Je disparais: partir, revenir

Marie-France Lambert et Macha Limonchik dans la production... (Photo fournie par le Groupe La Veillée)

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Marie-France Lambert et Macha Limonchik dans la production du Groupe La Veillée au Prospero, Je disparais.

Photo fournie par le Groupe La Veillée

La PresseLuc Boulanger 3/5

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La Presse

Pour lancer sa saison dans la salle principale du Prospero, le Groupe La Veillée présente Je disparais, une pièce inquiétante et énigmatique de l'auteur norvégien Arne Lygre. L'oeuvre est traduite par Guillaume Corbeil dans une mise en scène déroutante, voire fantomatique, de Catherine Vidal. La proposition est exigeante, car elle fait travailler le spectateur; toutefois, elle est riche et portée par de solides interprètes, dont la merveilleuse Marie-France Lambert... On y reviendra.

Seule sur la scène vide et très éclairée, une femme (Lambert) entame un monologue sur sa vie. Elle carbure à l'urgence, en évoquant une catastrophe imminente. Arrive «son amie» affolée qui, face à cette menace non identifiée, lui apprend qu'elles devront quitter rapidement la ville et le pays. Ce qui nous fait peur nous définit», lance la femme. «Mais de quoi ai-je peur? Probablement de la solitude.

Jeu philosophique

Commence alors un jeu philosophique entre les personnages qui s'inventent toutes sortes de scénarios pour mieux se forger une autre identité., glisser en-dehors de la (leur) réalité. Il nous est difficile de résumer l'histoire. La pièce multiplie les couches de sens et les pirouettes dramatiques. L'auteur lui-même confie en entrevue qu'il a du mal à expliquer son écriture. Le récit se construit par bribes, par ellipses, avec plusieurs points de vue narratifs et des personnages qui évoluent dans un «no man's land». Arne Lygre aborde ces thèmes philosophiques, existentialistes, comme s'il réfléchissait à voix haute. L'exercice est intéressant, ça finit par tourner en rond, surtout dans la scène finale qui nous a paru inutile.

Théâtre exploratoire

Catherine Vidal aborde ce texte riche, mais piégé, en exploratrice qui défraichit une terre sauvage. Le plateau est vide et très éclairé, puis soudainement plongé dans l'obscurité totale. Il n'y a pas décor, ni accessoires (sauf deux chaises). Les interprètes ne sont pas maquillés. Ils portent des «sweat pants» et des espadrilles. Cela donne à la production un aspect atelier ou laboratoire de jeu.

Dans la peau de «Moi», cette femme à l'identité floue qui disparaitra dans la foule anonyme, Marie-France Lambert est magistrale! Parmi sa génération, avec les Drapeau, Guilbault, Cadieux, elle est l'une des meilleures actrices de théâtre au Québec! À ses côtés, Macha Limonchik est vibrante, toujours d'une grande vérité. Dans un plus petit rôle, James Hyndman, sensible et élégant, est très touchant.

On y va?

Oui. Si vous êtes amateurs d'avant-garde et de nouvelle dramaturgie. Et aussi pour voir de grands interprètes dans une pièce expérimentale.

* * * 1/2

Je disparais d'Arne Lygre. Mise en scène par Catherine Vidal. Au Prospero, jusqu'au 21 octobre; puis au Théâtre français du Centre national des arts à Ottawa, du 1erau 4 novembre.




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