La déesse des mouches à feu: rafraîchissant ****

Onze adolescentes, des non-actrices, se partagent la partition... (Photo Bruno Guérin, fournie par le Quat'sous)

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Onze adolescentes, des non-actrices, se partagent la partition de La déesse des mouches à feu.

Photo Bruno Guérin, fournie par le Quat'sous

Mario Cloutier

La déesse des mouches à feu représente une surprise de taille dans cette saison théâtrale. Un spectacle étonnant et rafraîchissant autant par son énergie que par ses maladresses.

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Photo de production de la pièce La déesse des mouches à feu

Photo Bruno Guérin, fournie par le Quat’sous

La pièce est une adaptation du roman du... (Photo Bruno Guérin, fournie par le Quat’sous) - image 1.1

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La pièce est une adaptation du roman du même nom de Geneviève Pettersen.

Photo Bruno Guérin, fournie par le Quat’sous

Onze adolescentes nous transforment en témoins, nous prennent en otage pratiquement, pour tout, tout, tout nous dire sur ce qu'elles font, ce qu'elles pensent, ce qu'elles vivent et ressentent. Pendant près de 90 minutes, nous ne pourrons y échapper. Nous devrons, pour une rare fois dans certains cas, écouter.

Voilà La déesse des mouches à feu adaptée à la scène par son autrice Geneviève Pettersen. Voici une mise en scène énergique, sans flafla, qui donne la parole de mille et une façons - jeu, danse, chant - à des filles électrisées. Tasse-toi, môman !

L'une des choses les plus dures à entendre dans le texte est justement cette détestation de la mère, criée à tue-tête. L'une des choses les plus dérangeantes à constater est l'insouciance généralisée de ces adolescentes. L'une des choses les plus frappantes est leur colère spontanée. Ces jeunes refusent le monde adulte, mais le copient souvent dans ses actions les plus délétères.

AUJOURD'HUI COMME EN 1996

L'action pourrait se résumer par l'expression consacrée sex, drugs and rock'n'roll. Nous savons tous ce qui arrive à la rock star à la fin de la beuverie, mais l'essentiel n'est pas là.

Que l'action se passe dans les années 90 ou maintenant, que l'on « fasse » de la mess ou du speed, à Chicoutimi ou à Montréal, l'adolescence reste la même : troublée, créative, négative, dynamique, lucide, fascinante et repoussante à la fois.

Tout y est. De la naïveté élémentaire à la description crue de l'acte sexuel. De l'amour inconditionnel voué aux garçons à la furieuse rébellion. L'adolescence largement incomprise. Peut-être même incompréhensible. L'adolescence qui fait mal, qui fait rire, qui fait réfléchir aussi. Souvenons-nous.

Les metteurs en scène, Alix Dufresne et Patrice Dubois, ont réuni - et dirigé très habilement - 11 jeunes femmes talentueuses, des non-actrices ayant des instincts théâtraux différents, voire inégaux, mais avec une personnalité et une énergie attachantes. Nous avons également, là sur scène enfin, une vraie distribution de la diversité. 

La voix et la musique de Frannie Holder habillent magnifiquement le spectacle. Les costumes aussi colorés que déjantés d'Elen Ewing sont aussi à souligner.

Oui, la diction est parfois mauvaise, le débit trop rapide et certaines transitions laborieuses, mais cette pièce ne peut pas être jugée comme tous les autres spectacles joués par des professionnels. Et ça fait partie de son charme indéniable.

La déesse des mouches à feu n'est donc pas une pièce parfaite, mais diable qu'il s'agit d'un spectacle rafraîchissant, drôle, touchant, parfois choquant pour les parents dans la salle, à la fois malhabile et sincère. Pour tout dire, parfait avec ses imperfections.

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La déesse des mouches à feu

De Geneviève Pettersen

Mise en scène d'Alix Dufresne et de Patrice Dubois

Au Quat'Sous (avec supplémentaires) jusqu'au 31 mars 

4 étoiles




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