Stone, Hommage à Plamondon: ébloui face à l'immensément beau ****1/2

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Stone, Hommage à Plamondon est présenté jusqu'au 19 août à l'Amphithéâtre Cogeco, à Trois-Rivières.

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La PresseHugo Pilon-Larose 4/5

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(TROIS-RIVIÈRES) Rares sont les spectacles qui nous plongent dans une réflexion intime sur ce qui compose l'immensément beau et le plus grand que soi. Stone, l'hommage du Cirque du Soleil à Luc Plamondon, est une oeuvre magistralement réussie qui fait exactement cela. Elle fascine par sa grâce et ses acrobaties magiquement agencées à la poésie du parolier.

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Les nombreux numéros acrobatiques sont bien choisis et diversifiés, malgré les quelques erreurs techniques commises lors de la première médiatique.

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Stone, Hommage à Plamondon est le troisième spectacle d'une série de cinq à être présenté par le Cirque du Soleil dans sa série hommage à l'Amphithéâtre Cogeco.

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Présenté jusqu'au 19 août à l'Amphithéâtre Cogeco, un petit bijou de salle à aire ouverte situé au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent, le spectacle du Cirque plonge le public dans l'univers d'un parc Belmont désaffecté, rappelant l'époque de cette foire d'amusement montréalaise avec un gigantesque carrousel métallique sur scène.

Or, si de multiples teintes de gris composent une partie du décor, l'atmosphère qui se dégage est extrêmement chaleureuse, souvent éblouissante et même parfois érotique, notamment lorsque Dmytro Turkeiv et Iryna Galenchyk (deux acrobates du spectacle qui présente vingt-neuf artistes), en duo sangles, nous coupent le souffle pendant leur numéro sur Le monde est stone, interprétée par Beyries.

LES PAROLES, MAIS AUSSI LA MUSIQUE

Les paroles de Luc Plamondon, véritable géant de la chanson francophone et québécoise, sont bien sûr mises en valeur, mais ce qui frappe encore plus (sans compter le pot-pourri pendant lequel on se rappelle à quel point son répertoire est vaste) est la musique des compositeurs, dont Michel Berger, qui ont accompagné le parolier tout au long de sa carrière.

Sous la direction de Jean-Phi Goncalves, la trame musicale de Stone constitue une oeuvre artistique en soi, nous faisant espérer (c'est un message qu'on envoie ici au Cirque du Soleil) qu'on pourra se la procurer rapidement.

Des chanteuses qui figurent parmi les plus grandes voix du Québec - allant d'Ariane Moffatt à Milk & Bone, La Bronze, Martha Wainwright, Diane Dufresne, Catherine Major, Marie-Pierre Arthur, Klô Pelgag et plusieurs autres - façonnent des airs aujourd'hui mythiques, les actualisant d'une très belle façon.

Quand Safia Nolin résonne tout en douceur pour interpréter Le blues du businessman sans jamais pousser la note, toujours en retenue, on se surprend à frissonner tellement c'est beau. La musique, la voix et la grâce de l'acrobate sur sa roue Cyr, entourée de danseurs, donnent au moment un beau mélange d'intensité et de pureté.

DES NUMÉROS ÉPOUSTOUFLANTS

Le directeur créatif du spectacle, Daniel Fortin, ainsi que le metteur en scène Jean-Guy Legault peuvent se féliciter d'avoir créé un bel amalgame de cirque et de danse. Dans le numéro interprété sur la chanson Oxygène, avec la voix de Betty Bonifassi, les artistes sur scène se démènent avec vigueur dans leur costume blanc, rappelant des camisoles de force. L'intensité du propos est mise en valeur.

Puis, les nombreux numéros acrobatiques sont bien choisis et diversifiés, malgré les quelques erreurs techniques commises lors de la première médiatique, mercredi. Les deux acrobates ballottées par deux porteurs parallèles - deux hommes installés face à face sur une structure surélevée qui jongle avec des humains - nous laissent bouche bée, alors que Batbold Andryei et Munkhbat Ganbayar sont formidables dans leur numéro de jeux icariens, où l'un, couché sur un banc en forme de « l » allongé, fait rouler l'autre dans les airs en utilisant ses pieds.

Dommage que le numéro final, alors que quatre acrobates sont perchées sur des bungees aériens, au-dessus de nous, n'ait pas réussi à atteindre le résultat escompté. Réalisé sur Le monde est fou, interprété par Gabrielle Shonk, ainsi que sur Hymne à la beauté du monde, avec Diane Dufresne, on n'arrive pas à bien saisir l'épatant tableau qui se déploie en même temps sur scène, où sont réunis tous les artistes du spectacle.

Malgré tout, et c'est la force de ce spectacle qui vaut assurément une escale en Mauricie, la poésie nous transcende. Il y a quelque chose de foncièrement beau à remarquer que les milliers de spectateurs ont les yeux rivés vers le ciel, alors que l'on entonne « ne tuons pas la beauté du monde ». Comme si nous aussi, de concert avec les artistes de Stone, nous implorions quelque chose de divin.

Stone, Hommage à Plamondon est le troisième spectacle d'une série de cinq (après Le monde est fou, pour Beau dommage, et Tout écartillé, pour Robert Charlebois) à être présenté par le Cirque du Soleil dans sa série hommage à l'Amphithéâtre Cogeco. Le spectacle est présenté jusqu'au 19 août.

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StoneHommage à Plamondon

Cirque du Soleil

4 étoiles et demie




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