Tentacle Tribe et Wants & Needs Danse: univers parallèles

Elon Höglund et Emmanuelle Lê Phan de la... (Photo: Sandra Lynn Belanger, fournie par Danse Danse)

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Elon Höglund et Emmanuelle Lê Phan de la troupe Tentacle Tribe dans le spectacle Nobody Likes a Pixelated Squid.

Photo: Sandra Lynn Belanger, fournie par Danse Danse

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Pour l'ouverture de sa saison à la Cinquième Salle, Danse Danse fait place à la relève montréalaise. Un programme double aux esthétiques fort différentes, voire opposées, où les interprètes ont toutefois en commun d'évoluer dans des univers intangibles, aux frontières du réel.

Présenté pendant cinq soirs, le programme double mettant en vedette les compagnies montréalaises Tentacle Tribe et Wants & Needs Danse affiche complet depuis belle lurette. Cet engouement, qui a même pris par surprise Danse Danse, s'explique probablement par le fait que chacun de ces créateurs a déjà un public qui le suit, témoin de la vitalité de la scène émergente montréalaise en danse contemporaine.

Fondé en 2012 par le Suédois Elon Höglund et la Canadienne Emmanuelle Lê Phan, Tentacle Tribe est un digne héritier du Groupe RUBBERBANDance - où les deux interprètes et chorégraphes ont dansé - , mais s'en distingue par son approche plus conceptuelle.

La gestuelle, hybridation entre la danse contemporaine et l'esthétique hip-hop, emprunte au popping et au street dance, les déstructurant pour mieux les habiter avec une gestuelle fluide et gracieuse, parfois imbriquée et complexe. Un vocabulaire inventif, bien maîtrisé par les deux danseurs, qui évoluent sur un fond sonore hachuré fait de collages de passages musicaux avec lesquels ils sont complètement en symbiose.

Présentant deux êtres fusionnels, flottant dans un univers sans repères, Nobody Likes a Pixelated Squid s'amuse à brouiller les frontières entre le tangible et l'onirique, le réel et le virtuel, la matière et le pixel.

L'ouverture, où les interprètes semblent menés par une télécommande invisible qui fait avancer ou reculer leur séquence de mouvements, est particulièrement bien réussie.

Si l'innovation chorégraphique et la musicalité de Tentacle Tribe sont à saluer, on cherche parfois le fil conducteur liant cet incessant flot de mouvements. Certains passages, comme celui avec un long foulard de laine, nous ont semblé un peu plaqués. Mais nul doute qu'il s'agit d'une jeune compagnie fort prometteuse.

Chorus II de Wants & Needs Danse est... (Photo: Sandra Lynn Belanger, fournie par Danse Danse) - image 2.0

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Chorus II de Wants & Needs Danse est présenté après Nobody Likes a Pixelated Squid.

Photo: Sandra Lynn Belanger, fournie par Danse Danse

Explosion contemplative

Changement complet de ton en deuxième partie. De l'univers plutôt ludique de Tentacle Tribe, on passe à celui plus troublant de Wants & Needs Danse, mené par la chorégraphe Sasha Kleinplatz.

Pièce pour six danseurs et un musicien, présent sur scène durant toute la représentation, Chorus II explore la vulnérabilité masculine en s'inspirant du mouvement de balancement pratiqué par les hommes juifs dans leurs prières. Un rituel que la chorégraphe s'approprie pour en faire une porte d'entrée vers la recherche d'élévation et de dépassement de soi.

Cathartique, la pièce se construit de manière contrastée, balançant entre les explosions de mouvements énergiques et endiablés qui épuisent les danseurs jusqu'à l'essoufflement et de grands moments contemplatifs très lents, voire immobiles, qui plongent le spectateur dans un no man's land où il erre avec les danseurs.

Attirés par le ciel, cherchant l'élévation, mais irrémédiablement emportés vers le sol, les danseurs nous entraînent dans leur quête spirituelle, habitant de leurs déplacements incessants un univers aux contours flous, sorte de purgatoire. La scène a pour seul élément scénographique les instruments du musicien et un mur s'érigeant au fond, butoir où les interprètes reviennent inlassablement s'écraser ou s'accrocher.

Moins accessible que la première partie, Chorus II offre des tableaux visuellement marquants, notamment en ouverture de la pièce, menée par le son assourdissant du tambour. Une forte entrée en matière qui se dilue ensuite dans la lenteur contemplative, ponctuée de longs moments de silence.

Pour ceux qui désirent assister au spectacle, il est encore possible de réserver des places à «visibilité réduite» au coût de 15 $ pour les représentations de ce soir et de vendredi.

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Du 23 au 25 octobre, à la Cinquième Salle.

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