Hélène Blackburn: «L'oeuvre tout public ultime»

Suites curieuses est une «très libre adaptation du Chaperon rouge»,... (PHOTO FOURNIE PAR CAS PUBLIC)

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Suites curieuses est une «très libre adaptation du Chaperon rouge», beaucoup plus irrévérencieuse qu'infantilisante.

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Josée Lapointe

Avec sa nouvelle chorégraphie inspirée du Petit Chaperon rouge, Hélène Blackburn espère avoir créé «l'oeuvre tout public ultime» en s'adressant aux 2 ans et plus. «Je rêve de ce petit enfant qui va venir voir le spectacle avec sa grand-mère ou même son arrière-grand-mère et qui va vibrer avec elle à la même oeuvre d'art.»

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La chorégraphe Hélène Blackburn

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La chorégraphe aime créer pour les enfants, «des êtres intelligents qui n'ont pas peur de la nouveauté et à qui il est important de présenter l'art de la meilleure façon possible». Le cabaret dansé des vilains petits canards, Variation S, Symphonie dramatique, Gold: beaucoup des récentes créations de Cas public, sa troupe de danse (qui fête cette année ses 25 ans), s'adressent ainsi au jeune public.

«Pour moi, ce n'est pas un appauvrissement. Même que je sens moins l'intérêt de travailler pour les adultes parce que c'est là que j'ai l'impression de me fermer un public! Quand je travaille pour les ados ou les enfants, je touche aussi leurs parents, donc tout le monde.»

La compagnie a d'ailleurs beaucoup de succès avec ces spectacles, qui ne cessent de tourner à l'étranger. En 2015, par exemple, Symphonie dramatique, inspiré de Roméo et Juliette, sera présenté à l'Opéra Bastille de Paris, au Covent Garden du Royal Opera House de Londres et au Lincoln Center de New York.

«Si on tourne ailleurs, c'est grâce à la qualité de l'équipe de danseurs et de la danse chorégraphiée, qui n'a pas d'équivalent dans le tout-public. Nous devons offrir une plus-value, sinon les gens engageraient des troupes sur leur territoire», dit Hélène Blackburn.

Axée sur la vitesse, l'agilité et la virtuosité des interprètes, Suites curieuses est dans la même lignée. La chorégraphe ne fait pas de la «sous-danse» parce qu'elle travaille pour les tout-petits, et le seul aspect propre à la petite enfance est la durée des spectacles. «Le spectacle dure 35 minutes, on a travaillé sur des mécaniques d'apparaître-disparaître, qui sont des motifs très efficaces, en évoquant très clairement l'univers des enfants avec des objets du quotidien.»

Inspirée du conte original

Suites curieuses est une «très libre adaptation du Chaperon rouge», beaucoup plus irrévérencieuse qu'infantilisante, assure la chorégraphe. Elle s'est d'ailleurs inspirée du conte original de Perrault, celui qui finit mal, et non de sa version édulcorée. «C'est comme un conte d'horreur pour bébés!, dit-elle en riant. Un univers en noir et blanc avec un soupçon de rouge...»

Hélène Blackburn a souvent utilisé des histoires existantes pour les mettre à sa main et les détourner. Le Petit Chaperon rouge étant un des contes les plus connus de la culture occidentale, il devient pour elle une matière «qui peut se déplier à l'infini».

Suites curieuses met en scène trois hommes et une femme, car «les loups ne vont jamais seuls, ils sont toujours en meute». Mais son Petit Chaperon rouge est insoumis et peut, lui aussi, être dangereux.

«Le Petit Chaperon rouge est un conte qui sert à prévenir les petites filles contre les mauvais garçons. Mais on s'amuse à travers ça: où est la petite fille, où est le mauvais garçon? Qui peut être le chaperon rouge? Ça ne pourrait pas être le petit garçon? Avec toutes ces évocations, chaque groupe d'âge peut aller chercher le niveau qu'il est prêt à prendre.»

Si elle a longtemps exploré une approche plus théâtrale où elle laissait la place à la parole, la chorégraphe est revenue depuis quelques années à de la danse plus pure - dans Suites curieuses, le conte est raconté au complet... mais en langage signé! Et elle a renoué avec la danse classique pour l'entraînement de ses danseurs.

«En vieillissant, on revient à ses racines, et je reviens à la technique classique après m'en être éloignée pendant des années. J'avais besoin de cette précision, du travail de jambes, même pour des danseurs contemporains», explique-t-elle.

C'est dans un souci de clarté qu'elle a délaissé le mélange des genres que l'on observe beaucoup dans les arts de la scène pour revenir à une forme plus conventionnelle. «J'ai voulu démêler les genres, faire des spectacles où les gens ne se demandent pas ce qu'ils ont vu!», dit la chorégraphe, qui mettra en piste au printemps prochain l'un des spectacles des finissants de l'École de cirque.

Après des années d'éclatement et d'intégration, l'heure est donc au recentrage. «Qu'est-ce qui reste de la danse après des années d'exploration? Sans dénoncer ce qui se fait ailleurs, j'ai voulu me repositionner par rapport à la discipline et faire de la danse qui danse. C'est peut-être ça qu'il faut revendiquer: qu'on sait encore danser!»

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À la Cinquième Salle de la Place des Arts, les 19, 27 et 28 décembre.

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