comme une drogue», et Rémi Goulet, qui n'était jusque-là pas tout à fait certain de son envie d'exercer ce métier, a su «ce [qu'il voulait] faire de [sa] vie» sur le plateau des Pee-wee 3D. «Nous sommes vraiment chanceux, fait remarquer Éric Tessier, réalisateur des deux films. Cinq ans plus tard, il fait bon retrouver ces acteurs de talent qui ont décidé de poursuivre leur carrière dans ce métier. Ils auraient très bien pu décider de faire autre chose, mais ils ont tous les trois des parcours intéressants. Et ils sont bons!»

Des emplois différents

Janeau Trudel (Antoine Olivier Pilon) et son ami Joey Boulet (Rémi Goulet) évoluent maintenant pour les Saguenéens de Chicoutimi, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Ils font forcément face à des épreuves plus difficiles, plus adultes, d'autant qu'étant des vedettes dans leur patelin, leurs moindres faits et gestes sont scrutés à la loupe. Et Julie, maintenant jeune journaliste sportive, doit suivre l'actualité de ses amis à la trace. Pour les trois acteurs, Junior majeur marque leur arrivée dans un univers plus mûr. «Je pense qu'on vieillit surtout aux yeux du public jeunesse, souligne Alice Morel-Michaud. Le public qui nous a connus alors qu'on avait 14 ou 15 ans va nous voir sous un autre angle. On joue maintenant notre âge, avec les enjeux que les gens de notre âge vivent, et les envies qu'on ressent. Pour ceux qui croient qu'on a toujours 14 ans, peut-être nous verront-ils sous un nouveau jour!» Pour sa part, Rémi Goulet voit venir ce changement avec joie, parce que sa personnalité d'acteur «s'installe» un peu plus. «Quand tu commences très jeune, tu ne sais pas trop quel genre de personnage on te donnera, parce que tout change très vite. Quand tu atteins l'âge adulte, ça se définit un peu plus. C'est en tout cas ce qui se passe dans ma tête. Je me dis que c'est peut-être ce que je vais faire toute ma vie.»

Dans Junior majeur, le personnage d'Antoine Olivier Pilon... (Photo fournie par Films Séville) - image 2.0

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Dans Junior majeur, le personnage d'Antoine Olivier Pilon joue pour les Saguenéens de Chicoutimi.

Photo fournie par Films Séville

Les scènes de hockey

Le réalisateur Éric Tessier a tenu à ce que les scènes de hockey soient très dynamiques, sans que le spectateur perde la compréhension de ce qui se passe sur la glace. Les protagonistes étant de fort calibre, les acteurs ont évidemment été doublés dans les scènes clés, mais ils devaient s'astreindre néanmoins à un entraînement, histoire d'être crédibles à l'écran. «Les gars qui nous doublaient ont vraiment été très cool avec nous, dit Antoine Olivier Pilon. La complicité s'est installée rapidement sur la glace, et l'atmosphère sur le plateau s'est tout de suite détendue. Ils savaient bien que nous ne sommes pas de vrais joueurs de hockey, mais on n'a senti aucun jugement de leur part!» Rémi Goulet évoque même un tournage physiquement très éprouvant, au cours duquel il a dû chausser les patins pendant une douzaine d'heures dans une journée. «Même ceux qui nous doublaient n'étaient pas habitués à chausser les patins aussi longtemps!»

Relation père-fils

Si l'amitié que partagent Janeau et Joey sera mise à l'épreuve à cause d'un événement inattendu, le récit s'attarde aussi beaucoup à décrire la relation difficile entre Joey et son père (Claude Legault), également son agent. Miné par un problème d'alcool, Luke Boulet fait partie de ces parents qui projettent toutes leurs ambitions défaites sur leur enfant en le poussant trop. «J'ai moi-même joué au hockey pas mal, rappelle Claude Legault, et des morpions d'aréna comme ça, j'en ai vu plein. C'est une vraie calamité, mais ce phénomène est très largement répandu. Ces types pourrissent l'ambiance des arénas, mais surtout, ils pourrissent la vie de leurs enfants. Le phénomène existe aussi dans le monde artistique, mais il se révèle d'une autre manière. C'est une plaie, mais c'est ben le fun à jouer!»

Rémi Goulet et Antoine Olivier Pilon dans Junior majeur,... (Photo fournie par Films Séville) - image 3.0

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Rémi Goulet et Antoine Olivier Pilon dans Junior majeur, un film d'Éric Tessier

Photo fournie par Films Séville

Une trilogie?

Dès le début, les scénaristes Martin Bouchard et Emmanuel Joly ont conçu leur histoire comme une trilogie. Sur le plan de la production, chaque film est cependant individuel. Il faudra attendre l'accueil qu'aura Junior majeur auprès du public avant de songer à un éventuel volet supplémentaire. «Il faudra surtout un scénario qui en vaille la peine, indique le producteur Christian Larouche. Il a fallu du temps entre Les pee-wee 3D et Junior majeur parce qu'il fallait trouver le bon angle d'approche. Si jamais on pense à un troisième volet, l'approche sera la même. Pas question d'y aller si le sujet n'est pas bon.» Quant à la 3D, dont a bénéficié le premier film, le producteur indique qu'il n'en a pas été question cette fois-ci. «Cette technologie coûte cher et on sent une certaine fatigue chez les gens envers la 3D parce qu'ils ont été déçus par certains films, explique Christian Larouche. Je dirais que ça reste encore bon pour les films d'animation, mais à part ça...»

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Junior majeur prendra l'affiche le 23 novembre.




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