Réversible: la force d'évocation

Numéro de hula-hoop dans le spectacle Réversible des 7 doigts.... (Photo Alexandre Galliez, fournie par la production)

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Numéro de hula-hoop dans le spectacle Réversible des 7 doigts.

Photo Alexandre Galliez, fournie par la production

La PresseJean Siag 4/5

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Après les très bavards et cabotins Cuisine et confessions et Intersection, les 7 doigts nous offrent une pièce acrobatique beaucoup plus introspective où la danse et la musique dominent.

Réversible, qu'a mis en scène Gypsy Snider avec Isabelle Chassé, est un spectacle rempli de douceur et de mélancolie qui traite du temps qui passe, du legs de nos ancêtres, de notre quête de repères aussi. Une trame narrative toute simple que l'on saisit parfaitement sans recourir abusivement aux mots.

Les 7 doigts ont toujours clamé haut et fort leur droit de prendre la parole (à juste titre!), mais leurs plus récentes créations ont péché par excès de théâtralité.

Avec Réversible, le collectif montréalais revient à son essence première avec une pièce plus évocatrice, qui charrie des émotions finalement beaucoup plus fortes.

La pièce s'ouvre sur un ballet acrobatique où les huit interprètes entrent et sortent par des portes et des fenêtres qui s'ouvrent sur eux comme des occasions à saisir. Des portes qui se referment aussi sur eux comme autant de déceptions. De recommencements.

Toute la scénographie tourne autour de ces murets que l'on voit tantôt de l'intérieur, tantôt de l'extérieur (d'où le titre Réversible).

Danse et musique locale

Le jeune chorégraphe américain Phillip Chbeeb a imprimé sa marque dans ce spectacle frétillant où la danse est omniprésente et où les gestes des acrobates, d'ordinaire un peu plus raides, sont ici étonnamment fluides. Dans la plupart des tableaux, on assiste à un astucieux assemblage entre le cirque et la danse.

Les acrobaties (équilibres, hula-hoop, roue allemande, planche coréenne) et les manipulations d'objets s'inscrivent dans cette dramaturgie fine qui tourne autour de ces murs qu'on érige, qui nous protègent en même temps qu'ils nous enferment. Avec des effets miroirs très bien exploités.

Oui, il y a des moments de grâce extraordinaires où tout nous paraît lié.

Il faut absolument parler de la musique, qui est toujours très importante en cirque, mais qui s'intègre ici parfaitement aux différents tableaux et qui donne une couleur particulière à chaque acte, dans des styles très variés (voix/piano, cordes, hip-hop).

On a ainsi pu reconnaître les voix d'Ines Talbi, d'Alexandre Désilets et de Frannie Holder (de Random Recipe), entre autres, dans des arrangements musicaux de Colin Gagné.

On retiendra le très beau tableau au mât chinois, où les huit artistes sont en parfaite connexion legato; le duo de tissu et de corde lisse, magnifique, ainsi que le très beau numéro de diabolo, exécuté pendant que les sept autres interprètes accrochent sur une corde à linge des vêtements qui pourraient être ceux de leurs grands-parents.

À la toute fin, on voit le diabolo, placé à la verticale à la manière d'un sablier, comme pour nous rappeler ce temps qui passe. Un tableau spectaculaire dans sa mise en scène et sa charge émotive, qui aurait pu être le point final de la pièce.

* * * *

Réversible. Les 7 doigts. Mise en scène de Gypsy Snider et Isabelle Chassé. À la TOHU jusqu'au 30 décembre.

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