Genesis: de la résistance à l'abandon

Thierry Huard et ses collaborateurs, dont Paul Chambers... (Photo Thierry Huard)

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Thierry Huard et ses collaborateurs, dont Paul Chambers aux éclairages et Antoine Berthiaume au son, confèrent à Genesis une profondeur charnelle très communicative et une forte dimension symbolique.

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Stéphanie Brody
La Presse

À Tangente cette semaine, le chorégraphe montréalais Thierry Huard présente Genesis, très beau duo d'hommes. Pas de temps morts, pas de fioritures; simplement une lente et méthodique progression de la résistance à l'abandon.

Au départ, rien ne paraît du sexe des deux protagonistes, car ils se recouvrent de pied en cap, visages compris, d'un justaucorps de coton crocheté. Ils ressemblent à des chevaliers en cotte de mailles. L'image est très évocatrice. Même lorsqu'ils respirent face à face jusqu'au crescendo de l'orgasme, ils restent androgynes.

Le mystère persiste tandis qu'ils testent leur rapport de force dans une joute où ils tentent alternativement de se repousser. Enfin, les visages s'exposent, révélant deux hommes, Louis-Elyan Martin et Nicolas Patry, et les torses se dénudent: la perception du spectateur bascule et l'image du combat se déploie entièrement, surtout que le décor, lui-même constitué de grands filets de mailles suspendus du plafond, forme une enceinte.

L'image du combat s'estompera, car Thierry Huard déjoue bien les a priori. La tension sexuelle et dramatique culmine dans un surprenant jeu de ficelles, qui les nouera littéralement l'un à l'autre.

Les corps puissants s'abandonnent graduellement et Genesis bascule résolument vers la sensualité: un des hommes attache même les pans crochetés l'un à l'autre, emprisonnant son comparse dans une sorte de sérail.

Les jeux de contrepoids font place à la caresse, laquelle va lancer une cascade de mouvements chez le partenaire: l'idée est simple, pas forcément novatrice, mais vachement efficace.

Huard et ses collaborateurs, dont Paul Chambers aux éclairages et Antoine Berthiaume au son, confèrent à Genesis une profondeur charnelle très communicative et une forte dimension symbolique, d'autant plus que cette étonnante scénographie constituée entièrement de mailles - elle rappelle à la fois les années 70, le Moyen Âge et l'Antiquité - brouille judicieusement les pistes du temps et du lieu.

Genesis, au studio Hydro-Québec du Monument-National, jusqu'au 26 janvier.




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