Hamlet_director's cut: réduction d'Hamlet **1/2

Marc Beaupré dans Hamlet_director's cut... (photo fournie par Benoît Beaupré)

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Marc Beaupré dans Hamlet_director's cut

photo fournie par Benoît Beaupré

La PresseMario Cloutier 2/5

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Mario Cloutier

Marc Beaupré et son complice François Blouin ont d'excellentes idées. Comme celle de jouer Hamlet en pantomime, avec des images qui sont captées et projetées sur un écran translucide placé en avant-scène.

La technologie sert ici à amplifier un Hamlet où les gestes disent presque mieux que les mots la tragédie du prince danois. Visuellement, c'est très beau. La bande-son appuie des images qui prennent des allures métaphoriques. L'étrangeté qui s'en dégage est au diapason de ce théâtre dans le théâtre où Hamlet, entre le spectre de son père et la réalité, tente de comprendre ce qui s'est passé en rejouant le drame une fois, mille fois. 

La pièce shakespearienne par excellence est toutefois condensée au maximum. Hamlet apprend que son père a été tué par son oncle qui se marie avec sa mère. Le prince crie vengeance, mais reste immobile.

C'est ce que les concepteurs ont retenu du drame. Pour arriver à leurs fins, ils ont conçu une proposition comprenant autant, sinon plus, de didascalies que de texte. Quoique bien réalisée, la pantomime s'avère, par ailleurs, plutôt répétitive. 

Les artisans de la pièce ont, en fait, tant réduit le propos de Shakespeare que l'on se retrouve devant un peu plus d'une heure de spectacle... qui présente des longueurs. Faut le faire !

En outre, pour la captation d'images, la gestuelle se doit d'être ample, exagérée, s'en remettant ainsi aux clichés. À moins que l'on ait voulu imiter le style ampoulé du jeu shakespearien, tel qu'on pourrait imaginer qu'il était au temps du grand Will.

Reste que Marc Beaupré se donne à 200 % dans cette mission impossible qui est d'être ou de ne pas être Hamlet. Culbutes, combat d'épées, imitation du personnage de Claudius... Sa performance vaut le détour. Hamlet_director's cut représente un magnifique véhicule pour un acteur et un solo. 

En même temps, c'est un constat d'impuissance. Comme si on renonçait à relire vraiment les classiques ou, pire encore, à faire vibrer intensément leur parole unique à une époque qui aurait tant besoin de profondeur.

**1/2

Hamlet_director's cut

D'après William Shakespeare

Traduction de Jean Marc Dalpé

Mise en scène et adaptation de François Blouin et Marc Beaupré

Au Théâtre La Chapelle jusqu'au 14 avril, supplémentaires les 5 et 9 avril




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