Gloucester: un beau et hilarant cadeau

Dans Gloucester, «on sent un travail rigoureux dans... (Photo Nicola-Frank Vachon, fournie par la production)

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Dans Gloucester, «on sent un travail rigoureux dans chacune des situations pour remettre au goût du jour et de l'humour les thèmes shakespeariens de filiation, de trahison et de pouvoir», écrit notre critique.

Photo Nicola-Frank Vachon, fournie par la production

La PresseMario Cloutier 4/5

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Mario Cloutier

Un beau cadeau en provenance de Québec que ce Gloucester. Inspiré par l'oeuvre de William Shakespeare, il s'agit d'un spectacle du temps des Fêtes qui n'en est pas un, mais qui en a toutes les couleurs et les saveurs, rendu par une excellente troupe dans une mise en scène des plus futée.

Le roi d'Angleterre Édouard (Jonathan Gagnon) sépare l'Écosse entre sa femme Goneril (Marie-Josée Bastien) et ses lieutenants Gloucester (Simon Boudreault) et York (Jean-Guy Legault). La reine concocte un plan pour se l'approprier au détriment de l'existentialiste naïf Gloucester et du guerrier niais York.

Le récit importe peu. Les péripéties s'accumulent et font presque oublier la trame de fond. La pièce devient rapidement un who's who shakespearien où l'on s'amuse à reconnaître les pièces et les personnages du grand Will. 

Des sorcières par-çi et un Iago par-là, un Richard III qui ne fait que passer, un Brutus douchebag et un Hamlet tout aussi risible. Certaines répliques célèbres se fondent parfaitement dans la grande marmite du rire, d'autres déforment complètement le propos avec le même résultat amusant.

On sent un travail rigoureux dans chacune des situations pour remettre au goût du jour et de l'humour les thèmes shakespeariens de filiation, de trahison et de pouvoir. Les artisans du spectacle ont trouvé chez Shakespeare une matière dense et des personnages hauts en couleur qu'ils exploitent brillamment.

L'interprétation est excellente, vouée corps et âme à la comédie. Les trois têtes d'affiche - Bastien, Legault et Boudreault - donnent le ton juste et les autres s'y vautrent avec une effusion pertinente. Citons notamment des artistes qu'on ne voit pas si souvent à Montréal: Emmanuel Bédard, David Bouchard, Alexandrine Warren et Jonathan Gagnon.

La troupe fait preuve d'un magnifique esprit de corps dans cette partition où les clins d'oeil abondent et où la folie est contagieuse. Un orchestre bien huilé, dont Maestro Bastien sait tirer le maximum avec une utilisation de décors et d'accessoires de rigolote pacotille.

Texte savoureux

Malgré quelques gags répétitifs et une fin qui s'éternise un peu, le texte des complices Legault et Boudreault est truculent et savoureux. La metteure en scène en tire un feu d'artifice presque constant avec quelques moments mémorables, dont une séquence de marionnettes tout à fait hilarante.

Oui, le théâtre peut être très drôle. Et Shakespeare peut en fournir les clefs. Avec du travail, de l'intelligence et du talent à revendre, on peut réussir l'un, tout en rendant un original hommage à l'autre.

* * * *

Gloucester. Texte de Simon Boudreault et de Jean-Guy Legault. Mise en scène de Marie-Josée Bastien. À la Cinquième salle de la Place des Arts jusqu'au 17 décembre.

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