Cinq à sept: histoires de filles

Les trois actrices parlent à tour de rôle... (PHOTO ULYSSE DEL DRAGO, FOURNIE PAR L'ESPACE GO)

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Les trois actrices parlent à tour de rôle de leur métier, de leurs amours, de leur famille, de leur enfance. Elles mêlent le ton grave de la confidence à la légèreté du badinage et de l'ivresse.

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La PresseLuc Boulanger 3/5

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Luc Boulanger
La Presse

Après avoir présenté le point de vue de quatre «chums de gars» dans la pièce Ils étaient quatre, l'an dernier à La Licrone, Mani Soleymanlou donne la parole aux femmes dans Cinq à sept à l'Espace Go. Malheureusement, la cinquième production en quatre ans de sa compagnie Orange Noyée, s'avère la moins réussie.

Il faut dire qu'une comédienne s'est désistée après une semaine de répétitions, pour cause de grossesse, et qu'on ne l'a pas remplacée. En l'absence de Bénédict Décary, on sent comme un déséquilibre dans la proposition. La dualité entre les problématiques de la femme ronde et de la femme canon ne marche pas. On cherche en vain un trait d'union avec la pièce précédente sur l'amitié masculine, car ici la complicité féminine est moins évidente.

Comme dans toutes les créations de Soleymanlou, Cinq à sept représente les interprètes sous leur vrai nom. Ici, pendant un happy hour qui s'éternise, les trois actrices parlent à tour de rôle de leur métier, de leurs amours, de leur famille, de leur enfance. Elles mêlent le ton grave de la confidence à la légèreté du badinage et de l'ivresse. «Mais sous les fous rires et les insides sur le milieu, des eaux souterraines grondent, que l'alcool aura tôt fait de faire remonter à la surface», peut-on lire sur le site de la compagnie.

À vitesse grand V!

Surface est le mot clé. Dans ce spectacle mis en scène à la vitesse grand V (la représentation dure 50 minutes et se termine en queue de poisson), le spectateur reçoit les monologues entrecroisés des actrices comme un déluge de mots. Tout est livré avec trop de précipitation et l'émotion n'a pas le temps de s'installer. Encore moins le sens. Et Dieu sait que les actrices abordent des thèmes sensibles, tels l'agressions sexuelle, l'avortement, l'obésité... D'ailleurs, le passage où Kathleen Fortin raconte sa résilience face à sa propre image, puis sa réaction lorsque sa fille de 13 ans sera confrontée aux mêmes stéréotypes sur les grosses, demeure le moment le plus fort de la soirée.

Parmi toutes les créations de Mani Soleymanlou pour sa compagnie, celle-ci est de loin la moins aboutie; tant au point de vue de la théâtralité que du message. Dommage, car la matière était prometteuse.

* * *

Cinq à sept. De Fanny Britt (avec la participation des interprètes). Mise en scène de Mani Soleymanlou. Jusqu'au 5 décembre au Théâtre Espace GO (salle intime). Avec Kathleen Fortin, Julie Le Breton et Geneviève Schmidt.

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