La grande Louise Lecavalier

Louise Lecavalier... (Photo: Ursula Kaufmann, collaboration spéciale)

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Louise Lecavalier

Photo: Ursula Kaufmann, collaboration spéciale

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Luc Boulanger
La Presse

Avec ses cheveux très courts, Louise Lecavalier ressemble à David Bowie, à l'époque où la rock star faisait des spectacles de haut vol, accompagné par l'énergique danseuse de La La La Human Steps. La comparaison la flatte, même si ce n'est pas intentionnel. «Pour ma nouvelle chorégraphie, je voulais ressembler au Petit Prince. Quand le coiffeur a fini de me couper les cheveux, il m'a dit que je ressemblais plus à Bowie... Et depuis, tout le monde remarque ça!»

La Presse a joint Louise Lecavalier à La Haye, en Hollande, où la danseuse vient de compléter le tournage d'un court métrage. Cet après-midi, la directrice du Festival TransAmériques, Marie-Hélène Falcon, va dévoiler que So Blue - la nouvelle pièce de Lecavalier créée en décembre à Düsseldorf - fait partie de sa programmation.

«C'est la troisième fois que je participe au FTA avec ma compagnie, Fou Glorieux, dit-elle. Je suis très contente qu'on m'ait choisie. Parce que j'aime bien me produire à Montréal, encore plus dans le cadre de ce festival important.»

Autant en emporte le mouvement

Depuis plus de 30 ans, Louise Lecavalier fait bouger et parler son corps sur les scènes du monde. Elle est l'une des meilleures ambassadrices de la nouvelle danse québécoise. Tous se souviennent du temps où elle repoussait les limites de la gravité dans les spectacles d'Édouard Lock. Avec fougue, passion... et l'énergie du désespoir. La danseuse a pris des risques sur scène. Elle s'est tapé plus de commotions cérébrales en carrière qu'un joueur du Canadien de Montréal!

Sa relation avec Édouard Lock a été aussi intense (artistiquement et sentimentalement). Elle devait s'achever en 1999 afin que chacun poursuivre son chemin professionnel. Même si ces deux-là ne seront jamais loin l'un de l'autre... (Louise loue des espaces dans les studios de Lock pour les bureaux de sa compagnie.)

«À 54 ans, mon corps a vécu toutes sortes d'expériences à travers la danse, les accidents, la vie. Pour moi, c'est un atout. Car ma gestuelle et mes oeuvres sont plus riches de sens», estime Lecavalier, alors qu'on pourrait penser, au contraire, que la danse rime avec jeunesse.

Émeute sentimentale

«L'important, c'est d'être investi totalement dans ce que tu fais, à 20 ou à 50 ans, dit-elle. Je réfute cette affirmation qui dit que c'est surtout de la maturité qui nous habite en vieillissant. Moi, je suis habitée par une émeute de sentiments! J'ai encore un côté rebelle, ludique et enfant.»

Il faut dire que l'artiste corporel a une discipline de fer. Cinq jours de yoga par semaine, de l'entraînement, et bien sûr de la danse. «Le mouvement, c'est comme de l'eau qui circule dans ton corps. C'est vital!»

La critique allemande parle de Louise Lecavalier comme «d'un mythe, d'une virtuose, de la superstar québécoise»! On ne s'étonnera pas que l'accueil de So Blue ait été dithyrambique.

La première partie est un solo dansé par Lecavalier de manière «époustouflante, électrique, jusqu'en état de transe». La deuxième est un duo interprété avec Frédéric Tavernini qui navigue entre vitesse et lenteur. Le tout est éclairé par l'éternel complice, Alain Lortie, sous une puissante musique de Mercan Dede.

La presse allemande souligne également l'extrême contrôle de la danseuse dans son interprétation.

«Il y a une ligne intérieure en moi, un fil qui tient tout, qui me permet tous les débordements, reconnaît-elle. Je prends plein de directions et je touche à des sentiments excessifs, tout en restant en contrôle.»

Le bleu du titre réfère à la couleur qui, selon elle, est celle de l'âme: «À 54 ans, je savoure beaucoup plus les choses. J'apprécie chaque instant. C'est difficile de l'expliquer en mots. Je préfère le dire avec le corps, comme un musicien avec la musique.»

Louise Lecavalier cherche ses mots au bout du fil, avant d'avancer une phrase qui résume autant son état actuel que sa création: «Celui qui ne veut rien reçoit tout!»

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So Blue. Au Festival TransAmériques les 6 et 7 juin. Puis en tournée entre autres au Centre national des Arts à Ottawa.

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