Race: race à part ****

Myriam De Verger et Frédéric Pierre dans Race de... (PHOTO CAROLINE ROBERGE, FOURNIE PAR DUCEPPE)

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Myriam De Verger et Frédéric Pierre dans Race de David Mamet.

PHOTO CAROLINE ROBERGE, FOURNIE PAR DUCEPPE

La PresseMario Cloutier 4/5

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Mario Cloutier

Un texte intelligent. Des performances solides. Une mise en scène subtile. Race est le meilleur Duceppe de la saison jusqu'ici.

Deux bonnes productions de David Mamet en même temps à Montréal. Les amateurs de répliques assassines seront rassasiés. Il faut dire que le corpus du dramaturge américain comprend plusieurs oeuvres qui renvoient à l'actualité. Que ce soit la corruption avec Glengarry Glen Ross au Rideau Vert ou, dans le cas qui nous occupe, le racisme dans Race.

Deux avocats associés, blanc et noir, Benoît Gouin et Frédéric Pierre - tous deux excellents -, acceptent le dossier d'un client blanc (Henri Chassé) accusé d'avoir violé une femme noire dans un hôtel. Notons que la pièce a été écrite il y a sept ans, donc avant l'affaire DSK.

Leur jeune et brillante adjointe juridique (solide Myriam De Verger) les aide à élaborer une stratégie permettant de sauver leur client antipathique.

La pièce de Mamet nous fait entrer dans les coulisses d'un cabinet d'avocats et du système judiciaire. Un entre-deux où la vérité et l'honnêteté n'arrivent pas du tout à loger.

«Est-ce que la société mérite de savoir la vérité? Est-ce qu'elle va l'obtenir? Jamais», dira Jack (Benoît Gouin), un avocat lucide mais retors, que le duel juridique excite plus que tout. À ses côtés, Frank (Frédéric Pierre) apparaît plus rationnel, voire cynique.

La metteure en scène Martine Beaulne traite avec subtilité les nombreuses joutes verbales de la pièce, les saupoudrant de petits gestes, clins d'oeil et soupirs appropriés.

Le décor de Richard Lacroix, tout en panneaux mi-translucides mi-réfléchissants, est au diapason de ce monde tordu et secret.

La justice est spectacle et celui ou celle qui en donne un meilleur gagnera le procès. On en est là en cette terre d'Amérique. Les préjugés abondent, triomphent. Impossible d'en faire abstraction, alors on s'en sert et on les exploite jusqu'au cynisme. À moins qu'un idéaliste se lève et finisse par en avoir raison. 

Race, c'est tout ça. Un texte tantôt incisif, tantôt percutant, qui ne manque pourtant pas d'humour, et servi par une troupe au sommet de sa forme.

* * * *

Race. Texte de David Mamet, traduction de Maryse Warda. Mise en scène de Martine Beaulne. Chez Duceppe jusqu'au 26 mars.

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