La vague parfaite: nouvelle vague ***1/2

Malgré une deuxième partie qui étire la vague... (Photo Toma Iczkovits, fournie par le Théâtre d'aujourd'hui)

Agrandir

Malgré une deuxième partie qui étire la vague et frappe quelques écueils narratifs, l'interprétation savoureuse et attachante des acteurs-chanteurs de La vague parfaite nous maintient dans une pétillante bulle d'été des plus bienvenues.

Photo Toma Iczkovits, fournie par le Théâtre d'aujourd'hui

La PresseMario Cloutier 3/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Mario Cloutier

Un opéra-surf. Fallait y penser! Après sa Trilogie du futur (Clotaire Rapaille, l'opéra-rockL'assassinat du président et Épopée Nord), le Théâtre du Futur continue sur sa belle lancée: présenter un théâtre original au rythme endiablé, léger, mais pertinent tout à la fois.

Un groupe de jeunes vit à l'écart du monde dans une île du Pacifique. Dans leur paradis bucolique, ils n'ont qu'à boire du jus vert, forniquer et exprimer leur extrême coolness sur leur planche de surf.

La vague parfaite du titre, un tsunami, leur permettra d'atteindre leur nirvana cosmique, mais le ressac qui s'ensuivra sera d'autant plus difficile à surmonter. 

Un narrateur à la voix radiophonique raconte cette histoire qui parodie l'opéra, oui, mais tout autant le vocabulaire des dudes faussement désinvoltes, les Ken et Barbie aux cerveaux vides, et de tous les travers de la culture commerciale au rabais, ou encore de quelques élites artistiques comme Björk.

Flottant entre le kitsch assumé et l'humour néo-absurde, les textes de chanson (il n'y a presque pas de texte parlé) en font voir de toutes les couleurs à la plus simple logique et à la langue française. D'ailleurs, on y entend aussi des airs en allemand, en italien et en espagnol. C'est de l'opéra, pardi!

Ça se passe dans le futur, mais c'est bien de notre époque superficielle et égoportraitée ad nauseam qu'il est question ici. De l'opportunisme, du manque d'empathie et du désoeuvrement ambiant aussi.

Mais les créateurs surfent sur ces questions plutôt que de les prendre de front. La vague parfaite, c'est du rire en boîte, de l'eau gazeuse embouteillée pour nous faire digérer la morosité. 

La musique est presque constante, l'humour déjanté tout autant, ainsi que les trouvailles de mise en scène (avec ses surtitres absurdes, notamment) et de scénographie (toute de voiles et de cordes multifonctionnelles).

Malgré une deuxième partie qui étire la vague et frappe quelques écueils narratifs, l'interprétation savoureuse et attachante des acteurs-chanteurs nous maintient dans une pétillante bulle d'été des plus bienvenues. 

Parmi tous ces artistes de talent, soulignons particulièrement les performances de Sylvain Paré et de Cécile Muhire. Pour leur jeu, leur voix et leur charisme, il s'agit là de noms à retenir. 

Que voilà du théâtre amusant, coquin, saugrenu, qui évite - pas toujours, mais la plupart temps - le continent de plastique de la vulgarité.

La vague parfaite. Texte d'Olivier Morin et de Guillaume Tremblay. Mise en scène de Guillaume Tremblay. Au Théâtre d'aujourd'hui, jusqu'au 10 juillet.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer