La bayadère: du grand art

La troupe du Ballet national d'Ukraine entraîne le... (Photo fournie par les Grands Ballets canadiens de Montréal)

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La troupe du Ballet national d'Ukraine entraîne le spectateur dans une épopée de trois heures aussi impressionnante que méditative.

Photo fournie par les Grands Ballets canadiens de Montréal

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Aline Apostolska
La Presse

Pour les amateurs du répertoire classique (et ils étaient nombreux à la première de jeudi), le retour du Ballet national d'Ukraine à Montréal, à l'invitation des Grands Ballets canadiens, est un véritable cadeau. Le mysticisme de l'Inde s'y mêle à l'idée romantique de l'amour impossible.

Après l'interprétation mémorable du Lac des cygnes en 2013, la troupe offre une vision et une interprétation non moins marquante de La bayadère et entraîne le spectateur dans une épopée de trois heures aussi impressionnante que méditative.

L'idée romantique du XIXe siècle exaltant l'amour absolu, tragique, ne peut souffrir d'une interprétation au rabais. Si l'on prétend restituer l'esprit authentique du ballet classique, on ne peut le faire à moitié. Il ne faut lésiner ni sur les moyens ni sur l'engagement physique et spirituel pour incarner cet univers sublime. C'est pourquoi peu de compagnies dans le monde osent encore s'attaquer à La bayadère, fleuron du répertoire classique, en trois actes et cinq scènes, qui nécessite souffle, emphase, endurance et théâtralité.

Épurée mais audacieuse

En 1980, la metteure en scène Natalia Makarova a osé revisiter ce monument pour l'American Ballet Theatre (comme l'a fait Noureev un peu plus tard pour l'Opéra de Paris) et c'est cette nouvelle version du ballet de Petipa qui est interprétée par le Ballet national d'Ukraine.

La directrice artistique, Aniko Rekhviashvili, a orchestré cette version épurée mais audacieuse de La bayadère. Le grand déploiement de la mise en scène, de la scénographie, la profusion des décors et des costumes signés Viacheslav Okuniev - chatoyants et colorés comme l'Inde dans les actes un et trois; blancs, ombrés et blancs dans l'acte deux du songe de l'amour perdu -, la perfection technique de l'interprétation dans une complicité sentie entre danse et musique (la troupe est venue avec son propre chef d'orchestre, Mykola Dyadyura, qui dirige la musique de Minkus) n'exclut pas la sensibilité et le don de soi des danseurs.

Une bayadère est une danseuse sacrée qui danse pour invoquer les dieux hindous. Il s'agit donc d'engager son corps et son âme. La bayadère du Ballet national d'Ukraine est à la hauteur de cette ambition fondatrice. Pour le plaisir de tous les sens.




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