Rodin/Claudel: une histoire de frissons

Le clou du ballet demeure les sculptures vivantes,... (Photo: John Hall, fournie par Les Grands Ballets canadiens de Montréal)

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Le clou du ballet demeure les sculptures vivantes, témoins silencieux de l'histoire d'amour.

Photo: John Hall, fournie par Les Grands Ballets canadiens de Montréal

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Stéphanie Brody

collaboration spéciale

La Presse

Les Grands Ballets reprennent en ce moment le ballet Rodin/Claudel, créé pour la compagnie en 2011 par Peter Quanz. Le chorégraphe canadien y esquisse avec candeur les grandes étapes de la rencontre entre Camille Claudel et Auguste Rodin.

Dans cette version quelque peu remaniée, la présence de l'orchestre, qui remplace la bande sonore de la création, apporte une profondeur nouvelle à ce ballet très émouvant. L'ajout de quelques chansons populaires de l'époque - nous sommes à peu près en 1883 - donne carrément le frisson à des moments choisis.

La scénographie de Michael Gianfrancesco est épurée et quelques accessoires y priment - un immense mur de carreaux de verre bleuté évoque l'atelier d'artiste et un long caisson blanc sur roulettes sert de piédestal, au sens propre comme au sens figuré, et permet de déplacer ou d'isoler des personnages à des instants cruciaux.

Le clou de ce ballet narratif, parfaitement lisible, demeure les sculptures vivantes, témoins silencieux de cette histoire d'amour tragique. Pareilles à des choreutes, elles font contrepoint à l'action des hommes, épiant les premiers ébats, si légers et si insouciants, de Camille et d'Auguste; et elles seront là jusqu'à l'internement de la jeune femme. Elles sont aussi parfois, d'argile ou de pierre, la matière même des sculpteurs.

La gestuelle imaginée par Peter Quanz fait foi de la sensualité de cet acte créateur. Le toucher et surtout la caresse sont au coeur même du ballet, dans le premier acte du moins. En témoigne le magnifique duo entre Valentine Legat et Marcin Kaczorowski, qui interprétaient respectivement Camille Claudel et Auguste Rodin le soir de la première. Leurs corps n'en finissent plus de se frôler, de s'arquer et de s'emboîter. Les lignes sont belles et nettes.

Toutefois, le drame arrivera vite. Le deuxième acte s'ouvre sur la scène de l'avortement de Camille: un moment court, mais cruellement efficace, et les immenses cornettes dont Gianfrancesco affuble les infirmières ajoutent au grotesque de la scène.

Avec Rodin/Claudel, Peter Quanz réussit à émouvoir jusqu'à la dernière seconde.

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Rodin/Claudel de Peter Quanz. Jusqu'au 22 mars, à la salle Maisonneuve de la Place des Arts.




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