Virginie Brunelle: sous la surface des choses

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Virginie Brunelle s'est fait remarquer comme chorégraphe dès sa sortie de l'école. Les années suivantes, la jeune artiste a créé à un rythme effréné, en plus de partir en tournée avec plusieurs de ses créations. Trois ans après Plomb, elle est de retour avec À la douleur que j'ai, son cinquième opus. Avec la chorégraphe, La Presse a remonté son fil conducteur créatif.

Les cuisses à l'écart du coeur (2007)

Virginie Brunelle se fait vite remarquer avec cette chorégraphie créée comme projet de fin d'études en danse à l'UQAM, puis reprise au Studio 303. Avec cette pièce crue et drôle, qui exploite la thématique de l'hypersexualisation, elle fait même la première partie de Dave St-Pierre. «C'est la pièce qui m'a mise sur la map, alors je continue à la chérir comme mon premier bébé. Mais il y a des passages que je trouve extrêmement maladroits. Je suis contente d'avoir exploré ce lien entre la vérité du coeur et le sexe. Le rapport au corps, au relationnel, est constamment présent dans mes pièces, mais ici, c'était beaucoup plus frontal, disons. Mes autres pièces ont un côté plus intime, plus près de moi.»

Foutrement (2010)

Virginie Brunelle crée la compagnie qui porte son nom et La Chapelle coproduit sa création suivante; de là naît Foutrement, oeuvre très physique qui s'intéresse à l'infidélité et que Brunelle considère comme sa première oeuvre vraiment achevée. «C'est ma pièce la plus narrative, l'histoire d'un triangle amoureux. C'est tellement universel: tout le monde s'est senti trahi à un moment de sa vie.» La chorégraphe y travaille notamment avec des pointes. «Il y a quelque chose dans l'esthétique du ballet qui me parle beaucoup, mais j'ai aussi cherché à casser et à salir tout ça.»

Complexe des genres (2011)

Un an plus tard et encore à l'invitation de La Chapelle, la chorégraphe présente Complexe des genres, qui creuse la thématique de l'identité de genre. «C'est ma pièce la plus grand public; elle est plus léchée visuellement, cinématographique dans les images. C'est la pièce avec laquelle j'ai tourné le plus.» Partant des stéréotypes associés aux genres, la chorégraphe fait une plongée en profondeur dans l'intimité et la quête identitaire. «Je m'interrogeais sur la façon dont on est pris dans des carcans de genre, mais je me suis rendu compte que malgré ça, l'homme et la femme sont en symbiose, ont les mêmes questionnements identitaires et la même quête du bonheur.»

Plomb (2013)

C'est pour Plomb, une coproduction avec l'Agora de la danse, que Virginie Brunelle a eu ses meilleures critiques. Ironique, car c'est la création qui l'a laissée le plus insatisfaite. «Avec Plomb, j'ai voulu sortir de mes patterns, je suis allée loin et je me suis un peu perdue. J'ai voulu pousser davantage l'esthétique cinématographique, j'ai intégré un comédien... Mais je n'avais pas l'expertise ni le temps pour bien le faire», explique avec candeur celle qui se dit très critique avec elle-même. Pourtant, les critiques ont trouvé que cette pièce pour neuf interprètes, qui s'intéressait au poids de la solitude après avoir connu la plénitude de l'amour, était sa création la plus achevée. Comme quoi on est souvent son pire juge!

À la douleur que j'ai (2016)

Avec cette nouvelle création, la chorégraphe retourne à ses thèmes de prédilection: les relations humaines. Elle souhaite aussi révéler la poésie de l'existence, dans une pièce qui plonge dans la douleur et les souvenirs. «La douleur a toujours été un leitmotiv dans mes pièces, alors j'ai décidé d'y aller franchement!» Et cette fois, Brunelle a fait appel à une dramaturge, Stéphanie Jasmin, afin de l'aider dans la construction dramaturgique de sa pièce. Portée par six interprètes aux physionomies et expériences diverses (le «jeunot» Milan Panet-Gigon y côtoie la doyenne Chi Long, qui danse depuis plus de 20 ans), À la douleur que j'ai crée une espèce de portrait de famille, de mini-société sur scène et plonge ainsi dans les souvenirs de chacun. D'abord censé être présenté à la nouvelle Maison de la danse par l'Agora de la danse, le spectacle sera finalement dansé à l'Usine C, en novembre.

«SA RENTRÉE

À la douleur que j'ai sera présenté à l'Usine C du 23 au 26 novembre.»


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