École nationale de cirque: la relève prend son envol

L'amour et les extraterrestres... (Photo Roland Lorente, fournie par l'École nationale de cirque de Montréal)

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L'amour et les extraterrestres

Photo Roland Lorente, fournie par l'École nationale de cirque de Montréal

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Étape cruciale pour les 24 finissants de l'École nationale de cirque de Montréal (ENC) qui font ces jours-ci leur entrée dans le monde du spectacle. Depuis mardi dernier, leurs deux pièces sont présentées en alternance à la TOHU. Compte-rendu.

Toujours fascinant de voir des artistes au sommet de leur art à 19 ou 20 ans. Cette semaine encore, vous pouvez voir à l'oeuvre la nouvelle cohorte des finissants de l'ENC dans deux spectacles très différents où la prise de risque atteint de véritables sommets.

La série a débuté mardi avec L'amour et les extraterrestres qu'a mis en scène le comédien Didier Lucien.

Après l'atterrissage d'une soucoupe volante avec à son bord une douzaine de ces énergumènes du cirque (jolie métaphore quand même!), Louis Joyal et Samuel Renaud brisent la glace avec un numéro de cadre russe époustouflant. Les numéros aériens ont d'ailleurs volé la vedette (scusez-là !) des deux spectacles.

Sangles aériennes, tissu, cerceau, trapèze, cadre russe, les jeunes ont soif de hauteur et leurs manoeuvres se complexifient.

Quelques tableaux de L'amour et les extraterrestres se démarquent par leur originalité. Parmi eux, un numéro de groupe qui s'articule autour de deux mâts chinois. Le numéro de tissu de Vanessa Aviles, magnifique. Et un duo de main à main drolatique de Julius Bitterling et César Mispelon. Deux artistes charismatiques qui multiplient les figures acrobatiques audacieuses.

Autre beau moment: le numéro de roue Cyr de Cory Marsh, qui dans un rare moment d'extase a fait vibrer la TOHU.

Pour sa première incursion dans l'arène circassienne, Didier Lucien n'a pas fait de faux pas, mais sa mise en scène ne passera pas à l'histoire non plus. Un déroulement très lent (pour souligner les rêveries), une musique grave, voire oppressante, et une scénographie un peu chaotique plombent la pièce.

Ce qui n'empêche pas ses 12 interprètes (épaulés par des élèves de deuxième collégial) de briller, mais à travers un léger brouillard. À leur défense, on ne répétera jamais assez la difficulté de lier tous les numéros de fin d'année des élèves en un spectacle cohérent. En moins de deux mois. Un défi immense pour quiconque se lance dans l'aventure.

Hangar des possibles

La deuxième pièce, mise en scène par Yves Dagenais, s'est révélée nettement plus fluide. Sans doute les 20 ans passés à l'ENC comme enseignant. Hangar des possibles, moins lourd et encombré que la première pièce, laisse du coup toute la place aux interprètes.

Le niveau de difficulté des numéros augmente peut-être même ici d'un cran (si c'est possible!).

Là encore, ce sont les numéros aériens qui dominent. Les deux numéros de corde lisse (de Rosita Hendry et Una Bennett) sont magistraux. La performance d'Angela Mcilroy-Wagar au cerceau aérien est à couper le souffle. Tout comme le numéro de trapèze ballant de la Suissesse Roxane Gilliand, qui nous scie les deux jambes.

Au sol, c'est le duo formé d'Andrei Anissimov et Emma Rogers dans un numéro de main à main extraordinaire qui retient l'attention. Tout comme la virile performance de Quentin Greco aux anneaux chinois.

Yves Dagenais a pris soin de mettre en scène les transitions exigeant des changements de décor en formant une équipe de «travailleurs de la construction», qui dégageait les éléments du plateau avant de les remplacer par de nouveaux équipements. Une sans-abri traînant avec elle un chariot a aussi joué ce rôle. Bien pensé.

La finale au cadre russe (Maxime Blanckaert et Nathan Briscoe) a clôt ce Hangar des possibles de belle manière. Encore une fois, le niveau de difficulté paraît sans précédent. Une nouvelle cohorte que vous reverrez assurément dans les prochains spectacles de cirque qui prendront l'affiche dans les prochains mois.

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À la TOHU jusqu'au 4 juin.

http://tohu.ca/fr/




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