Camillien Houde, «le p'tit gars de Sainte-Marie»: leçon d'histoire

Dans Camillien Houde, « le p'tit gars de Sainte-Marie », Pierre... (Photo Gabrielle Desmarchais, fournie par Espace libre)

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Dans Camillien Houde, « le p'tit gars de Sainte-Marie », Pierre Lebeau incarne l'ancien maire de Montréal et Didier Lucien, le frère Marie-Victorin, notamment.

Photo Gabrielle Desmarchais, fournie par Espace libre

La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

C'est une vraie leçon d'histoire que nous servent Alexis Martin et ses complices en traçant le portrait de Camillien Houde à Espace libre. Un cours d'histoire montréalaise 101 fort bienvenu à une époque où le fascisme tranquille joue au cheval de Troie avec la démocratie.

Véritable héros de la classe ouvrière, le maire Camillien Houde a régné pendant près de 20 ans sur la ville de Montréal. Élu sept fois à la mairie, mais aussi comme député conservateur à Québec, Monsieur Montréal était à l'image de la ville, un paradoxe à bien des égards. 

«Ni saint ni diable, un homme de son temps», comme le dit le texte d'Alexis Martin. Un politicien comme les autres, pourrait-on ajouter. Le Camillien Houde de Pierre Lebeau fait d'ailleurs parfois penser à Gérald Tremblay, un «oeil ouvert et un autre fermé». 

Le maire du petit peuple a pactisé avec des richissimes, flirté avec l'extrême droite et noyait ses doutes dans l'alcool. Mais ses intentions étaient bonnes, au départ, du moins, et il a été emprisonné pendant quatre ans pour s'être tenu debout contre la conscription. Un populiste au grand coeur.

La pièce traite aussi d'injustice, de misère et de pauvreté, causes qui avaient besoin d'un défenseur. Des résidants du Centre-Sud interprètent certains rôles avec conviction. C'est un des aspects fort sympathiques du spectacle qui commence par un déambulatoire dans les rues du quartier et se termine par un banquet et une fête populaire au parc des Faubourgs.

La mise en scène dynamique et l'aspect dépouillé de la scénographie gardent les projecteurs sur le jeu des acteurs qui tiennent plusieurs rôles : les polyvalents Évelyne Rompré, Johanne Haberlin et Jacques L'Heureux, le savoureux Didier Lucien (en frère Marie-Victorin, notamment) et la chaleureuse Josée Deschênes, dans le rôle de la deuxième femme du maire de Montréal.

Dans la scène du pouding chômeur, Deschênes et Lebeau s'amusent ferme. Il s'agit d'un beau moment donnant lieu à de l'improvisation contrôlée. À l'image de cette pièce pédagogique, drôle et attachante.

Le grand Pierre Lebeau joue un Camillien Houde avec toutes les nuances du personnage, même si sa voix éraillée et son souffle, parfois un peu court, étouffent quelques répliques. La prestance naturelle de l'acteur en impose toutefois, surtout en Cyrano de Bergerac, rôle que le jeune Camillien avait tenu au collège dans une pièce dirigée par le frère Marie-Victorin.

Ce fil rouge de la pièce, celle de l'histoire d'un héros tragique, nous fait comprendre l'essence même du p'tit gars de Sainte-Marie, un homme complexe et complexé, mais un vrai battant, un héros malgré lui qui a mené plusieurs batailles pour défendre, avec peu de moyens et aussi loin qu'il le pouvait, des principes auxquels il croyait.

* * * 1/2

Camillien Houde, «le p'tit gars de Sainte-Marie». D'Alexis Martin. Mise en scène de Daniel Brière et Geoffrey Gaquère. À Espace libre jusqu'au 2 septembre.




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