L'âge d'or d'Israel Galván

Le danseur de flamenco Israel Galván.... (Photo: fournie par la production)

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Le danseur de flamenco Israel Galván.

Photo: fournie par la production

Mario Cloutier

Maître incontesté du flamenco contemporain, Israel Galván est de retour à Montréal après sa prestation au Festival TransAmériques en 2011. Il vient nous présenter son oeuvre phare, qui a presque 10 ans d'existence: La edad de oro (L'âge d'or).

Israel Galván vit son propre âge d'or. Le danseur espagnol est au sommet de son art, selon les critiques internationaux - qui l'ont surnommé le Nijinsky du flamenco - et à peu près tous les spectateurs qui l'ont vu au cours des 10 dernières années.

À 40 ans, l'artiste, dont la démarche transcende le flamenco traditionnel, se dit plus en forme que jamais. Il vient nous offrir le spectacle La edad de oro, créé en 2005.

«C'est un face-à-face avec le flamenco», décrit le danseur originaire de Séville, en entrevue téléphonique et en pleine tournée à Bonn, en Allemagne.

«Jamais je n'aurais cru que ce spectacle aurait duré si longtemps. Je le fais avec plaisir. Ça fait partie de moi. Il y a des oeuvres qui vont et qui viennent. L'âge d'or ne m'ennuie pas. Au détour d'un pas, d'un geste, le corps me demande autre chose, j'improvise et l'étincelle se produit», explique-t-il.

Bien que son corps soit son principal moyen d'expression, Israel Galván a les mots pour dire sa passion. Il parle clairement et a les pieds sur terre. Sur scène, cependant, ses interprétations font littéralement décoller le flamenco de la tradition et des clichés.

Danse et cinéma

Le titre du spectacle fait référence à l'âge d'or de la danse andalouse. C'était hier ou presque - il y a environ 100 ans, en fait. Mais il s'agit aussi de clins d'oeil aux films des bêtes sacrées espagnoles que sont Luis Buñuel et Salvador Dalí (L'âge d'or et Un chien andalou).

«J'adore le cinéma. C'est présent dans la pièce, mais chaque personne et chaque époque possèdent son âge d'or, avec ses bons et ses mauvais moments. C'est un âge, au fond, pour lequel on ressent une affection particulière», résume ce fils de danseurs.

Le fait que le public et les programmateurs redemandent cette pièce serait-il l'expression d'une affection particulière pour le flamenco?

«C'est un spectacle moins cher, dit lucidement le danseur. Il voyage mieux que d'autres. Nous ne sommes que trois en scène.»

Pour ce concentré de flamenco, Galván est accompagné des frères Lagos, David (chanteur) et Alfredo (guitariste). Et rien d'autre. Sinon son imaginaire explosif et souverainement libre.

Le Sévillan connaît toutes les techniques de cet art sur le bout de ses doigts et orteils, mais il aime plus que tout les étirer par un pas, un geste, sortis d'on ne sait où, «sans jamais trahir le flamenco, ni dans le corps ni dans l'esprit», précise-t-il.

Amour véritable

On sent chez lui l'amour véritable de cette expression artistique née quelque part au XVIIIe siècle, inspirée des traditions arabes, gitanes et andalouses. Un art qui peut vivre encore aujourd'hui parce que lui, plus que tout autre, sait le réinventer. Tout immense soit-elle, sa réputation comme danseur ne lui pèse pas.

À coups de claquements de doigts et de taconeos, il avance toujours plus loin. Il créera une nouvelle chorégraphie cet été en collaboration avec le Français Akram Khan (qu'on a vu ici avec Juliette Binoche).

Par contre, les plus récents spectacles d'Israel Galván, La curva et Lo real (où il se sert de son torse nu comme d'un élément percussif), n'ont pas encore été présentés à Montréal. Dans ces deux cas, on peut dire que le style du danseur devient pratiquement «expérimental».

Et si on rêvait un peu? S'il pouvait obtenir une aide financière, le FTA saurait très bien organiser une mini-intégrale en 2015: Israel Galván pendant un mois à Montréal avec cinq spectacles différents, des collaborations avec des danseurs d'ici, des classes de maîtres... Olé!

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Au Théâtre Maisonneuve le 30 mars, 19h30.

Cinq spectacles marquants d'Israel Galván

2004 : Arena (Sable)

Premier spectacle d'Israel Galván présenté à Montréal en 2007. Il traite notamment de tauromachie, le comble du machisme espagnol. C'est une oeuvre en six tableaux dont chacun évoque un taureau ayant été mis à mort par son torero durant une corrida. Galván y est accompagné sur scène par des musiciens.

2005 : La edad de oro (L'âge d'or)

Retour aux sources pour le fils de deux danseurs de flamenco. Entrepris en 2004, il s'agit de son spectacle le plus populaire. C'est une chorégraphie dépouillée où tout le corps du danseur est exploité pour ses qualités musicales et rythmiques.

2007-2009 : Elfinal de ese estado de cosas (La fin de cet état de choses)

Présenté au FTA en 2011, ce spectacle connaîtra plusieurs versions au cours des ans. Israel Galván y nargue la mort et s'habille en femme, entre autres. Entouré de 11 musiciens de flamenco, il utilise le heavy metal et la musique contemporaine pour se livrer à une variation sur L'Apocalypse de Jean.

2010 : La curva (La courbe)

Ce spectacle a valu à Israel Galván le titre de «génie» de la part du quotidien britannique The Guardian. Accompagné de deux chanteurs et d'une musicienne, le danseur exploite l'idée très visuelle de la ligne. On l'y voit fier et droit comme tout bon danseur de flamenco, mais il s'y tord et explose aussi afin d'atteindre un summum de l'expression.

2012 : Lo real (Le réel)

Ce spectacle pousse encore plus loin l'exploration musicale et corporelle du danseur de flamenco, cette fois, sur le thème du génocide des gitans par les nazis. Il danse pieds et torse nus, entre autres, ainsi qu'avec deux collègues qui deviennent des instruments de musique entre les mains du chorégraphe.




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