Fred Pellerin en musique et en beauté

«J'ai un village dans la bouche», chante Fred Pellerin, après avoir énuméré... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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«J'ai un village dans la bouche», chante Fred Pellerin, après avoir énuméré tous ses concitoyens qui font de la musique, de la directrice de la chorale à l'organiste de l'église, en passant par un voisin qui joue de la batterie. «Bienvenue à Saint-Élie-de-Chansons», résume le conteur de Saint-Élie-de-Caxton, qui présentait jeudi soir à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts la grande première montréalaise de son spectacle musical, Plus tard qu'on pense, titre de son troisième album.

Presque en s'excusant, il explique que ces chansons-là n'étaient pas destinées à mener à une tournée, mais qu'un soir où on l'a fait boire, il a signé un contrat de 49 spectacles, celui de Montréal étant le 14e. «On est rodé», a-t-il lancé, comme pour nous rassurer. Mais le public, qui le suit depuis si longtemps dans ses histoires, était parfaitement en confiance et tout autant prêt à le suivre dans ses chansons. Après tout, ses albums ainsi que ses billets de spectacles se vendent comme des petits pains chauds. On lève notre verre à celui qui l'a grisé, car plusieurs pièces de son album gagnent en puissance dans ce passage en concert.

Sobre et d'une infinie douceur, ce spectacle, où Fred Pellerin occupe la scène avec ses complices, Jeannot Bournival, Daniel Lacoste et Alexis Dumais. Soulignons le superbe travail de Martin Boisclair aux éclairages qui magnifient la prestation et enrobent chacune des chansons de l'atmosphère appropriée.

La salle était comble, ce qui a fait dire à Pellerin qu'elle contenait pratiquement plus de gens que son village tout entier. L'ambiance en était une de recueillement face à la beauté d'un répertoire qui prend de l'ampleur sous nos yeux.

Fred Pellerin est un être habité, il est vrai qu'il a un village dans la bouche. Ce sont ses mots, mais aussi ceux de David Portelance, René Richard Cyr, Manu Trudel, Tom Waits, Gilles Vigneault ou Gérald Joly. Comme on ne sort pas le conteur du chanteur, il y a bien des anecdotes qui introduisent quelques chansons, mais la plupart du temps, ce n'est pas nécessaire, elles se suffisent à elles-mêmes. Au commencement du monde, l'émouvante J'espère ne pas tomber en amour avec toi, la très engagée C'est combien?... Pellerin tâte de plusieurs instruments, guitare, mandoline, harmonica et même du gazou. On dirait qu'il a transporté avec lui l'esprit du studio de son village, où il compose avec son copain Bournival.

«Il n'y a pas de berceuse ce soir chez nous, mais je vais la faire quand même», a dit le papa Pellerin en exil, avant d'entamer Le grand cerf-volant, magnifique comme toujours. Il y a eu aussi Tenir debout - en voie de devenir un hymne - De fils en pères, Gens du vieux rêve, Il faut que tu saches... la liste était généreuse et se terminait au rappel par ce classique, Mille après mille, chantonnée par tous les spectateurs. Vers 23 h, il était, bien sûr, «plus tard qu'on pense», puisqu'on n'a pas vu le temps passer, comme c'est toujours le cas quand l'artiste est sur scène. 

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Plus tard qu'on pense de Fred Pellerin. En tournée: www.fredpellerin.com

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