La valeur des choses: l'argent, toujours l'argent

Les interprètes de La valeur des choses manipulent... (Photo: fournie par le Théâtre La Chapelle)

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Les interprètes de La valeur des choses manipulent des boîtes de carton pour fuir dans la consommation.

Photo: fournie par le Théâtre La Chapelle

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Stéphanie Brody

collaboration spéciale

La Presse

Présentée en ce moment au Théâtre La Chapelle, La valeur des choses de la compagnie montréalaise Grand Poney séduit le public. Avec une économie de moyens bienvenue, Jacques Poulin-Denis et ses collaborateurs nous font réfléchir à la valeur relative de l'argent dans notre société.

La forme de La valeur des choses fait contrepoids à son sujet. Pour relater l'inflation galopante, la consommation effrénée et les débordements de l'argument économique, les créateurs ont parié sur une scénographie sobre - une montagne de boîtes de carton, côté cour, et un piano droit, côté jardin - et une intensité dramatique qui ne craint pas les fluctuations importantes.

Après un prologue révélateur, la pièce s'ouvre sur un discours indigné à propos notamment de l'abolition de la «cenne noire», de l'argent virtuel et de l'exploitation gratuite du bagage génétique des animaux.

La panique s'installe et les quatre interprètes, Jacques Poulin-Denis, James Gnam, Jonathan Morier et Francis d'Octobre, tentent de sauver la mise en manipulant frénétiquement les boîtes de carton, symbole de la consommation, comme des pions sur un échiquier.

Mais ils s'épuisent, tournent à vide; on a l'impression que la pièce elle-même tourne à vide tellement Poulin-Denis fait durer la scène.

Coup de grâce

Or, ce contraste nous pousse à l'introspection. Pour alimenter davantage l'impression de vacuité, Poulin-Denis lit ensuite une lettre de rupture amoureuse, écrite en termes financiers. Elle est drôle, mais c'est le coup de grâce. Épuisés par l'absence de valeurs autres et le désert affectif, les personnages s'enlisent.

Les artistes tentent alors de résister... en perdant leur temps, au son d'une musique douce et planante, jouée au piano par Francis d'Octobre. Cette nouvelle rupture dans le rythme s'étire encore à la limite de l'acceptable, jusqu'à ce que le désir de possession revienne, tel un boomerang.

Ce retour aux instincts capitalistes prend la forme surprenante d'un rap aux paroles cupides à souhait, manteaux de fourrure et coups de bassin en prime. Le cycle aura tôt fait de recommencer; en bout de course, l'arrogance fait de nouveau place à l'impuissance.

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La valeur des choses de la compagnie Grand Poney de Jacques Poulin-Denis, au Théâtre La Chapelle jusqu'au 25 janvier. Info: 514-843-7738




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